Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2501057

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2501057
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, saisi en référé suspension sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a pris acte du désistement des requérants de leurs conclusions principales après que le ministre de l'intérieur a annoncé la délivrance prochaine d'un visa de long séjour pour l'enfant Ny D dans le cadre du regroupement familial. Les requérants ont toutefois maintenu leur demande de frais irrépétibles. Le juge des référés a joint les deux requêtes et constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les demandes de suspension et d'injonction, l'administration ayant finalement accepté de délivrer le visa sollicité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I°) Par une première requête enregistrée le 9 janvier 2025 sous le numéro 2500334, Mme G et M. B C, représentés par Me Traoré, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le consulat général de France à Tananarive (Madagascar) a refusé à l'enfant Ny D la délivrance du visa de long séjour dans le cadre du regroupement familial sollicité le 2 mai 2024 ;

2°) d'enjoindre au consulat général de France, dans l'attente de la décision au fond, de délivrer un visa long séjour à l'enfant Ny D dans un délai de 48 heures à compter de la notification à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son enfant, A D, âgé de 14 ans, se trouve séparé de sa mère et de son beau-père et se trouve donc en situation de vulnérabilité puisqu'il a déjà perdu son père ; les délais de traitement de la demande de regroupement familial sont anormalement longs, la demande ayant été présentée le 18 novembre 2020 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle est entachée d'une erreur de droit, la filiation de l'enfant étant établie ; elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient qu'un visa de long séjour au titre du regroupement familial va être délivré dans les meilleurs délais par les autorités françaises à Tananarive à l'enfant Ni D.

II°) Par une seconde requête et un mémoire complémentaire enregistrés respectivement le 21 janvier 2025 et le 23 janvier 2025 sous le numéro 2501057, Mme G et M. B C, représentés par Me Traoré, demandent au juge des référés :

1°) sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le consulat général de France à Tananarive (Madagascar) a refusé à l'enfant Ny D la délivrance du visa de long séjour dans le cadre du regroupement familial sollicité le 2 mai 2024 ;

2°) d'enjoindre au consulat général de France, dans l'attente de la décision au fond, de délivrer un visa long séjour à l'enfant Ny D dans un délai de 48 heures à compter de la notification à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que son enfant, A D, âgé de 14 ans, se trouve séparé de sa mère et de son beau-père et se trouve donc en situation de vulnérabilité puisqu'il a déjà perdu son père ; les délais de traitement de la demande de regroupement familial sont anormalement longs, la demande ayant été présentée le 18 novembre 2020 ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée : elle est entachée d'une erreur de droit, la filiation de l'enfant étant établie ; elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 janvier 2025, le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient qu'un visa de long séjour au titre du regroupement familial va être délivré dans les meilleurs délais par les autorités françaises à Tananarive à l'enfant Ni D.

Vu les pièces des dossiers ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné Mme Tiger-Winterhalter pour statuer sur les demandes en référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 janvier 2025, à 9 heures 30 :

- le rapport de Mme Tiger-Winterhalter, juge des référés,

- les observations de Me Mounguetyi substituant Me Traoré, représentant Mme G et M. B C

- et les observations du représentant du ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Par un mémoire enregistré le 3 février 2025 Mme G et M. B C indiquent que le visa de long séjour n'a toujours pas été délivré et maintiennent les conclusions de leur requête.

La clôture de l'instruction a été différée au 3 février 2025 à 14 heures.

Une pièce a été produite le 5 février 2025 par le ministre d'Etat, ministre de l'intérieur. Elle a été communiquée.

Par une ordonnance du 5 février 2025, la date de clôture de l'instruction a été reportée au 7 février 2025 à 12 heures.

Par un mémoire enregistré le 7 février 2025 Mme G et M. B C déclarent se désister de leurs conclusions à fin de suspension et de demande de réexamen mais maintenir leur demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes n° 2500334 et 2501057 présentent à juger les mêmes questions, concernent une même personne et les mêmes décisions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre afin d'y statuer par une même ordonnance.

2. Par un mémoire enregistré le 7 février 2025, Mme G et M. B C déclarent se désister de leurs conclusions à fin de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

3. Toutefois les requérants ont expressément maintenu leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Mme G et M. B C d'une somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme G et M. B C de leurs conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte.

Article 2 : L'Etat versera à Mme G et à M. B C la somme globale de 1 000 (mille) euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme G, à M. B C et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 20 février 2025.

La juge des référés,

N. Tiger-Winterhalter

La greffière,

G. Peigné La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2500334, 2501057