Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617798
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2617798 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGUIYAN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, Mme B... A..., représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 3 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre prochain, sans aucune possibilité de report ; le refus de visa litigieux risque également de lui faire perdre le bénéfice de son admission dans un cursus sélectif et de compromettre la continuité et la cohérence de son parcours d’études d’ingénieur spécialisé dans la sécurité des systèmes d’information ; l’urgence résulte du montant des frais engagés dans la perspective de sa venue en France qui risquent ainsi d’avoir été engagés en pure perte ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. Mme A..., ressortissante camerounaise née le 5 février 2004, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 15 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, pour suivre, en 2026-2027, une formation intitulée « expert réseaux, infrastructure et sécurité », proposée par l’établissement d’enseignement supérieur privé « Institut catholique supérieur Saint-André » (ICSSA) de Niort. Par une décision du 3 août 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 10 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, la requérante fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre prochain, sans qu’elle ne dispose de possibilité de report, de la perte du bénéfice de son admission dans un cursus sélectif et de l’incidence de ce refus de visa sur la continuité et la cohérence de son parcours d’études d’ingénieur spécialisé dans la sécurité des systèmes d’information. Elle fait également état du risque de perte définitive des frais qu’elle a déjà engagés pour préparer sa venue en France. Toutefois, il ressort de l’attestation délivrée par l’ICSSA que la rentrée peut s’effectuer jusqu’au 30 octobre 2026, soit postérieurement à la date à laquelle naîtrait, au plus tard, une décision implicite de la commission de recours, et que l’acompte qu’elle a déjà versé au titre des frais de scolarité lui sera intégralement remboursé en cas de refus définitif de délivrance de visa. En outre, la requérante n’établit pas que la non-réalisation de ce projet d’études serait, à ce stade, de nature à compromettre la poursuite de son parcours universitaire ou son insertion professionnelle, alors qu’elle a indiqué suivre un cursus en « management des systèmes d’information » à l’école nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. Elle ne justifie au demeurant d’aucune autre circonstance particulière établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, en l’espèce, et dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, Mme B... A..., représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 3 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre prochain, sans aucune possibilité de report ; le refus de visa litigieux risque également de lui faire perdre le bénéfice de son admission dans un cursus sélectif et de compromettre la continuité et la cohérence de son parcours d’études d’ingénieur spécialisé dans la sécurité des systèmes d’information ; l’urgence résulte du montant des frais engagés dans la perspective de sa venue en France qui risquent ainsi d’avoir été engagés en pure perte ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. Mme A..., ressortissante camerounaise née le 5 février 2004, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 15 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, pour suivre, en 2026-2027, une formation intitulée « expert réseaux, infrastructure et sécurité », proposée par l’établissement d’enseignement supérieur privé « Institut catholique supérieur Saint-André » (ICSSA) de Niort. Par une décision du 3 août 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 10 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, la requérante fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre prochain, sans qu’elle ne dispose de possibilité de report, de la perte du bénéfice de son admission dans un cursus sélectif et de l’incidence de ce refus de visa sur la continuité et la cohérence de son parcours d’études d’ingénieur spécialisé dans la sécurité des systèmes d’information. Elle fait également état du risque de perte définitive des frais qu’elle a déjà engagés pour préparer sa venue en France. Toutefois, il ressort de l’attestation délivrée par l’ICSSA que la rentrée peut s’effectuer jusqu’au 30 octobre 2026, soit postérieurement à la date à laquelle naîtrait, au plus tard, une décision implicite de la commission de recours, et que l’acompte qu’elle a déjà versé au titre des frais de scolarité lui sera intégralement remboursé en cas de refus définitif de délivrance de visa. En outre, la requérante n’établit pas que la non-réalisation de ce projet d’études serait, à ce stade, de nature à compromettre la poursuite de son parcours universitaire ou son insertion professionnelle, alors qu’elle a indiqué suivre un cursus en « management des systèmes d’information » à l’école nationale supérieure polytechnique de Yaoundé. Elle ne justifie au demeurant d’aucune autre circonstance particulière établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, en l’espèce, et dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,