Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617099
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2617099 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 et 25 août 2026, M. C... A... demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France sur le recours préalable formé le 20 avril 2026 contre les décisions de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) portant refus de délivrance d’un visa de long séjour au titre du regroupement familial à Mme E... B... et au mineur D... A..., jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes de visa dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de leur durée de séparation prolongée malgré leurs diligences continues depuis le dépôt de leur demande de regroupement familial en 2022 alors que leur fils, qui est né en 2021, a besoin de la présence de son père.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’ont été produits à l’appui de la demande de visa des actes d’état civil probants permettant d’établir l’identité et le lien de famille des demandeurs de visa ;
elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2026, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés et relève que l'acte de mariage produit ne comprend pas la mention de la profession des quatre témoins, en méconnaissance de l'article 65 du code de la famille sénégalais, que le volet n° 1 de l'acte de mariage ne précise pas l'heure du mariage contrairement à la copie littérale et que l'acte a été dressé un samedi 26 décembre 2020 alors que les centres d'état civil ne sont pas ouverts le samedi/dimanche et les jours fériés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la requête n° 2615790 enregistrée le 25 juillet 2026 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mme Poupineau, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 26 août 2026, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mme Poupineau, juge des référés,
- et les observations de M. A....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ».
D’une part, il résulte de l’instruction que M. A... a déposé, le 13 juin 2022, une demande de regroupement familial en faveur de Mme B... et du mineur D... A... qui a été enregistrée le 3 avril 2023. Des demandes de visa ont été déposées pour les intéressés, le 28 juin 2023, auprès de l’autorité consulaire française à Dakar afin de leur permettre de rejoindre M. A... en France. Ces demandes ont été rejetées par des décisions du 28 novembre 2024 au motif que le service des visas du consulat général de France à Dakar n’avait pas reçu la décision d’autorisation de regroupement familial, laquelle n’a été accordée que le 30 janvier 2025 par le préfet du Val-d’Oise. Mme B... a alors présenté, le 11 août 2025, de nouvelles demandes de visa pour elle-même et son fils mineur, qui ont été rejetées par des décisions du 25 mars 2026, contre lesquelles M. A... a formé dès le 20 avril suivant le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur ce recours a fait naître, le 20 juin 2026, une décision implicite de rejet que M. A... a contestée devant le tribunal en introduisant un recours le 25 juillet 2026, puis deux premières demandes de référé suspension les 1er et 5 août 2026. Ainsi, eu égard à la durée de séparation de M. C... A... d’avec sa famille et notamment de son fils, né le 4 septembre 2021, et aux diligences effectuées par l’intéressé, qui a obtenu son titre de séjour en qualité de salarié le 22 novembre 2021, pour la mise en œuvre de la procédure de regroupement familial, la condition d’urgence posée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
D’autre part, le moyen tiré de l’erreur commise par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France dans l’appréciation de l’identité des demandeurs de visa et de leur lien familial avec M. A... paraît propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Dans ces conditions, il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision attaquée et d’enjoindre au ministre de réexaminer la situation de Mme B... et du mineur D... A... dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’une astreinte ne soit nécessaire.
M. A..., qui n'est pas représenté par un conseil, ne justifie pas des frais exposés au titre de la présente instance. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :
L’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours préalable formé le 20 avril 2026 contre les décisions de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) en date du 25 mars 2026 est suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 :
Il est enjoint au ministre de l’intérieur de faire procéder au réexamen des demandes de visa dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 :
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
V. Poupineau
La greffière,
J. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête et des mémoires enregistrés les 14 et 25 août 2026, M. C... A... demande au juge des référés :
1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet née du silence de la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France sur le recours préalable formé le 20 avril 2026 contre les décisions de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) portant refus de délivrance d’un visa de long séjour au titre du regroupement familial à Mme E... B... et au mineur D... A..., jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur, à titre principal, de délivrer les visas sollicités dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen des demandes de visa dans le même délai et sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite compte tenu de leur durée de séparation prolongée malgré leurs diligences continues depuis le dépôt de leur demande de regroupement familial en 2022 alors que leur fils, qui est né en 2021, a besoin de la présence de son père.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
elle est entachée d’une erreur d’appréciation dès lors qu’ont été produits à l’appui de la demande de visa des actes d’état civil probants permettant d’établir l’identité et le lien de famille des demandeurs de visa ;
elle méconnaît l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2026, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A... ne sont pas fondés et relève que l'acte de mariage produit ne comprend pas la mention de la profession des quatre témoins, en méconnaissance de l'article 65 du code de la famille sénégalais, que le volet n° 1 de l'acte de mariage ne précise pas l'heure du mariage contrairement à la copie littérale et que l'acte a été dressé un samedi 26 décembre 2020 alors que les centres d'état civil ne sont pas ouverts le samedi/dimanche et les jours fériés.
Vu :
- la décision attaquée ;
- la requête n° 2615790 enregistrée le 25 juillet 2026 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, a désigné Mme Poupineau, vice-présidente, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l’audience publique du 26 août 2026, à laquelle les parties ont été régulièrement convoquées :
- le rapport de Mme Poupineau, juge des référés,
- et les observations de M. A....
La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ».
D’une part, il résulte de l’instruction que M. A... a déposé, le 13 juin 2022, une demande de regroupement familial en faveur de Mme B... et du mineur D... A... qui a été enregistrée le 3 avril 2023. Des demandes de visa ont été déposées pour les intéressés, le 28 juin 2023, auprès de l’autorité consulaire française à Dakar afin de leur permettre de rejoindre M. A... en France. Ces demandes ont été rejetées par des décisions du 28 novembre 2024 au motif que le service des visas du consulat général de France à Dakar n’avait pas reçu la décision d’autorisation de regroupement familial, laquelle n’a été accordée que le 30 janvier 2025 par le préfet du Val-d’Oise. Mme B... a alors présenté, le 11 août 2025, de nouvelles demandes de visa pour elle-même et son fils mineur, qui ont été rejetées par des décisions du 25 mars 2026, contre lesquelles M. A... a formé dès le 20 avril suivant le recours administratif préalable obligatoire prévu à l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le silence gardé par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France sur ce recours a fait naître, le 20 juin 2026, une décision implicite de rejet que M. A... a contestée devant le tribunal en introduisant un recours le 25 juillet 2026, puis deux premières demandes de référé suspension les 1er et 5 août 2026. Ainsi, eu égard à la durée de séparation de M. C... A... d’avec sa famille et notamment de son fils, né le 4 septembre 2021, et aux diligences effectuées par l’intéressé, qui a obtenu son titre de séjour en qualité de salarié le 22 novembre 2021, pour la mise en œuvre de la procédure de regroupement familial, la condition d’urgence posée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.
D’autre part, le moyen tiré de l’erreur commise par la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France dans l’appréciation de l’identité des demandeurs de visa et de leur lien familial avec M. A... paraît propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Dans ces conditions, il y a lieu de suspendre l’exécution de la décision attaquée et d’enjoindre au ministre de réexaminer la situation de Mme B... et du mineur D... A... dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, sans qu’une astreinte ne soit nécessaire.
M. A..., qui n'est pas représenté par un conseil, ne justifie pas des frais exposés au titre de la présente instance. Par suite, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er :
L’exécution de la décision implicite par laquelle la commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France a rejeté le recours préalable formé le 20 avril 2026 contre les décisions de l’autorité consulaire française à Dakar (Sénégal) en date du 25 mars 2026 est suspendue jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 :
Il est enjoint au ministre de l’intérieur de faire procéder au réexamen des demandes de visa dans le délai d’un mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 3 :
Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... et au ministre de l'intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
La juge des référés,
V. Poupineau
La greffière,
J. Martin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,