Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2614721

lundi 3 août 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2614721
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLACHAUX

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 juillet 2026, M. C... B..., représenté par Me Lachaux, demande à la juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France sur le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 16 mars 2026 portant refus de délivrance d’un visa de long séjour à son enfant A... B... ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de procéder au réexamen de cette demande de visa dans un délai de sept jours à compter de la notification de la présente ordonnance ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, compte tenu de la séparation familiale maintenue par la décision attaquée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; cette décision est insuffisamment motivée ; elle est entachée d’une erreur de droit, dès lors que le motif sur lequel elle repose n’est pas un motif d’ordre public de nature à justifier un refus de visa de long séjour à l’enfant étranger d’un ressortissant français ; elle méconnaît les articles L. 811-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et 47 du code civil ; elle est entachée d’une erreur d’appréciation ; elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ; elle méconnaît l’article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juillet 2026, le ministre de l’intérieur conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir qu’il a donné instruction à l’autorité consulaire française à Dakar de délivrer le visa sollicité.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 14 juillet 2026 sous le n° 2614748 par laquelle le requérant demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Pétri comme juge des référés sur le fondement de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 29 juillet 2026 :
- le rapport de Mme Pétri, juge des référés ;
- et les observations de Me Lachaux, représentant M. B....

Le ministre de l’intérieur n’était ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

1. Une demande de visa de long séjour en qualité d’enfant étranger d’un ressortissant français a été présentée pour l’enfant A... B.... Par une décision du 16 mars 2026, l’autorité consulaire française à Dakar a rejeté cette demande. M. B..., père de l’enfant, a introduit un recours administratif préalable obligatoire contre ce refus. Le silence gardé par le ministre de l’intérieur sur cette demande, pendant plus de deux mois, a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, M. B... demande, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de cette décision implicite de rejet.

2. Postérieurement à l’introduction de la requête, le ministre de l’intérieur a indiqué au tribunal qu’il a donné instruction à l’autorité consulaire française à Dakar de délivrer le visa sollicité. Par suite, les conclusions présentées par M. B... en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ainsi que ses conclusions à fin d’injonction, sont devenues sans objet, et il n’y a pas lieu d’y statuer.

3. Il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat, dans les circonstances de l’espèce, une somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :


Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction présentées par M. B....

Article 2 : L’Etat versera à M. B... une somme de 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... B... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 3 août 2026.

La juge des référés,



M. Pétri
La greffière,


J. Martin



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière