Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617657

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2617657
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, M. B... A... demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution des décisions du 21 juillet et 10 août 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Douala (Cameroun) a rejeté ses demandes de visa d’entrée et de long séjour pour études, et, subsidiairement, d’ordonner toute mesure provisoire ou conservatoire sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ;

2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de ses demandes avant le 4 septembre prochain et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie eu égard à l’imminence de sa rentrée à l’ISME de Rennes, prévue le 7 septembre prochain ; le refus opposé est de nature à entraîner la perte définitive de son admission au titre de l’année 2026-2027 et le délai d’instruction de ses recours administratif est incompatible avec l’échéance précitée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu les décisions attaquées.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D’une part, Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. D’autre part, aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. M. A..., ressortissant camerounais né le 10 août 2007, a sollicité auprès de l’autorité consulaire française à Douala, le 17 juillet puis le 5 août 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, à la suite de son admission en première année de BTS « management commercial opérationnel » au sein de l’établissement d’enseignement supérieur privé « ISME » de Rennes pour l’année 2026-2027. Par des décisions des 21 juillet et 10 août 2026, l’autorité consulaire a rejeté ces demandes. Des recours ont été formés les 3 et 24 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

5. Au soutien de sa demande de suspension, le requérant fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre 2026, du risque de perte du bénéfice de son admission son admission au titre de l’année 2026-2027 et de l’incompatibilité du délai d’instruction de ses recours avec l’échéance précitée. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets des décisions litigieuses avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait susceptible d’intervenir postérieurement à la date prévue de sa rentrée. En effet, et alors que l’octroi d’un visa de long séjour pour études ne constitue pas un droit, l’étudiant engageant des frais à ses risques et périls avant sa délivrance, il n’est pas établi par les pièces produites que M. A... serait dans l’impossibilité d’obtenir un report de son admission à une rentrée ultérieure ni qu’il ne pourrait obtenir le remboursement des frais de scolarité déjà versés. Par ailleurs, alors que l’intéressé a indiqué être étudiant en première année de licence en sciences économiques et gestion à l’université de Douala, il n’est pas établi par les pièces produites que le refus de visa opposé serait de nature à compromettre la poursuite de son parcours d’études supérieures au Cameroun ni qu’il serait susceptible de remettre en cause ses projets professionnels. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

6. Enfin, si M. A... demande à titre subsidiaire, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner toute mesure provisoire ou conservatoire, et en particulier qu’il soit enjoint à la commission de recours de statuer sur ses recours avant le 4 septembre prochain, de telles conclusions, présentées dans la même requête que les conclusions principales à fin de suspension présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du même code sont irrecevables et doivent ainsi et en tout état de cause être rejetées.

7. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,





J. Danet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,