Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2500033

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2500033
TypeDécision
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A d'une demande d'injonction visant à obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le préfet de la Loire-Atlantique a convoqué l'intéressé le 31 janvier 2025, rendant les conclusions de la requête sans objet. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur les demandes principales. En application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'État a été condamné à verser 550 euros à M. A au titre des frais exposés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 janvier 2025, M. B A, représenté par Me Kouamo, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet la Loire-Atlantique de lui communiquer une date de rendez-vous pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au préfet la Loire-Atlantique d'instruire sa demande et de statuer dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; dans l'attente de l'instruction, de lui délivrer un récépissé prolongeant tous ses droits ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite :

* son contrat d'alternance a été suspendu ce qui le place dans une situation de précarité en ce qu'il ne peut plus payer son loyer et subvenir aux besoins de ses enfants ;

* les manquements de l'administration le place dans une impossibilité matérielle d'obtenir un rendez-vous afin de déposer une demande de titre de séjour

- la mesure demandée est utile dès lors qu'elle vise à remédier aux dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation qui font obstacle à ce qu'il puisse obtenir un rendez-vous et le place ainsi dans une situation administrative irrégulière, en outre, ces dysfonctionnements résultant de la carence de l'administration portent atteinte au principe de continuité du service public ;

- elle ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative en prescrivant à l'administration de prendre les mesures indispensables au rétablissement des conditions d'accès aux guichets de la préfecture de Nantes puisqu'aucune décision n'a été prise à cet égard ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 janvier 2025, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête.

Il fait valoir qu'il a, par courrier en date du 9 janvier 2025, convoqué l'intéressé à se présenter au guichet de la préfecture le 31 janvier 2025 afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour.

La demande de M. A d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle a été rejetée par une décision du 28 janvier 2025

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Echasserieau, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été informées, le 16 janvier 2025, de la clôture de l'instruction de l'affaire fixée au 20 janvier 2025.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

2. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir qu'il a, par courrier en date du 9 janvier 2025, convoqué l'intéressé à se présenter au guichet de la préfecture le 31 janvier 2025 afin d'enregistrer sa demande de titre de séjour. Par suite, les conclusions présentées par M. A, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative tendant au prononcé d'une injonction sous astreinte, sont devenues sans objet. Il n'y a, dès lors, plus lieu d'y statuer.

3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, une somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A.

Article 2 : L'Etat versera à M. A la somme de 550 (cinq cent cinquante) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au préfet de la Loire-Atlantique et à Me Kouamo.

Fait à Nantes, le 4 février 2025.

Le juge des référés,

B. ECHASSERIEAU

La République mande et ordonne au préfet de la Loire-Atlantique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,