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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2612701

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2612701

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2612701
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantARNAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 16 juin 2026, Mme B... A..., agissant en son nom personnel et en qualité de représentante légale de la mineure C... D... A..., représentée par Me Arnal, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté le recours formé contre la décision du 31 juillet 2025 de l’autorité consulaire française à Conakry (Guinée) refusant de délivrer à C... D... A... un visa de long séjour au titre de la réunification familiale ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de faire procéder au réexamen de la demande de visa de Mme A... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) d’admettre Mme A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire et de de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la séparation familiale engendrée par la décision litigieuse a pour effet d’aggraver son état de santé psychologique alors qu’elle présente une vulnérabilité particulière en lien avec sa situation de handicap ; l’urgence résulte également de la vulnérabilité particulière de sa fille, âgée de 15 ans, livrée à elle-même et exposée à un risque de subir un mariage forcé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est entachée d’une insuffisance de motivation ;
* elle n’a pas été précédée d’un examen suffisant de la situation personnelle de C... D... A..., notamment au regard des stipulations du paragraphe premier de l’article 3 de la convention de New-York du 26 janvier 1990 sur les droits de l’enfant ;
*elle est entachée d’une erreur de fait, a été prise en méconnaissance des articles L. 434-3 et L. 434-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 47 du code civil et procède d’une erreur d’appréciation dès lors qu’elle a produit un jugement de délégation d’autorité parentale du 21 août 2025 ; de simples erreurs figurant dans les formulaires adressés à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) ne peuvent lui ôter toute valeur probante, compte tenu par ailleurs des conditions dans lesquelles elle a complété ces documents ;
*elle méconnaît les stipulations des articles 3§1 et 12 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
*elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le recours formé auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France le 1er septembre 2025.

Vu la requête en annulation.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.


Vu l’ordonnance n° 2522400 du 7 janvier 2026.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Si les ordonnances par lesquelles le juge des référés fait usage de ses pouvoirs de juge de l’urgence sont exécutoires et, en vertu de l’autorité qui s’attache aux décisions de justice, obligatoires, elles sont, compte tenu de leur caractère provisoire, dépourvues de l’autorité de chose jugée. Il en résulte que la circonstance que le juge des référés a rejeté une première demande de suspension présentée sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne fait pas obstacle à ce que la même partie saisisse ce juge d’une nouvelle demande ayant le même objet, notamment en soulevant des moyens ou en faisant valoir des éléments nouveaux, alors même qu’ils auraient pu lui être soumis dès sa première saisine.

3. Par une ordonnance n° 2522400 du 7 janvier 2026, la juge des référés du tribunal de céans a rejeté pour défaut de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée une première requête présentée par Mme A... tendant à la suspension de l’exécution de la décision litigieuse.

4. Dans le cadre de la présente instance, Mme A... expose les mêmes conclusions et présente les mêmes moyens que lors de l’instance évoquée au point 3 et ne fait état d’aucun élément nouveau de nature à remettre en cause le bien-fondé du motif ayant justifié le rejet de sa précédente demande de suspension. Sa requête est dès lors manifestement mal fondée.

5. Par suite, et sans qu’il y ait lieu d’admettre Mme A... à l’aide juridictionnelle à titre provisoire, les conclusions à fin de suspension présentées par cette dernière ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 1er juillet 2026.

Le juge des référés,





J. Danet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière







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