Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2616962

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2616962
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE ROY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 12 et 26 août 2026, M. B... A..., représenté par Me Le Roy, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 16 juin 2026, notifiée le 17 juillet suivant, par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d’enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa situation dans un délai de dix jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l’attente, un document de séjour l’autorisant à travailler dans un délai de 24 heures sous la même condition d‘astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
* elle est insuffisamment motivée ;
* elle est entachée d’une erreur de droit au regard des dispositions de l’article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que le préfet s’est borné à examiner sa situation au regard du seul critère tenant au caractère réel et sérieux de la formation suivie, sans procéder à un examen global de sa situation ;
* elle procède d’une erreur manifeste d'appréciation ; il justifie du caractère réel et sérieux du suivi de sa scolarité ;
* elle est entachée d’une erreur de droit en ce que le préfet ne pouvait légalement exiger qu’il démontre son isolement dans son pays d’origine ;
* elle procède d’une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
* elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la condition d’urgence est satisfaite dès lors que la décision attaquée est de nature à remettre en cause ses efforts d’insertion professionnelle, alors qu’il vient d’obtenir un contrat à durée indéterminée, et à le priver de toute ressource.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 août 2026, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie :
- aucun des moyens soulevés n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Par une décision du 19 août 2026, le bureau d’aide juridictionnelle a accordé l’aide juridictionnelle totale à M. A....

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la requête enregistrée le 12 août 2026 sous le n° 2617058 par laquelle le requérant demande l’annulation de la décision attaquée.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier/ère conseiller/ère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 28 août 2026 à 10h30 :
- le rapport de M. Danet, juge des référés ;
- les observations de Me Le Roy, avocate de M. A..., qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.

Le préfet de la Loire-Atlantique n’était ni présent ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ».

2. En l’état de l’instruction, aucun des moyens invoqués par M. A..., tels qu’énoncés dans les visas de cette ordonnance, ne paraît de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, sans qu’il soit besoin d’apprécier la condition d’urgence, la requête de M. A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.

Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,




J. Danet

La greffière,




A-L. Bouilland

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,