Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2026, M. A... C... demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 17 octobre 2025 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté son recours contre la décision de l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) du 4 septembre 2025 refusant de délivrer un visa d’entrée et de court séjour à sa mère, Mme B... D... ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder au réexamen de la demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.
IL soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite ; la décision en litige, en refusant la délivrance du visa sollicité par sa mère, a pour effet d’aggraver la situation de détresse dans laquelle se trouve son foyer depuis le décès de sa fille survenu le 5 juin 2025, nécessitant un soutien familial immédiat ; compte tenu du délai prévisible d’audiencement, l’attente d’une décision au fond rendrait irréparable le préjudice subi ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. La condition d’urgence à laquelle est subordonné le prononcé d’une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue.
3. Au soutien de sa demande de suspension de la décision du 17 octobre 2025 par laquelle le sous-directeur des visas a rejeté son recours contre la décision de l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) du 4 septembre 2025 refusant de délivrer un visa d’entrée et de court séjour à sa mère, Mme B... D..., le requérant fait état de la nécessité pour lui et sa famille de bénéficier d’un soutien familial, dans un contexte de deuil, consécutif au décès de son enfant né sans vie le 5 juin 2025. Toutefois, pour douloureuses que soient ces circonstances, survenues plus d’un an avant l’enregistrement de la présente demande, elles sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence au sens des dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant qu’il ne soit statuer sur la requête à fin d’annulation, alors qu’au demeurant, l’octroi d’un visa de court séjour pour visite familiale ne constitue pas un droit. Au surplus, il n’est pas établi que M. C... et les membres de sa famille seraient dans l’impossibilité de se rendre au Cameroun. Il y a lieu, par suite, et en tout état de cause, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....
Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 1er juillet 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,