Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600839

mercredi 11 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600839
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantVILLARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, par ordonnance du 11 février 2026, a procédé à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée le 26 juillet 2021 à l'encontre du préfet de l'Isère pour défaut de logement de M. B..., reconnu prioritaire. La préfète sollicitait cette liquidation en soutenant que l'intéressé n'avait pas renouvelé sa demande de logement social. Le tribunal a constaté que M. B... n'avait pas renouvelé sa demande en 2025, ce qui déliait l'État de son obligation à compter du 1er janvier 2025. En application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative, il a fixé le montant de l'astreinte due à 10 200 euros, à verser au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n°2103830 du 26 juillet 2021, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son logement avant le 31 août 2021 sous astreinte de 200 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2026, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que M. B... n’a pas renouvelé sa demande de logement social.

Par mémoire enregistré le 28 janvier 2026, M. A... B..., représenté par Me Villard, précise qu’il a bien renouvelé sa demande de logement social jusqu’en 2024.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n°2103830 du 26 juillet 2021, statuant sur la requête de M. A... B..., le tribunal a enjoint au préfet de l’Isère d’assurer son logement avant le 31 août 2021, sous astreinte de 200 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté que M. B... n’a pas renouvelé sa demande de logement social en 2025. L’Etat est donc délié de son obligation de loger M. B... à compter du 1er janvier 2025. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 10 200 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.

ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 10 200 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2103830 du 26 juillet 2021.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. A... B....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 11 février 2026.


Le président du tribunal,




J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.