Tribunal Administratif de Grenoble — Décision N° TA38-2600893

mardi 24 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Grenoble
SectionTribunal Administratif de Grenoble
N° DossierTA38-2600893
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantVILLARD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Grenoble, par une ordonnance du 24 février 2026, a procédé à la liquidation définitive de l'astreinte prononcée le 8 avril 2025 à l'encontre de l'État pour défaut d'hébergement de M. A..., reconnu prioritaire. La préfète de l'Isère avait saisi le tribunal en faisant valoir que M. A. avait quitté sans motif légitime son hébergement le 9 janvier 2026, après y avoir été admis le 5 novembre 2025. Constatant que l'État avait ainsi exécuté son obligation d'hébergement jusqu'au départ volontaire de l'intéressé, le tribunal a fixé le montant définitif de l'astreinte à 2 500 euros, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative. Cette somme doit être versée au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2502508 du 8 avril 2025, statuant sur la requête de M. B... A..., le tribunal a enjoint à la préfète de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 mai 2025, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

Par une requête enregistrée le 28 janvier 2026, la préfète de l’Isère demande au tribunal de procéder à la liquidation de l’astreinte décidée par cette ordonnance.

Elle soutient que M. A... a quitté sans motif légitime son hébergement le 9 janvier 2026.

La requête a été régulièrement communiquée à M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la construction et de l’habitation,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions du premier alinéa du I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation, un demandeur qui a été reconnu par une commission de médiation comme prioritaire et comme devant être hébergé en urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. Le sixième alinéa du I du même article prévoit que la juridiction administrative peut assortir son injonction d’une astreinte. Aux termes de l’article R. 778-8 du code de justice administrative : « Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l’astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur les modalités de l’exécution de l’injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte. ».

2. Par une ordonnance n° 2502508 du 8 avril 2025, statuant sur la requête de M. A..., le tribunal a enjoint à la préfète de l’Isère d’assurer son hébergement avant le 30 mai 2025, sous astreinte de 500 euros par mois de retard destinée au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement.

3. Il résulte de l’instruction et il n’est au demeurant pas contesté par M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense que ce dernier a été hébergé à compter du 5 novembre 2025 jusqu’au 9 janvier 2026 à l’Hôtel Bel Alp géré par l’association Entraide Pierre Valdo et qu’il a quitté son hébergement sans motif légitime. L’Etat est donc délié de son obligation de procurer un hébergement à M. A... à compter du 5 novembre 2025. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de fixer définitivement à 2 500 euros l’astreinte due par l’Etat. Il appartient à la préfète de l’Isère de verser la somme ainsi due au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement, sous réserve des sommes déjà versées.

ORDONNE :

Article 1er : Sous réserve des paiements déjà effectués, l’Etat est condamné à verser au fonds national d’accompagnement vers et dans le logement la somme de 2 500 euros au titre de la liquidation définitive de l’astreinte prononcée par l’ordonnance n° 2502508 du 8 avril 2025.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de la ville et du logement et à M. B... A....

Copie en sera adressée à la préfète de l’Isère et au ministère public près la Cour des comptes.


Fait à Grenoble, le 24 février 2026.

Le président du tribunal,



J.P. WYSS

La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.