Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2511214

vendredi 9 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2511214
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble a été saisi par M. A... d’un litige l’opposant à l’Agence de recouvrement des impayés de pension alimentaire (ARIPA) concernant une dette de pension due pour ses enfants. Par ordonnance du 9 janvier 2026, la magistrate désignée a rejeté la requête pour incompétence de la juridiction administrative. Elle a rappelé que, en application des articles 373-2-2 du code civil et L. 582-1 du code de la sécurité sociale, seules les juridictions judiciaires (juge aux affaires familiales) sont compétentes pour connaître des litiges relatifs aux pensions alimentaires. La requête a donc été rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2025, M. A... saisit le tribunal d’un litige qui l’oppose à l’Agence de recouvrement des impayés de pension alimentaire (ARIPA) qu’il doit verser pour ses deux enfants à son ancienne conjointe et concernant la période de juin 2023 à mai 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code civil ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Conesa-Terrade, première conseillère, pour statuer sur la requête en application de l’article R. 222-1du code de justice administrative.

Considérant ce qui

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) ».

2. Aux termes de l’article 373-2-2 du code civil : « I.- En cas de séparation entre les parents, ou entre ceux-ci et l'enfant, la contribution à son entretien et à son éducation prend la forme d'une pension alimentaire versée, selon le cas, par l'un des parents à l'autre, ou à la personne à laquelle l'enfant a été confié. / Les modalités et les garanties de cette pension alimentaire sont fixées par : / 1° Une décision judiciaire ;(…) / II.- Lorsque la pension est fixée en tout ou partie en numéraire par un des titres mentionnés aux 1° à 6° du I, son versement par l'intermédiaire de l'organisme débiteur des prestations familiales au parent créancier est mis en place, pour la part en numéraire, dans les conditions et selon les modalités prévues au chapitre II du titre VIII du livre V du code de la sécurité sociale et par le code de procédure civile. ». Aux termes de l’article L. 582-1 du code de la sécurité sociale : « I. - Les organismes débiteurs des prestations familiales sont chargés de l'intermédiation financière des pensions alimentaires mentionnées à l'article 373-2-2 du code civil (…) ». En vertu des dispositions de l’article L. 213-3 du code de l’organisation judiciaire, le juge aux affaires familiales, dans chaque tribunal judiciaire, connaît notamment du divorce, de la séparation de corps et de leurs conséquences, de la liquidation et du partage des intérêts patrimoniaux des époux, ainsi que des actions liées à la fixation de l'obligation alimentaire, de la contribution aux charges du mariage et de la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants.

3. M. A... fait part au tribunal d’un litige qui l’oppose à l’Agence de recouvrement des impayés de pension alimentaire (ARIPA) au sujet d’une dette de pension alimentaire dont il est redevable. Il n’appartient qu’à l’autorité judiciaire de connaître d’un tel litige, lequel ne ressortit pas à la compétence du tribunal administratif. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Grenoble, le 9 janvier 2026.


La magistrate désignée,






E. Conesa-Terrade


La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.