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AccueilJurisprudence administrativeN° TA44-2613138

Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2613138

mercredi 1 juillet 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2613138
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantWAHAB

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 juin 2026, M. A... B..., représenté par Me Wahab, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 20 avril 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Alger (Algérie) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour en qualité de salarié ;

2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de délivrer le visa sollicité ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite ; le refus de visa litigieux porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle dès lors qu’il a été recruté par contrat à durée indéterminée sur des fonctions pour lesquelles il justifie des qualifications et de l’expérience requises et qu’il est désormais sans emploi en Algérie ; par ailleurs, elle retarde ainsi l’ouverture de l’établissement de restauration qui l’a recruté et compromet son ouverture imminente et son équilibre économique, alors que d’importants investissements ont été réalisés dans cette perspective et que des engagements économiques ont déjà été souscrits ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- la décision attaquée ;
- le recours adressé à la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France le 27 mai 2026.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. Au soutien de sa demande de suspension de la décision du 20 avril 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Alger (Algérie) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour en qualité de salarié et pour établir l’urgence, M. B... fait valoir que le refus litigieux l’empêche de prendre ses fonctions en tant que cuisinier au sein de l’établissement de restauration « Le Fennec », établi à Hérouville-Saint-Clair (14200), qui l’a recruté en contrat à durée indéterminée à compter du 1er avril 2026 après avoir obtenu une autorisation de travail le 12 mars 2026, et qu’il est actuellement sans emploi en Algérie. Il fait également état des répercussions de l’impossibilité de se rendre en France pour cet établissement, confronté notamment à des difficultés de recrutement. Toutefois, alors que le requérant n’établit pas être dans l’impossibilité d’exercer dans son pays une activité professionnelle en adéquation avec ses qualifications et son expérience, ces seules circonstances sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la commission de recours. Par suite, il y a lieu de faire application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie sera adressée au ministre de l'intérieur.

Fait à Nantes, le 1er juillet 2026.

Le juge des référés,



J. Danet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,






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