Le Tribunal administratif de Nantes, statuant par ordonnance, a constaté l'absence de lieu à statuer sur la demande principale de réduction d'impôt. Cette solution s'explique car l'administration avait déjà accordé la demi-part fiscale contestée pour 2021 et 2022, et prononcé un dégrèvement total pour 2023. Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande concernant les années futures, au motif que le juge de l'impôt ne peut se prononcer que sur une imposition déjà mise en recouvrement et préalablement contestée devant l'administration. La décision s'appuie sur les dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 5 septembre 2025, 27 février 2026 et 2 mars 2026, Mme D... B... demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la réduction des cotisations d’impôt sur le revenu mises à sa charge au titre des années 2021, 2022 et 2023 ;
2°) de reconnaître son droit au bénéfice d’une demi-part supplémentaire pour l’imposition des années 2021, 2022 et 2023 ainsi que pour les années futures ;
Elle soutient qu’elle est en droit de bénéficier d’une demi-part supplémentaire pour le calcul de ses impôts sur les revenus des années 2021, 2022 et 2023 et pour les années suivantes, dès lors qu’elle assure seule la charge de M A... C..., titulaire de la carte mobilité inclusion mention « invalidité ».
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2026, le directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête.
Il fait valoir, d’une part, que Mme B... a bénéficié d’une demi-part supplémentaire pour les impositions relatives aux années 2021 et 2022 et, d’autre part que, par décision du 23 février 2026, l’administration fiscale a accordé le dégrèvement total de l’imposition litigieuse au titre de l’année 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) 3 Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…)/ 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; ».
D’une part, il résulte de l’instruction que Mme B... a bénéficié d’une demi-part supplémentaire pour les impositions relatives aux années 2021 et 2022 et, d’autre part que, par un avis de dégrèvement en cours d’instance du 23 février 2026, l’administration fiscale a prononcé le dégrèvement total de l’imposition en litige au titre de l’année 2023. Il n’y a en conséquence pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de réduction présentées par Mme B.... D’autre part, le juge de l’impôt ne peut être saisi que d’une imposition mise en recouvrement et qui a fait l’objet d’une réclamation préalable devant l’administration. Par suite, les conclusions de Mme B... tendant à la reconnaissance de son droit au bénéfice d’une demi-part supplémentaire pour l’imposition des revenus des années futures doivent, en tout état de cause, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de réduction présentées par Mme B....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B... et au directeur régional des finances publiques des Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique.
Fait à Nantes, le 25 mars 2026.
La présidente,
M.-P. Allio-Rousseau
La République mande et ordonne au ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,