Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617652
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2617652 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | MOUNGUETYI NJIFEN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 août 2026, M. B... A..., représenté par Me Njifen Mounguetyi, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 30 juillet 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée à l’EFAP, prévue le 15 septembre prochain, où il a été admis pour suivre un master of business administration (MBA), et eu égard des frais qu’il a déjà engagés ; le refus opposé le prive de la possibilité de suivre une formation importante pour la suite de sa carrière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. M. A..., ressortissant camerounais né le 19 septembre 1989, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 14 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, pour suivre, en 2026-2027, un cursus de formation en MBA « communication publique et influence » à l’Ecole des nouveaux métiers de la communication (EFAP) située à Lyon. Par une décision du 30 juillet 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 24 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, le requérant fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 15 septembre prochain, de l’impossibilité de suivre la formation envisagée, du risque de perdre le bénéfice de son admission au sein de l’EFRAP ainsi que des frais déjà engagés dans la perspective de sa venue en France. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait susceptible d’intervenir postérieurement à la date prévue de sa rentrée. En effet, il n’est pas établi par les pièces produites que M. A... serait dans l’impossibilité d’obtenir le report de sa rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours, ou, le cas échéant, de bénéficier d’une admission au titre d’une session ou d’une année ultérieure, ni que les frais exposés avant la délivrance du visa sollicité seraient définitivement perdus. Par ailleurs, alors que l’intéressé, né en 1989, est titulaire d’un master en communication et action publique internationale obtenu en 2024 auprès de l’Université de Yaoundé II, et qu’il exerçait en dernier lieu au Cameroundes fonctions de chargé de communication auprès d’une organisation non-gouvernementale, il ne justifie pas de circonstances particulières établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 25 août 2026, M. B... A..., représenté par Me Njifen Mounguetyi, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 30 juillet 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée à l’EFAP, prévue le 15 septembre prochain, où il a été admis pour suivre un master of business administration (MBA), et eu égard des frais qu’il a déjà engagés ; le refus opposé le prive de la possibilité de suivre une formation importante pour la suite de sa carrière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. M. A..., ressortissant camerounais né le 19 septembre 1989, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 14 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, pour suivre, en 2026-2027, un cursus de formation en MBA « communication publique et influence » à l’Ecole des nouveaux métiers de la communication (EFAP) située à Lyon. Par une décision du 30 juillet 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 24 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, le requérant fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 15 septembre prochain, de l’impossibilité de suivre la formation envisagée, du risque de perdre le bénéfice de son admission au sein de l’EFRAP ainsi que des frais déjà engagés dans la perspective de sa venue en France. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait susceptible d’intervenir postérieurement à la date prévue de sa rentrée. En effet, il n’est pas établi par les pièces produites que M. A... serait dans l’impossibilité d’obtenir le report de sa rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours, ou, le cas échéant, de bénéficier d’une admission au titre d’une session ou d’une année ultérieure, ni que les frais exposés avant la délivrance du visa sollicité seraient définitivement perdus. Par ailleurs, alors que l’intéressé, né en 1989, est titulaire d’un master en communication et action publique internationale obtenu en 2024 auprès de l’Université de Yaoundé II, et qu’il exerçait en dernier lieu au Cameroundes fonctions de chargé de communication auprès d’une organisation non-gouvernementale, il ne justifie pas de circonstances particulières établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,