Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2511830

jeudi 12 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2511830
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi par la préfète de la Haute-Savoie d’une demande de liquidation de l’astreinte prononcée le 22 août 2025 à l’encontre de l’État pour défaut d’hébergement de Mme A..., a constaté que l’intéressée avait signé un bail pour un logement à Annecy le 22 août 2024. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a estimé que l’injonction avait été exécutée et a donc décidé qu’il n’y avait pas lieu de liquider l’astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2507211 du 22 août 2025, statuant sur la requête de Mme B... A..., le tribunal a enjoint à la préfète de la Haute-Savoie d’assurer son hébergement avant le 31 octobre 2025, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 3 novembre 2025, la préfète de la Haute-Savoie demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que Mme A... est logée conformément aux préconisations de la commission de médiation et qu’elle a ainsi satisfait à ses obligations.

La requête a été régulièrement communiquée à Mme A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n° 2507211 du 22 août 2025, statuant sur la requête de Mme A..., le tribunal a enjoint à la préfète de la Haute-Savoie d’assurer son hébergement avant le 31 octobre 2025, sous une astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction que l’intéressée s’est vue attribuer un hébergement situé à Annecy le 22 août 2024 et a signé le bail le même jour. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte due par l’Etat.


ORDONNE :

Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2507211 du 22 août 2025.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à Mme B... A....

Copie en sera adressée à la préfète de la Haute-Savoie.

Fait à Grenoble, le 12 février 2026.


Le président du tribunal,



J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.