Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617810
mardi 1 septembre 2026
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nantes |
| Section | Tribunal Administratif de Nantes |
| N° Dossier | TA44-2617810 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | NGUIYAN |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, Mme B... D... A... C..., représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 3 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue au plus tard le 19 octobre prochain, du risque de perdre le bénéfice de son admission pour l’année universitaire 2026-2027 et de compromettre la continuité et la cohérence de son parcours d’études en comptabilité ; le refus litigieux l’expose également à un préjudice financier important lié au frais engagés dans la perspective de sa venue en France ; aucun intérêt public s’oppose à la mesure de suspension sollicitée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. Mme A... C..., ressortissante camerounaise née le 30 mai 2006, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 21 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, à la suite de son inscription, en 2026-2027, en troisième année de licence « diplôme de comptabilité et de gestion » au sein de l’établissement d’enseignement supérieur privé « DCG Formation », sur son campus d’Evry (Essonne). Par une décision du 3 août 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 10 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, la requérante fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 21 septembre 2026, avec une arrivée autorisée jusqu’au 19 octobre 2026, du risque de perdre le bénéfice de son admission pour l’année universitaire 2026-2027 et de l’incidence de ce refus de visa sur la continuité et la cohérence de son parcours d’études en comptabilité débuté au Cameroun. Elle fait également état du préjudice financier qu’elle pourrait subir en raison des frais qu’elle a déjà engagés pour préparer sa venue en France. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV. En effet, il n’est pas établi par les seules pièces produites que Mme A... C... ne pourrait obtenir un aménagement de sa date de rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours. En outre, elle ne justifie pas que les frais engagés, notamment les 1 000 euros versés au titre des frais de scolarité, seraient définitivement perdus. Par ailleurs, et en tout état de cause, elle n’établit pas que l’impossibilité de rejoindre cette formation serait, à ce stade, de nature à compromettre la poursuite de ses études ou ses projets professionnels, alors qu’elle était inscrite, en dernier lieu, en troisième année du cursus de comptabilité et de gestion des entreprises à l’Institut universitaire catholique de Yaoundé au titre de l’année universitaire 2025-2026. Elle ne justifie au demeurant d’aucune autre circonstance particulière établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, en l’espèce, et dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... D... A... C....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Par une requête, enregistrée le 26 août 2026, Mme B... D... A... C..., représentée par Me Nguiyan, demande au juge des référés :
1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 3 août 2026 par laquelle l’ambassade de France à Yaoundé (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;
2°) d’enjoindre à l’autorité administrative de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de huit jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue au plus tard le 19 octobre prochain, du risque de perdre le bénéfice de son admission pour l’année universitaire 2026-2027 et de compromettre la continuité et la cohérence de son parcours d’études en comptabilité ; le refus litigieux l’expose également à un préjudice financier important lié au frais engagés dans la perspective de sa venue en France ; aucun intérêt public s’oppose à la mesure de suspension sollicitée ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la décision attaquée.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.
2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.
3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.
4. Mme A... C..., ressortissante camerounaise née le 30 mai 2006, a sollicité auprès de l’ambassade de France à Yaoundé, le 21 juillet 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, à la suite de son inscription, en 2026-2027, en troisième année de licence « diplôme de comptabilité et de gestion » au sein de l’établissement d’enseignement supérieur privé « DCG Formation », sur son campus d’Evry (Essonne). Par une décision du 3 août 2026, l’autorité diplomatique a rejeté cette demande. Un recours a été formé le 10 août 2026 auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
5. Au soutien de sa demande de suspension, la requérante fait état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 21 septembre 2026, avec une arrivée autorisée jusqu’au 19 octobre 2026, du risque de perdre le bénéfice de son admission pour l’année universitaire 2026-2027 et de l’incidence de ce refus de visa sur la continuité et la cohérence de son parcours d’études en comptabilité débuté au Cameroun. Elle fait également état du préjudice financier qu’elle pourrait subir en raison des frais qu’elle a déjà engagés pour préparer sa venue en France. Toutefois, ces seules considérations sont insuffisantes à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV. En effet, il n’est pas établi par les seules pièces produites que Mme A... C... ne pourrait obtenir un aménagement de sa date de rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours. En outre, elle ne justifie pas que les frais engagés, notamment les 1 000 euros versés au titre des frais de scolarité, seraient définitivement perdus. Par ailleurs, et en tout état de cause, elle n’établit pas que l’impossibilité de rejoindre cette formation serait, à ce stade, de nature à compromettre la poursuite de ses études ou ses projets professionnels, alors qu’elle était inscrite, en dernier lieu, en troisième année du cursus de comptabilité et de gestion des entreprises à l’Institut universitaire catholique de Yaoundé au titre de l’année universitaire 2025-2026. Elle ne justifie au demeurant d’aucune autre circonstance particulière établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, en l’espèce, et dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... D... A... C....
Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.
Le juge des référés,
J. Danet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,