Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2403991

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2403991
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 3ème chambre
Avocat requérantROULLEAU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C, ressortissant somalien, qui contestait un arrêté du préfet de Maine-et-Loire lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a estimé que l'intéressé, débouté du droit d'asile, entrait dans le champ des dispositions de l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il a également écarté le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 721-4 du même code, faute d'éléments suffisamment précis et probants sur les risques encourus en cas de retour en Somalie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2024, M. A D C, représenté par Me Roulleau, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre à l'autorité compétente de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'arrêté attaqué méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 21 novembre 2024, le préfet de Maine-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.

M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 8 novembre 2024.

Le président du tribunal a délégué à M. B les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique 4 février 2025, à 11 heures, M. B a constaté l'absence des parties.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant somalien né le 15 mai 2005, déclarant être entré irrégulièrement en France le 24 novembre 2022, a été débouté du droit d'asile par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 10 novembre 2023. Sa demande de réexamen a été rejetée par une décision du 10 janvier 2014. Il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 février 2024 par lequel le préfet de Maine-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

2. Il résulte des dispositions de l'article L. 611-1, 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsque la reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire lui a été définitivement refusé ou qu'il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2 de ce code, à moins que l'intéressé ne soit titulaire d'une autorisation de séjour. Ainsi qu'il a été dit précédemment, M. C a été débouté du droit d'asile et sa demande en réexamen a été rejetée. Dès lors, l'intéressé entrait dans le champ de ces dispositions.

3. Si M. C fait valoir qu'il encourt un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine, ses allégations reposent sur des éléments insuffisamment précis et probants, en sorte que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

4. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D C, à Me Roulleau et au préfet de Maine-et-Loire.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 février 2025.

Le magistrat désigné,

C. B La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. DUMONTEIL

N°2403991