Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600307

mercredi 4 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600307
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantSELARL ALBAN COSTA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, par une ordonnance du 4 février 2026, a procédé à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée le 7 février 2020 à l'encontre de l'État. Cette astreinte de 500 euros par mois avait été fixée pour contraindre le préfet de l'Isère à assurer l'hébergement de M. A..., reconnu prioritaire. Constatant que l'intéressé avait été orienté vers un hébergement pérenne le 1er septembre 2022, le tribunal a liquidé l'astreinte à la somme de 14 500 euros pour la période de retard, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative. L'État est condamné à verser cette somme au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 1907994 du 7 février 2020, statuant sur la requête de M. B... A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 28 février 2020, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 13 janvier 2026, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que M. A... a été orienté le 1er septembre 2022 vers une structure d’hébergement pérenne où il réside toujours.

La requête a été régulièrement communiquée à M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par ordonnance n° 1907994 du 7 février 2020, statuant sur la requête de M. B... A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 28 février 2020, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté par M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense que ce dernier a été orienté le 1er septembre 2022 vers une structure d’hébergement pérenne où il réside toujours. L’Etat est donc délié de son obligation d’héberger M. A... à compter de cette date. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 14 500 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.


ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 14 500 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 1907994 du 7 février 2020.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. B... A....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 4 février 2026.

Le président du tribunal,




J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.