Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617796

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2617796
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantNGUIYAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, M. B... A..., représenté par Me Nguiyan, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 1er août 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Douala (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;

2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue au début du mois d’octobre, en troisième année de formation préparant le titre RNCP de niveau 7 « architecte des systèmes d’information » dispensée par l’établissement SUPINFO de Caen, compte tenu par ailleurs des frais engagés ; le refus de visa litigieux risque également de lui faire perdre le bénéfice de son admission et de compromettre la continuité et la cohérence de son parcours académique ; les formalités ont été accomplies avec diligence ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. M. A..., ressortissant camerounais né le 8 mai 2005, a sollicité auprès de l’autorité consulaire française à Douala, le 27 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, pour suivre, en 2026-2027, un cursus de formation au sein de l’établissement d’enseignement supérieur SUPINFO de Caen, préparant au titre RNCP de niveau 7 « architecte des systèmes d’information ». Par une décision du 1er août 2026, l’autorité consulaire a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 10 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

5. Au soutien de sa demande de suspension, le requérant fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue « début octobre », de l’impossibilité de suivre la formation envisagée, du risque de perdre le bénéfice de son admission et de l’incidence sur son parcours académique ainsi que des frais déjà engagés dans la perspective de sa venue en France. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV, quand bien même celle-ci serait susceptible d’intervenir postérieurement à la date prévue de sa rentrée. En effet, il n’est pas établi par les seules pièces produites que M. A... serait dans l’impossibilité d’obtenir le report de sa rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours, ou, le cas échéant, de bénéficier d’une admission au titre d’une session ou d’une année ultérieure, ni que les frais exposés avant la délivrance du visa sollicité seraient définitivement perdus. Par ailleurs, alors que l’intéressé était inscrit en dernier lieu en licence technologique « administration réseau et sécurité informatique » à l’Institut universitaire du Golfe de Guinée de Douala, il ne justifie pas de circonstances particulières établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,





J. Danet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,