Tribunal Administratif de Nantes — Décision N° TA44-2617884

mardi 1 septembre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Nantes
SectionTribunal Administratif de Nantes
N° DossierTA44-2617884
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantKEMFOUET KENGNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 août 2026, Mme C..., représentée par Me Kemfouet Kengny, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la décision du 14 août 2026 par laquelle l’autorité consulaire française à Douala (Cameroun) a rejeté sa demande de visa d’entrée et de long séjour pour études ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d’urgence est remplie compte tenu de l’imminence de sa rentrée, prévue au plus tard le 7 septembre prochain ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Danet, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (...) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste qu’elle irrecevable ou mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience.

2. Aux termes de l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Une commission placée auprès du ministre des affaires étrangères et du ministre de l'intérieur est chargée d'examiner les recours administratifs contre les décisions de refus de visa de long séjour prises par les autorités diplomatiques ou consulaires. (…). / La saisine de [cette] autorité (…) est un préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux, à peine d'irrecevabilité de ce dernier. ». Ce recours administratif doit, en vertu de l’article D. 312-4 du même code, être formé dans un délai de trente jours à compter de la notification de la décision de refus de visa.

3. Dans le cas où une décision administrative ne peut, comme en l’espèce, être déférée au juge qu’après l’exercice d’un recours administratif préalable, une requête tendant à la suspension de cette décision peut être présentée au juge des référés dès que ce recours préalable obligatoire a été formé, la mesure ordonnée en ce sens valant, au plus tard, jusqu'à l'intervention de la décision administrative prise sur le recours présenté par l'intéressé. Le requérant doit toutefois démontrer l’urgence particulière qui justifie la saisine du juge des référés avant même que l’administration ait statué sur le recours introduit devant elle.

4. Mme B..., ressortissante camerounaise née le 6 juin 2001, a sollicité auprès de l’autorité consulaire française à Douala, le 13 août 2026, la délivrance d’un visa d’entrée et de long séjour pour études, à la suite de son inscription, en 2026-2027, en première année d’une formation de « manager financier » proposée par l’établissement d’enseignement supérieur privé « Institut catholique supérieur Saint-André » (ICSSA) de Niort. Par une décision du 14 août 2026, l’autorité consulaire a rejeté cette demande. Un recours a été formé auprès de la commission de recours contre les refus de visa d'entrée en France, par courrier adressé le 24 août 2026, dans les conditions prévues par l’article D. 312-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

5. Au soutien de sa demande de suspension, la requérante se borne à faire état de l’imminence de sa rentrée, prévue le 7 septembre prochain. Toutefois, cette seule circonstance est insuffisante à caractériser une situation d’urgence particulière, telle qu’évoquée au point 3, justifiant la suspension des effets de la décision litigieuse avant l’intervention de la décision de la CRRV. En effet, il n’est pas établi par les seules pièces produites que l’intéressée ne pourrait obtenir un aménagement de sa date de rentrée, dans l’attente de l’issue de son recours. Elle ne justifie au demeurant d’aucune circonstance particulière établissant que le refus de visa litigieux serait de nature à porter, en l’espèce, et dans l’attente de l’intervention de la décision de la commission de recours, une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle. Dès lors, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie. Il y a lieu, par suite, de faire application de l’article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C....

Une copie sera adressée au ministre de l’intérieur.

Fait à Nantes, le 1er septembre 2026.

Le juge des référés,





J. Danet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,