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AccueilJurisprudence administrativeN° TA38-2511319

Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2511319

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2511319
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIEYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C... qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Le juge a constaté que le requérant n'avait pas déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour dans les délais prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ce qui faisait obstacle à l'application de l'article R. 431-15-1 du même code. En conséquence, la condition d'urgence n'étant pas établie, la demande a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 octobre 2025, M. A... C..., représenté par Me Dieye, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à franchir les frontières dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’en ne disposant pas d’une attestation de prolongation d’instruction, il se trouve en situation irrégulière ;
- la mesure sollicitée est utile en ce qu’elle lui permettra de régulariser sa situation administrative, de garantir la continuité de ses droits sociaux et de santé et de préserver sa liberté d’aller et venir ;
- il n’existe aucun obstacle à l’exécution d’une décision administrative ;
- le refus de délivrance de l’attestation de prolongation d’instruction sollicitée méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article L. 424-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu’aucune situation d’urgence n’est établie.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».

Le juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à condition que ces mesures soient utiles, ne se heurtent à aucune contestation sérieuse et ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. S’agissant de la condition d’urgence à laquelle est notamment subordonné le prononcé des mesures, il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, au jour où il statue, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si cette situation est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, au requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre.

Aux termes de l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; (…) ». Aux termes de l’article R. 431-15-1 du même code : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. (….). Lorsque le préfet prend une décision favorable sur la demande présentée, une attestation dématérialisée est mise à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa qui lui permet de justifier de la régularité de son séjour, dans l'attente de la remise du titre ».

Il résulte de l’instruction que M. C..., ressortissant algérien né le 4 mai 1951, était titulaire d’un titre de séjour valable jusqu’au 23 mars 2025. En application des dispositions précitées de l’article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il lui appartenait donc, pour solliciter le renouvellement de son titre de séjour, de déposer sa demande de renouvellement entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour précédant l’expiration de son titre de séjour. Il résulte de l’instruction que le requérant a déposé sa demande de renouvellement le 3 septembre 2025, soit plus de cinq mois après l’expiration de son titre de séjour, en méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, et alors que la préfète n’est pas tenue de lui délivrer l’attestation de prolongation d’instruction prévue par l’article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. C... ne peut être regardé comme justifiant d’une situation d’urgence rendant nécessaire l’édiction de la mesure sollicitée sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A... C... et au ministre de l’intérieur.


Copie en sera délivrée à la préfète de l’Isère.

Fait à Grenoble, le 16 décembre 2025.

La juge des référés,




M. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.







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