Le Tribunal administratif de Nantes rejette la requête de M. B... contestant une redevance d'enlèvement des ordures ménagères, pour incompétence de l'ordre juridictionnel administratif. Le juge estime que les litiges relatifs au paiement de cette redevance, instituée en vertu des articles L. 2333-76 et suivants du code général des collectivités territoriales, relèvent des juridictions judiciaires, le service étant géré comme une activité industrielle et commerciale créant des rapports contractuels de droit privé. La requête est donc rejetée sans examen au fond, sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 janvier 2026, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le syndicat de collecte des déchets ménagers (SCOM) Est-Vendéen sur le recours gracieux formé contre la somme mise à sa charge au titre de la redevance d’enlèvement des ordures ménagères, d’un montant de 130 euros ;
2°) de prononcer la décharge totale de la redevance d’enlèvement des ordures ménagères ;
3°) d’enjoindre au syndicat de renoncer à toute poursuite en recouvrement et de prendre toute mesure utile à l’exécution de la décision à intervenir
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…), les premiers vice-présidents des tribunaux (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (...) ».
Aux termes de l’article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales : « Les communes, les établissements publics de coopération intercommunale et les syndicats mixtes qui bénéficient de la compétence prévue à l'article L.2224-13 peuvent instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu dès lors qu'ils assurent au moins la collecte des déchets des ménages (…) ». Aux termes de l’article L. 2333-79 du même code : « L’institution de la redevance mentionnée à l'article L. 2333-76 entraîne la suppression de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères (…). Cette suppression prend effet : – à compter du 1er janvier de l'année où est intervenue la décision si cette décision est antérieure au 1er mars ;/– à compter du 1er janvier de l'année suivante, dans les autres cas. ».
Il résulte des dispositions précitées du code général des collectivités territoriales que les communes, leurs groupements ou les établissements publics locaux qui assurent l’enlèvement des ordures, déchets et résidus, peuvent instituer une redevance calculée en fonction de l’importance du service rendu dont la création entraîne la suppression de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. En substituant une rémunération directe du service par l’usager à une recette de caractère fiscal, le législateur a entendu permettre à ces collectivités publiques de gérer ce service comme une activité industrielle ou commerciale. Les rapports entre ce service public industriel et commercial et ses usagers sont des rapports contractuels de droit privé et les litiges relatifs au paiement des redevances qui sont réclamées aux usagers du service qui peuvent en découler relèvent de la compétence des juridictions de l’ordre judiciaire. Dès lors, la requête de M. B..., qui conteste la somme mise à sa charge par le SCOM
Est-Vendée, d’un montant de 130 euros, pour l’enlèvement d’ordures ménagères, doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nantes, le 2 mars 2026.
La présidente,
M. C...
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,