Le Tribunal administratif de Nantes statue sur une demande de fin d'astreinte liée à l'obligation de loger un demandeur prioritaire. Le juge constate que l'État a finalement proposé un logement adapté au requérant, bien qu'avec un léger retard. Il estime qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte précédemment prononcée, en application des articles L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation et R. 778-8 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2412045 du 1er octobre 2024, le tribunal administratif de Nantes a enjoint au préfet de la Loire-Atlantique de proposer à M. B... un logement correspondant à ses besoins et à ses capacités de type 1 - type 2 dans un délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 300 euros par mois de retard à compter de l’expiration de cette date.
Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2025, le préfet de la Loire-Atlantique demande au tribunal de mettre fin, à compter du 23 janvier 2025, à l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat de proposer à M. A..., un logement, de type 1 ou de type 2.
Il soutient que M. A... occupe depuis le 23 janvier 2025 un logement de type 2 situé à Nantes (44300).
Cette requête a été communiquée à M. A... qui n’a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
le code de la construction et de l’habitation ;
le jugement n° 2412045 du 1er octobre 2024 du tribunal administratif de Nantes ;
le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Béria-Guillaumie, vice-présidente, en application de l’article R. 778-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Le I de l’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation dispose que le demandeur de logement social qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et devant être logé d’urgence et qui n’a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire devant la juridiction administrative un recours tendant à ce qu’il soit ordonné à l’Etat d’exécuter la décision de la commission.
Par une décision du 6 février 2024, la commission de médiation de la Loire-Atlantique a désigné M. A... comme prioritaire et devant être logé dans un logement répondant à ses besoins et à ses capacités, de type 1 - type 2. L’Etat disposait d’un délai de six mois pour proposer un accueil dans un tel logement. Saisi sur le fondement des dispositions précitées, le tribunal, par un jugement n° 2412045 du 1er octobre 2024, a prononcé à l’encontre de l’Etat une astreinte de 300 euros par mois de retard à compter de la fin du délai d’exécution à verser au Fonds national d’accompagnement vers et dans le logement en cas de non-exécution de l’injonction de proposer un logement à M. A....
L’article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l’habitation prévoit que tant que l’astreinte n’est pas liquidée définitivement par le juge, elle doit être versée au Fonds deux fois par an, toute astreinte versée en application du jugement la prononçant restant acquise au fonds. En vertu de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance sur la liquidation de l’astreinte. A cette fin, il lui appartient de prendre en compte la période d’inexécution de l’injonction par le fait de l’administration. Il peut toutefois, eu égard aux circonstances de l’espèce, modérer le montant de l’astreinte dû, ou, exceptionnellement, déclarer qu’il n’y a pas lieu de liquider l’astreinte dans les limites résultant des dispositions précitées de l’article L. 441-2-3-1.
Il résulte de l’instruction que M. A... s’est vu proposer un logement de type 2 à Nantes, logement qu’il occupe depuis le 23 janvier 2025 et dont il n’est pas contesté qu’il correspond à ses besoins et capacités. L’Etat doit être regardé comme s’étant acquitté de son obligation de proposer à M. A... un logement correspondant à ses besoins et capacités à la date du 23 janvier 2025. Si cette exécution n’est pas intervenue dans le délai imparti par le jugement n° 2412045 du 1er octobre 2024, il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, eu égard au faible retard d’exécution de ce jugement et, ainsi que le permettent les dispositions précitées de l’article R. 778-8 du code de justice administrative, de procéder à la liquidation de l’astreinte.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu, à titre définitif, de liquider l’astreinte prononcée à l’encontre de l’Etat par le jugement n° 2412045 du 1er octobre 2024.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... et au ministre de la ville et du logement.
Une copie sera adressée pour information au préfet de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 5 mars 2026.
La présidente,
M. Béria-Guillaumie
La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,