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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2604054

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2604054

mardi 3 mars 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2604054
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en référé-liberté (article L. 521-2 CJA), a rejeté la demande de suspension d'un refus de visa. Le juge a estimé que le requérant, qui invoquait l'urgence liée à la naissance imminente de son enfant et une atteinte à sa vie familiale (article 8 CEDH), ne caractérisait pas une situation nécessitant une intervention dans un délai de quarante-huit heures. La requête a donc été jugée irrecevable pour défaut d'urgence au sens de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 février 2026, M. C... A... demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 16 février 2026 par laquelle le consulat général de France à Dakar (Sénégal) a refusé de délivrer à Mme B... A... un visa d’entrée et de court séjour en France ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de réexaminer la demande de visa dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ainsi que toute mesure utile pour garantir la liberté fondamentale en cause ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
l’urgence est caractérisée par l’imminence de la naissance de son premier enfant qui est prévue pour le 11 avril 2026, par la circonstance que l’accouchement devrait être déclenché plus tôt en raison d’un problème de santé de sa compagne et par la nécessité de la présence de sa mère pour l’accompagner avant et après cet évènement ;
la décision attaquée porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée et familiale garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Barès, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé, en application des dispositions de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-1 du même code : « Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (...) ». L’article L. 522-3 de ce code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1. ». Enfin, aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

En distinguant les procédures prévues par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, le législateur a entendu répondre à des situations différentes. Les conditions auxquelles est subordonnée l'application de ces dispositions ne sont pas les mêmes, non plus que les pouvoirs dont dispose le juge des référés. En particulier, le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Sauf circonstances particulières, le refus des autorités consulaires de délivrer un visa d’entrée en France ne constitue pas une situation d’urgence caractérisée rendant nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés.

En se bornant à faire valoir que la présence de sa mère à ses côtés à l’occasion de la naissance de son premier enfant, prévue le 11 avril 2026 mais dont la date devrait être avancée en raison d’un problème de santé de sa compagne, lui est indispensable, et sans apporter d’élément permettant de caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, M. A... ne saurait justifier l’urgence rendant nécessaire l’intervention dans les quarante-huit heures du juge des référés, sur le fondement des dispositions précitées de l’article L. 521-2 du code de justice administrative.

Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. A..., en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A....

Fait à Nantes, le 3 mars 2026.

Le juge des référés,

M. Barès


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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