Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2513301

vendredi 19 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2513301
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la radiation de M. B... de la liste des demandeurs d’emploi. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n’était pas accompagnée d’une requête au fond en annulation, en méconnaissance de l’article R. 522-1 du code de justice administrative. Le juge a appliqué la procédure simplifiée de l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la demande sans examiner l’urgence ou le doute sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 16 décembre 2025, M. A... B..., demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 16 décembre 2025 par laquelle France travail Auvergne Rhône-Alpes a prononcé sa radiation de la liste des demandeurs d’emploi pour une durée de six mois et la suppression de ses allocations, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d’enjoindre à France travail Auvergne Rhône-Alpes de le maintenir à titre provisoire sur la liste des demandeurs d’emploi et de rétablir à titre provisoire ses allocations.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Aux termes de l'article L. 522-3 de ce code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».

2. D’autre part, aux termes de l’article R. 522-1 du code de justice administrative : « (…) A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière. ».

3. En l’espèce, M. B... demande la suspension de la décision du 16 décembre 2025 par laquelle France travail Auvergne Rhône-Alpes a prononcé sa radiation de la liste des demandeurs d’emploi pour une durée de six mois et la suppression de ses allocations. Toutefois, cette requête n’est pas accompagnée d’une requête au fond de l’intéressé tendant à l’annulation de cette décision, en méconnaissance des dispositions citées au point 2 de l’article R. 522-1 du code de justice administrative. Cette requête est dès lors manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Grenoble, le 19 décembre 2025.


Le juge des référés,





J. WYSS

La République mande et ordonne au ministre du travail et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.