Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2512836

jeudi 19 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2512836
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMIRAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A... d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. La préfète de l'Isère ayant accordé un rendez-vous au requérant après l'introduction de la requête, le juge a constaté que celle-ci avait perdu son objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Par ailleurs, le tribunal a admis M. A... au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et a condamné l'État à verser 600 euros à son conseil au titre des frais de justice, sous réserve des conditions prévues par la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 décembre 2025, M. C... A..., représenté par Me Miran, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l'Isère de lui accorder un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour dans un délai de 5 jours à compter de la notification de l’ordonnance à venir et de lui délivrer, dans l’attente et sous délai de 48 heures, un document justifiant de son droit au séjour avec autorisation de travail, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 décembre 2025, la préfète de l'Isère conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu’elle a délivré à M. A... un rendez-vous afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme B..., première vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Sur la demande d’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

En raison de l’urgence, il y a lieu de prononcer l’admission provisoire de M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».

Il résulte de l’instruction que postérieurement à l’enregistrement de la requête, le 12 décembre 2025, la préfète de l'Isère a accordé à M. A... un rendez-vous le 2 février 2026 afin de lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour. Dès lors, la requête de M. A... a perdu son objet et il n’y a pas lieu d’y statuer.

Sur les conclusions présentées au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
Dans les circonstances de l’espèce, l’Etat versera une somme de 600 euros au conseil de M. A... sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat et de l’admission définitive du requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A... par le bureau d’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.

O R D O N N E :

Article 1er :
M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire

Article 2 :
Il n’y a pas lieu de statuer sur la requête M. A... au titre de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 :
L’Etat versera une somme de 600 euros au conseil de M. A... sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l’Etat et de l’admission définitive du requérant au bénéfice de l’aide juridictionnelle. Dans le cas où l’aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A... par le bureau de l’aide juridictionnelle, cette somme lui sera versée.

Article 4 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A..., à Me Miran et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Isère.





Fait à Grenoble le 19 février 2026.


La juge des référés,

M. B...




La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.