Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2502408

mercredi 12 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2502408
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nantes a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. C, un employeur, contestant le refus de visa de long séjour opposé à son futur salarié, M. D. Le juge a estimé que M. C ne justifiait pas d’un intérêt personnel lui donnant qualité pour agir, et qu’il ne pouvait pas non plus représenter valablement M. D, n’étant pas un mandataire habilité au sens de l’article R. 431-2 du code de justice administrative. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 4° du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 février 2025, M. B C saisit le tribunal d'un litige relatif au refus de délivrance par l'autorité consulaire française en Tunisie d'un visa de long séjour en qualité de salarié à M. A D.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif (), les premiers vice-présidents des tribunaux () et les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de justice administrative : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat. () ". Aux termes de l'article R. 431-4 du même code : " Dans les affaires où ne s'appliquent pas les dispositions de l'article R. 431-2, les requêtes et les mémoires doivent être signés par leur auteur () ". Enfin, selon l'article R. 431-5 de ce code : " Les parties peuvent également se faire représenter : / 1° Par l'un des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 ; () ".

3. La présente requête, introduite par M. C, a pour objet la contestation du refus de visa de long séjour opposé à M. A D, qu'il souhaite embaucher. Toutefois, M. C ne justifie pas, en sa seule qualité d'employeur de l'intéressé, d'un intérêt lui permettant de contester, devant le juge administratif, la légalité de la décision refusant à M. A D la délivrance du visa de long séjour sollicité par ce dernier. Par ailleurs, les dispositions de l'article R. 431-5 du code de justice administrative ne permettent pas à une partie de se faire représenter par un mandataire autre que l'un de ceux mentionnés à l'article R. 431-2 du même code. M. C, qui ne fait pas partie des mandataires mentionnés à l'article R. 431-2 précité, ne peut donc valablement agir au nom de M. A D. Ainsi, la requête de M. C est entachée d'une irrecevabilité manifeste qui n'est pas susceptible d'être régularisée et ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Fait à Nantes, le 12 février 2025.

La présidente,

V. POUPINEAU

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,