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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2409741

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2409741

jeudi 27 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2409741
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationOQTF 6 semaines - 3ème chambre
Avocat requérantBEARNAIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juin 2024, M. B A, représenté par Me Béarnais, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retour en France pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Vendée de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur les moyens communs :

- il n'est pas établi que l'arrêté contesté ait été signé par une autorité habilitée ;

- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;

- elles n'ont pas été prises à l'issue d'un examen particulier de sa situation ;

- son droit d'être entendu n'a pas été respecté ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- l'illégalité de la mesure d'éloignement la prive de base légale ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

Sur la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et est disproportionnée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2025, le préfet de la Vendée conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens de la requête sont infondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 janvier 2025.

Le président du tribunal a délégué à M. Cantié les pouvoirs qui lui sont attribués par l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique du 21 février 2025, à 10 heures, M. Cantié :

- a lu son rapport,

- a entendu les observations de Me Fabre, substituant Me Béarnais, représentant M. A, qui a confirmé les écritures présentées ;

- le préfet de la Vendée n'étant ni présent, ni représenté,

- et a prononcé la clôture de l'instruction à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant tchadien né le 8 mai 1992, a été définitivement débouté du droit d'asile le 9 avril 2024. Par un arrêté du 4 juin 2024, dont l'intéressé demande l'annulation, le préfet de la Vendée lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a fait interdiction de retour en France pour une durée d'un an ;

Sur les moyens communs aux décisions attaquées :

2. En premier lieu, l'arrêté contesté a été signé par Mme Nadia Seghier, secrétaire générale de la préfecture de la Vendée, qui bénéficiait, par l'effet d'un arrêté du 2 janvier 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation aux fins de signer, au nom du préfet de la Vendée, tous arrêtés relevant des attributions de l'Etat dans le département de la Vendée et notamment toutes les décisions en matière de droit au séjour et d'éloignement des étrangers pris dans le cadre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait

3. En second lieu, il ne ressort ni des motifs de l'arrêté en litige, qui énonce les considérations utiles de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions prises à l'encontre de M. A, ni des autres pièces du dossier que le préfet de Vendée n'aurait pas examiné la situation de l'intéressé ou se serait cru tenu par le rejet de sa demande d'asile. Par ailleurs, l'intéressé ne fait état d'aucun élément qui, s'il avait été porté à la connaissance du préfet, aurait été de nature à influer sur le sens des décisions prises. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que ces mesures sont insuffisamment motivées, qu'un examen particulier de sa situation n'a pas été opéré, ni que son droit d'être entendu n'a pas été respecté.

Sur les autres moyens de la requête :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire :

4. En premier lieu, M. A, dont la durée du séjour en France s'explique par l'examen de sa demande d'asile, ne démontre pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Les éléments dont il fait état ne suffisent pas à démontrer sa volonté d'intégration en France. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure d'éloignement prise à son encontre porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts d'intérêt public en vue desquels elle a été prise, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni que la même mesure serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

5. En second lieu, le requérant, qui n'établit pas être le père d'un enfant, ne peut utilement invoquer la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne les autres décisions contestées :

6. En premier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

7. En deuxième lieu, les faits dont fait état M. A en vue d'établir qu'il encourt un risque personnel en cas de retour dans son pays d'origine ne sont pas attestés par des éléments suffisamment précis et probants. Dès lors, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.

8. En dernier lieu, eu égard aux circonstances mentionnées au point 4, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision prise à son encontre portant interdiction de retour pour une durée d'un an, qui n'apparaît pas disproportionnée, est entachée d'erreur d'appréciation.

9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté qu'il conteste. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et les conclusions de la requête présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Béarnais et au préfet de la Vendée.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 février 2025.

Le magistrat désigné,

C. CANTIÉ La greffière,

C. DUMONTEIL

La République mande et ordonne au préfet de la Vendée en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

C. DUMONTEIL

N°2409741

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