Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600567

mercredi 11 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600567
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantHUARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, par une ordonnance du 11 février 2026, a procédé à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée le 18 juillet 2023 à l'encontre de l'État pour défaut d'hébergement de Mme et M. A..., reconnus prioritaires. La préfète de l'Isère avait saisi le tribunal après que les intéressés eurent refusé sans motif légitime une offre d'hébergement proposée le 27 décembre 2025. Constatant que l'État était délié de son obligation à compter de ce refus, le tribunal a fixé le montant total de l'astreinte due à 13 000 euros, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative. Cette somme doit être versée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2303740 du 18 juillet 2023, statuant sur la requête de Mme C... Épouse A... et M. B... A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer leur hébergement avant le 30 septembre 2023, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 20 janvier 2026, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que Mme et M A... ont été orientés le 27 décembre 2025 vers la structure d’hébergement gérée par l’association Entraide Pierre Valdo mais qu’ils ont rejeté cette proposition sans motif légitime.

La requête a été régulièrement communiquée à Mme et M A... qui n’ont pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n° 2303740 du 18 juillet 2023, statuant sur la requête de Mme et M A..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer leur hébergement avant le 30 septembre 2023, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté par Mme et M A... qui n’ont pas produit de mémoire en défense que ces derniers ont été orientés le 27 décembre 2025 vers la structure d’hébergement gérée par l’association Entraide Pierre Valdo mais qu’ils ont rejeté cette offre sans motif légitime. L’Etat est donc délié de son obligation d’héberger Mme et M A... à compter de cette date. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 13 000 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.


ORDONNE :


Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 13 000 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2303740 du 18 juillet 2023.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à Mme C... Épouse A... et M. B... A....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 11 février 2026.


Le président du tribunal,




J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.