Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2511198

mardi 4 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2511198
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision du 27 août 2025 refusant la délivrance d’une carte professionnelle à M. A..., au motif qu’il n’est pas compétent territorialement. L’activité professionnelle à l’origine du litige est exercée dans le Rhône ou la Loire, relevant du ressort du tribunal administratif de Lyon, et non de celui de Grenoble. La requête est donc rejetée sur le fondement des articles L. 522-3 et R. 522-8-1 du code de justice administrative, sans examen de l’urgence ou du doute sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 octobre 2025, M. C... A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 27 août 2025 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a refusé de lui délivrer une carte professionnelle.

Vu :
- la requête en annulation enregistrée le 13 octobre 2025 sous le n° 2510796 ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B... pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ». Aux termes de l’article R. 522-8-1 de ce code : « Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance. ».
Par ailleurs, l’article R. 312-10 du code de justice administrative dispose que : « Les litiges relatifs aux législations régissant les activités professionnelles, notamment les professions libérales, les activités agricoles, commerciales et industrielles, la réglementation des prix, la réglementation du travail, ainsi que la protection ou la représentation des salariés, ceux concernant les sanctions administratives intervenues en application de ces législations relèvent, lorsque la décision attaquée n’a pas un caractère réglementaire, de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel se trouve soit l’établissement ou l’exploitation dont l’activité est à l’origine du litige, soit le lieu d’exercice de la profession. (…) ». Selon l’article R. 221-3 de ce code : « Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : / (…) / Grenoble : Drôme, Isère, Savoie, Haute-Savoie ; / (…) Lyon : Ain, Ardèche, Loire, Rhône (…) ».
A l’appui de sa requête, M. A... produit un bulletin de salaire établi par la société Dom Sécurité France mentionnant une adresse située à Saint-Priest, dans le Rhône, ainsi qu’un courrier de son employeur daté du 30 septembre 2025 l’informant de la suspension de son contrat de travail, qui indique en pied de page la même adresse à Saint-Priest et comporte en entête la mention « à Andrézieux-Bouthéon », dans la Loire. Tant le département du Rhône que de la Loire sont situés dans le ressort territorial du tribunal administratif de Lyon. Si M. A... réside en Isère, il ne produit, au soutien de sa demande suspension comme de son recours en annulation, aucune autre pièce démontrant qu’il exercerait son activité dans ce département et, plus largement, dans le ressort du tribunal administratif de Grenoble. Par suite, l’activité à l’origine du litige doit être regardée comme étant exercée dans le ressort du tribunal administratif de Lyon. Par suite, la requête de M. A... relève de la compétence de ce tribunal et doit être rejetée en application de l’article R. 522-8-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....


Fait à Grenoble, le 4 novembre 2025.


Le juge des référés,




V. B...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.