Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2416154

jeudi 27 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2416154
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B A contestant le refus du revenu de solidarité active (RSA) par le conseil départemental de Maine-et-Loire. La requête a été jugée manifestement irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la décision prise sur le recours administratif préalable obligatoire, ni de la preuve de l’exercice de ce recours, conformément à l’article L. 262-47 du code de l’action sociale et des familles. Malgré une demande de régularisation, la requérante n’a pas fourni les documents requis dans le délai imparti. L’ordonnance, fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative, rejette donc la requête sans examen au fond.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 octobre 2024, Mme B A saisit le tribunal d'un litige relatif à la décision du 27 septembre 2024 par laquelle la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire lui a refusé le bénéfice du revenu de solidarité active.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ".

2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours administratif se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.

3. La requête déposée par Mme A n'était pas accompagnée de la copie de la décision de la présidente du conseil départemental de Maine-et-Loire, statuant sur son recours administratif préalable ni de la pièce justifiant du dépôt d'un tel recours. En dépit de la demande de régularisation qui a été adressée à la requérante par lettre recommandée le 17 octobre 2024 et dont il a été accusé réception le 21 octobre 2024, Mme A n'a pas, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti, justifié avoir exercé, à l'encontre de la décision du 27 septembre 2024 lui refusant le bénéfice du revenu de solidarité active, le recours administratif préalable obligatoire institué par les dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles. Ainsi, cette requête, qui n'a pas été régularisée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Nantes, le 27 février 2025.

La présidente,

V. GOURMELON

La République mande et ordonne au préfet de Maine-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,