Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2501566

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2501566
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNTSAMA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes, saisi par transmission du tribunal de Dijon, se déclare incompétent pour connaître du recours de M. A B contre un arrêté préfectoral d’éloignement. En application des articles R. 351-3, R. 922-4 et R. 221-3 du code de justice administrative, le tribunal constate que le requérant a été placé en rétention administrative au centre du Mesnil-Amelot n°2, situé dans le ressort du tribunal administratif de Melun. Par conséquent, il ordonne la transmission du dossier à cette juridiction, seule compétente pour statuer sur le litige.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2500242 du 28 janvier 2025 enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Dijon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête de M. C A B.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Dijon le 25 janvier 2025, M. C A B, représenté par Me Ntsama Michel, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de Saône-et-Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office et à prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2000 euros au titre des dispositions de l'article L761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 351-3 du code de justice administrative :

" Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence d'une juridiction administrative autre que le Conseil d'Etat, son président, ou le magistrat qu'il délègue, transmet sans délai le dossier à la juridiction qu'il estime compétente () ".

2. Aux termes de l'article R. 922-4 du code de justice administrative, applicable en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence de l'étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou détenu au moment de l'introduction de sa requête, le tribunal administratif territorialement compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. / Lorsque, en cours d'instance, l'étranger est assigné à résidence en application de l'article

L. 731-1, placé ou maintenu en rétention administrative ou placé en détention, le tribunal administratif compétent est celui dans le ressort duquel est situé le lieu d'assignation, de rétention ou de détention. Le dossier est transmis à ce tribunal s'il diffère de celui devant lequel la requête a été présentée. ". L'article R. 221-3 du même code dispose que : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : () Melun : Seine-et-Marne, Val-de-Marne ; () ".

3. Par un arrêté du 22 janvier 2025, postérieur à l'introduction de la requête, le préfet de Loire-Atlantique a placé M. A B en rétention administrative au centre de Le Mesnil Amelot n° 2. Ainsi, en vertu des dispositions précitées du code de justice administrative, le tribunal administratif de Nantes n'est pas territorialement compétent pour connaître du présent litige. Il en résulte qu'il y a lieu de transmettre sans délai la requête de M. A B au tribunal administratif de Melun, dans le ressort duquel se trouve ce centre.

O R D O N N E :

Article 1er : Le dossier de la requête de M. A B est transmis au tribunal administratif de Melun.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B, au préfet de Saône-et-Loire, au préfet de la Loire-Atlantique et au président du tribunal administratif de Melun.

Fait à Nantes, le 29 janvier 2025.

Le président,

C. HERVOUET