Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2513780

mercredi 14 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2513780
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantMATHIS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Grenoble, saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, a été amené à statuer sur la demande de Mme A... visant à obtenir l'exécution d'une précédente ordonnance du 19 décembre 2025. Cette ordonnance enjoignait à la préfète de l'Isère de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à travailler, mesure qui n'avait pas été exécutée. Le juge des référés a fait droit à la demande en prescrivant à nouveau cette délivrance sous astreinte de 50 euros par jour de retard, dans un délai de huit jours. Il a en revanche rejeté la demande de frais de justice présentée par la requérante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2513274 du 19 décembre 2025, le juge des référés du tribunal administratif de Grenoble a enjoint à la préfète de l’Isère de délivrer à Mme A..., dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler.

Par une requête enregistrée le 31 décembre 2025, Mme A..., représentée par Me Mathis, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète de l’Isère de lui délivrer une autorisation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que depuis l’ordonnance du 19 décembre 2025 aucun document permettant de justifier son séjour et l’autorisant à travailler ne lui a été délivré.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Savouré, vice-président, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de M. Savouré, juge des référés, a été entendu au cours de l’audience publique, les parties n’étant ni présentes ni représentées.

La clôture d’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-4 du code de justice administrative : « Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d’un élément nouveau, modifier les mesures qu’il avait ordonnées ou y mettre fin ».

L’injonction prononcée par l’ordonnance n°2513274 du 19 décembre 2025 n’ayant pas été exécutée sans que cette inexécution ne soit justifiée par aucune circonstance particulière, il y a lieu de prescrire à la préfète de l'Isère de délivrer à Mme A..., dans le délai de 8 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, une attestation de prolongation d'instruction l’autorisant à travailler, sous astreinte provisoire de 50 euros par jour de retard.

Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de condamner l’Etat à verser à Mme A... la somme qu’elle demande au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :



Article 1er : Il est enjoint à la préfète de l’Isère de délivrer à Mme A... une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler dans le délai de 8 jours à compter de la présente ordonnance, sous astreinte provisoire de 50 euros par jour de retard.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère.


Fait à Grenoble, le 14 janvier 2026.


Le juge des référés,

La greffière,






B. Savouré

J. Bonino


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.