Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2026, Mme B... A..., représentée par Me Perrot, demande au tribunal :
d’annuler l’arrêté du 22 avril 2026 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert vers l’Espagne ;
d’enjoindre au préfet de lui délivrer une attestation de demande d’asile en procédure normale dans le délai de sept jours à compter de la notification du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans les meilleurs délais ;
de mettre à la charge de l’État le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que l’arrêté contesté :
- est entaché d’un vice d’incompétence ;
- est insuffisamment motivé et entaché d’un défaut d’examen particulier ;
- méconnaît l’article 4 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 relatif au droit à l’information ;
- méconnaît l’article 5 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 relatif à l’entretien individuel et l’article L. 141-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- est entaché d’erreur de fait en ce qu’il se fonde à tort sur la circonstance qu’elle ne présente pas de vulnérabilité particulière, alors qu’elle a informé le préfet qu’elle est vulnérable en raison de son isolement, en présence de son enfant mineure ;
- est entache d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 relatif aux clauses discrétionnaires, eu égard à sa vulnérabilité ;
- méconnait les stipulations du 1er paragraphe de l’article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant signée à New York le 26 janvier 1990.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2026, le préfet de Maine-et-Loire conclut au non-lieu à statuer.
Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 13 mai 2026.
Le président du tribunal a désigné M. Cormier, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant des procédures prévues par le titre II de livre IX du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le rapport de M. Cormier a été entendu au cours de l’audience publique du 25 juin 2026 à 14 heures.
Les parties n’étant ni présentes ni représentées, la clôture de l’instruction a été prononcée à la suite de l’appel de l’affaire à l’audience.
Considérant ce qui suit :
Mme A..., ressortissante guinéenne née le 11 août 1997, est entrée en France le 22 mars 2026 selon ses déclarations. Elle a présenté une demande d’asile enregistrée le 1er avril 2026 par le préfet de la Loire-Atlantique. La consultation du fichier Eurodac a révélé qu’elle avait franchi la frontière de l’Union européenne vers l’Espagne moins de douze mois auparavant. Consécutivement à leur saisine par le préfet de Maine-et-Loire, les autorités espagnoles ont accepté le 13 avril 2026 de prendre en charge Mme A.... Par un arrêté du 22 avril 2026, dont Mme A... demande l’annulation, le préfet de Maine-et-Loire a décidé son transfert à ces autorités.
Sur le non-lieu à statuer :
Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l’introduction de la requête de Mme A..., le préfet de Maine-et-Loire a retiré l’arrêté en litige. Dès lors, les conclusions à fin d’annulation de cet arrêté, présentées par Mme A... sont devenues sans objet. Il n’y a pas lieu d’y statuer.
Sur les frais liés à l’instance :
Mme A... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, et sous réserve qu’elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Perrot d’une somme de 550 euros (cinq cents cinquante euros).
D E C I D E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fins de d’annulation de l’arrêté du 22 avril 2026 par lequel le préfet de Maine-et-Loire a décidé le transfert de Mme A... vers l’Espagne.
Article 2 : L’Etat versera à Me Perrot, avocate de Mme A..., une somme de 550 euros (cinq cents cinquante euros) au titre des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A..., au ministre de l’intérieur, et à Me Perrot.
Copie en sera adressée au préfet de Maine-et-Loire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2026.
Le magistrat désigné,
R. Cormier
La greffière,
J. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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