mercredi 19 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2201473 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CORNET VINCENT SEGUREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 février 2022, la commune de La Guérinière, représentée par Me Marchand, demande au tribunal :
1°) de condamner la société par actions simplifiée (SAS) Les Moulins à lui verser la somme de 293 029,98 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre du solde de la part de l'Office national des forêts (ONF) de la redevance au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de la SAS Les Moulins la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de La Guérinière soutient que la cour administrative d'appel de Nantes a jugé par ses arrêts n° 20NT01366, 20NT01532 et 20NT01576 que les articles 12 et 13 de la convention de délégation de service public étaient toujours applicables, ce qui a pour conséquence que la SAS les Moulins lui est redevable de la somme réclamée ; elle s'est d'ailleurs déjà acquittée au titre de l'année 2014 d'un premier acompte d'un montant de 32 854,08 euros TTC.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 juillet et 5 décembre 2023, la SAS Les Moulins, représentée par Me Benjamin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de :
1°) à titre principal, rejeter la requête indemnitaire de la commune de La Guérinière ;
2°) à titre subsidiaire, prononcer un non-lieu à statuer ;
3°) en toute hypothèse, mettre à la charge de la commune de La Guérinière une somme de 1'500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'une personne publique ne peut à la fois émettre un titre exécutoire et introduire une requête indemnitaire pour recouvrer les sommes qu'elle estime lui être contractuellement dues ;
- le titre exécutoire a été annulé par l'arrêt n° 22NT01853 du 13 octobre 2023 de la cour administrative d'appel de Nantes ;'
- le Conseil d'État, par ses décisions n° 434353 et 434355 a jugé que les clauses financières de la convention de délégation sont illicites ;
- les redevances qui lui sont demandées au titre de la part ONF sont sans commune mesure avec la redevance dont s'acquitte la commune depuis la résiliation de la délégation de service public.
Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2024, la commune de La Guérinière déclare se désister de son instance.
Par un mémoire, enregistré le 20 janvier 2025, la SAS Les Moulins informe le tribunal ne pas s'opposer au désistement
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 janvier 2025 :
- le rapport de M. Jégard,
- les conclusions de M. Simon, rapporteur public,
- les observations de Me Pasquet substituant Me Marchand, représentant la commune de La Guérinière,
- et les observations de Me Liébeaux substituant Me Benjamin, représentant la SAS Les Moulins.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de La Guérinière (Vendée) exploite depuis l'année 1968 un camping, anciennement dénommé " camping de la Sourderie ", sur un terrain situé dans la forêt domaniale de Noirmoutier, d'une contenance de 5 hectares, 58 ares et 90 centiares correspondant aux parcelles cadastrées section AK n° 251 et n° 167. Ces parcelles sont la propriété de l'État et sont gérées par l'Office national des forêts (ONF), avec lequel la commune a conclu une convention d'occupation, renouvelée par une convention conclue en février 2008 entre l'État, l'ONF et la commune de La Guérinière, autorisant l'exploitation, selon un cahier des charges établissant les principes d'une gestion forestière durable, du camping de la Sourderie, pour une durée maximale de neuf années entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2016 en échange du paiement à l'ONF par la commune d'une redevance calculée au prorata du chiffre d'affaires brut hors taxes correspondant aux recettes de l'exploitant du camping. L'article 2 de la convention tripartite autorisait la commune de La Guérinière à exploiter le camping de la Sourderie sous forme d'une délégation de service public, soumise à l'agrément préalable de l'ONF.
2. La commune de La Guérinière a fait paraitre en juin 2007 un avis d'appel d'offres pour la conclusion, pour une durée de neuf années à compter du 1er janvier 2008, d'une convention de délégation de service public portant sur l'exploitation du camping municipal de la Sourderie, dans le respect de la charte mise en place par l'ONF et de son cahier des charges. M. B A a présenté sa candidature pour l'exploitation de ce camping. Son offre ayant été retenue par la commune, la gestion du camping, rebaptisé " Camping des Moulins ", a été confiée pour une durée de neuf années à M. A, ou toute société qu'il pourrait substituer en cours de contrat, sous certaines conditions, par un contrat de délégation de service public du 27 décembre 2007. Par un avenant du 4 mars 2008, la société par actions simplifiée (SAS) Les Moulins, dont les statuts avaient été signés le 5 février précédent, et dont M. A détenait 94 % du capital, a été substituée à ce dernier dans l'exécution de la convention du 27 décembre 2007. Un second avenant, signé le 10 aout 2009, a porté la durée d'exécution du contrat signé en décembre 2007 à quinze années, soit jusqu'au 31 décembre 2022, afin de tenir compte des investissements engagés par la société Les Moulins.
3. Néanmoins, par un courrier du 18 juillet 2014, la commune de La Guérinière a mis en demeure la société par actions simplifiée Les Moulins de respecter ses obligations contractuelles, notamment de s'acquitter d'une somme due au titre des redevances prévues par les articles 12 et 13 de la convention de décembre 2007 et de communiquer à la commune les comptes rendus financiers complets de l'exploitation du camping au titre des années 2010 à 2013. Par ailleurs, dans cette mise en demeure, la commune relevait, entre autres, que la société avait procédé, sans autorisation, à des modifications de l'état des lieux et avait diminué le nombre d'emplacements, aménagé un parking, abattu des arbres et installé des habitations légères de loisirs. La commune de La Guérinière a réitéré sa mise en demeure par des courriers des 22 aout 2014 et 15 janvier 2015, ce dernier courrier informant la société du début d'une procédure de résiliation de la délégation aux torts et risques du délégataire. Puis, par une décision du 13 février 2015, la mairesse de la commune de La Guérinière, autorisée par une délibération du 12 février 2015 de son conseil municipal, a prononcé la résiliation pour faute du contrat conclu le 27 décembre 2007 aux torts exclusifs de la SAS Les Moulins avec effet immédiat.
4. La SAS Les Moulins a alors saisi le juge des référés du tribunal d'une demande tendant à la suspension de l'exécution de la délibération du 12 février 2015 et de la décision du 13 février suivant. Sa demande a été successivement rejetée par une ordonnance du tribunal du 11 mars 2015 et par une décision du Conseil d'État du 17 juin 2015. Parallèlement, la SAS Les Moulins a saisi le tribunal de demandes distinctes tendant l'une à ce que le juge du contrat ordonne la reprise des relations contractuelles avec la commune de La Guérinière à compter de la décision de résiliation, et l'autre à ce que le juge constate la nullité de la convention de délégation de service public conclue avec la commune et condamne la commune de La Guérinière à lui verser une somme globale de 1 738 242,31 euros en remboursement des redevances dont elle s'est acquittée depuis l'année 2008. Par un jugement n° 1501506 et 1501529 du 14 mars 2018, le tribunal a annulé la convention de délégation de service public conclue le 27 décembre 2007 avec la commune de
La Guérinière et a condamné la commune à verser à la SAS Les Moulins la somme de 428'243,63'euros avec intérêts à compter du 9 mars 2015 et capitalisation des intérêts. La SAS Les Moulins a saisi la cour administrative d'appel de Nantes d'un appel tendant à la réformation du jugement du 14 mars 2018 en tant qu'il n'a fait que partiellement droit à ses demandes indemnitaires. La commune de La Guérinière a également saisi la cour administrative d'appel de Nantes d'un appel dirigé contre le jugement du 14 mars 2018 tendant à la condamnation de la
SAS Les Moulins à lui verser une somme globale de 308 701,90 euros. Enfin, en juillet 2018, la SAS Les Moulins a saisi la cour administrative d'appel de Nantes d'une demande tendant à l'exécution du jugement n° 1501506 et 1501529 du tribunal administratif de Nantes du
14 mars 2018. Par un arrêt n° 18NT01946, 18NT01961 et 19NT00746 du 19 juillet 2019, la cour administrative d'appel de Nantes a, en premier lieu, rejeté les appels de la SAS Les Moulins et de la commune de La Guérinière dirigés contre le jugement du 14 mars 2018, et, en second lieu, enjoint à la commune de La Guérinière, en exécution du jugement n° 1501506 et 1501529 du 14'mars 2018 et de son propre arrêt, de verser à la SAS Les Moulins la part non acquittée de la somme de 428 243,63 euros dans un délai de trois mois. Par une décision n° 434353, 434355 du 10 juillet 2020, le Conseil d'État a annulé cet arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 19 juillet 2019 et lui a renvoyé à juger les affaires. Par un arrêt n° 20NT02078 rendu le 1er octobre 2021, devenu définitif, la cour a annulé le jugement n° 1501506 et 1501529 du tribunal du
14 mars 2018, a rejeté les conclusions de la SAS Les Moulins devant le tribunal et devant elle et ses conclusions tendant à l'exécution du jugement n° 1501506 et 1501529 du tribunal administratif de Nantes du 14 mars 2018 et a rejeté les conclusions de la commune de La Guérinière tendant à la condamnation financière de la SAS Les Moulins à lui verser diverses sommes au titre de redevances non perçues. Enfin, la SAS Les Moulins a demandé au tribunal administratif de Nantes d'annuler le titre exécutoire n° 350 émis le 28 décembre 2019 et de la décharger de l'obligation de payer à la commune de La Guérinière la somme de 293 029,88 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de l'occupation et de l'exploitation du camping municipal de la Sourderie. Par un jugement n° 2001424 du 20 avril 2022 le tribunal a annulé ce titre exécutoire et a déchargé la SAS Les Moulins de l'obligation de payer la somme de 293 029,88 euros TTC mise en recouvrement par ce titre.
5. Par sa requête, la commune de La Guérinière demande au tribunal de condamner la SAS Les Moulins à lui verser la somme de 293 029,98 euros TTC au titre du solde de la part de l'ONF de la redevance au titre de l'année 2014.
6. Par un arrêt n°'22NT01853 du 13 octobre 2023 la cour administrative d'appel de Nantes a annulé le jugement n° 2001424 du 20 avril 2022.
7. Aux termes de l'article R. 636-1 du code de justice administrative : " Le désistement peut être fait et accepté par des actes signés des parties ou de leurs mandataires et adressés au greffe. / Il est instruit dans les formes prévues pour la requête ".
8. Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2024, la commune requérante déclare se désister de ses conclusions. Ce désistement est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SAS Les Moulins au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance de la commune de La Guérinière.
Article 2 : Les conclusions de la SAS les Moulins tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de La Guérinière et à la société par actions simplifiée les Moulins.
Délibéré après l'audience du 29 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Rimeu, présidente,
M. Jégard, premier conseiller,
Mme El Mouats-Saint-Dizier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2025.
Le rapporteur,
X. JÉGARDLa présidente,
S. RIMEU
La greffière,
P. LABOUREL
La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026