Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512079

lundi 8 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512079
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantGAYET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, saisi par la préfète de l’Isère d’une demande de liquidation de l’astreinte prononcée le 25 septembre 2024 pour assurer l’hébergement de M. A..., a estimé qu’il n’y avait pas lieu de liquider cette astreinte. La juridiction a constaté que l’administration avait proposé à trois reprises un logement à l’intéressé, qui les a refusés sans motif légitime. En application de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a donc modéré l’astreinte en raison des circonstances de l’espèce.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2405926 du 25 septembre 2024, statuant sur la requête de M. B... A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 novembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2025, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que M. A..., s’est vu proposer à trois reprises un logement qu’il a refusé.

La requête a été régulièrement communiquée à M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n°2405926 du 25 septembre 2024, statuant sur la requête de M. A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 novembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté que l’intéressé a bénéficié de plusieurs propositions de logement, la première datant du 4 décembre 2024 et la dernière datant du 21 mai 2025 qu’il a refusé sans motif légitime. Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte due par l’Etat.

ORDONNE :

Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2405926 du 25 septembre 2024.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. B... A....


Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.

Fait à Grenoble, le 8 décembre 2025.


Le président du tribunal,





J.P. WYSS



La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.