Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512151
lundi 29 décembre 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Grenoble |
| Section | Tribunal Administratif de Grenoble |
| N° Dossier | TA38-2512151 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | HUARD |
Résumé IA
Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi par la préfète de l’Isère d’une demande de liquidation de l’astreinte prononcée le 16 octobre 2024 à l’encontre de l’État pour défaut d’hébergement de M. B..., a constaté que l’intéressé avait été orienté vers un hébergement d’urgence le 6 décembre 2024, où il résidait toujours. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, le tribunal a estimé que l’administration était déliée de son obligation et qu’il n’y avait pas lieu de liquider l’astreinte. Par ordonnance du 29 décembre 2025, il a donc décidé de ne pas procéder à cette liquidation.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2406837 du 16 octobre 2024, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 décembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.
Elle soutient que M. B... a été orientée le 6 décembre 2024 sur un hébergement pérenne au CCAS de Grenoble et qu’il y réside toujours.
La requête a été régulièrement communiquée à M. B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».
2. Par une ordonnance n°2406837 du 16 octobre 2024, statuant sur la requête de M. B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 décembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté que l’intéressé a été orienté le 6 décembre 2024 sur un hébergement d’urgence au CCAS de Grenoble où il réside toujours. L’administration est ainsi déliée de son obligation d’héberger M. B.... Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée le 16 octobre 2024.
ORDONNE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2406837 du 16 octobre 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. A... B....
Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.
Fait à Grenoble, le 29 décembre 2025.
Le président du tribunal,
J.P. WYSS
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Par une ordonnance n°2406837 du 16 octobre 2024, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 décembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
Par une requête enregistrée le 19 novembre 2025, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.
Elle soutient que M. B... a été orientée le 6 décembre 2024 sur un hébergement pérenne au CCAS de Grenoble et qu’il y réside toujours.
La requête a été régulièrement communiquée à M. B... qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».
2. Par une ordonnance n°2406837 du 16 octobre 2024, statuant sur la requête de M. B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 31 décembre 2024, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.
3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté que l’intéressé a été orienté le 6 décembre 2024 sur un hébergement d’urgence au CCAS de Grenoble où il réside toujours. L’administration est ainsi déliée de son obligation d’héberger M. B.... Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée le 16 octobre 2024.
ORDONNE :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2406837 du 16 octobre 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. A... B....
Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.
Fait à Grenoble, le 29 décembre 2025.
Le président du tribunal,
J.P. WYSS
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Décisions similaires
TA95Plein contentieux
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618520
01/09/2026
TA78Plein contentieux
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2502745
01/09/2026
TA76Plein contentieux
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2604577
01/09/2026
TA75Plein contentieux
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2620197
01/09/2026