mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2001484 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SAADA-DUSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 avril 2020, M. C A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 24 octobre 2019 du président de la communauté d'agglomération de Bourges Plus, en tant qu'il refuse de reconnaître comme imputable au service la rechute dont il a été victime et de prendre en charge les soins et les arrêts de travail postérieurs à cette rechute au titre de l'accident de service survenu le 3 janvier 2019, ainsi que la décision du 10 mars 2020 du président de la communauté d'agglomération de Bourges Plus rejetant son recours gracieux.
Il soutient que :
- les lésions décrites sur le certificat médical de rechute du 26 avril 2019 sont rattachées de façon directe et certaine à l'accident de service du 3 janvier 2019 ;
- l'aggravation de son accident de santé est caractérisée et, par conséquent, la rechute doit également être reconnue comme imputable au service de façon directe et certaine.
Par un mémoire enregistré le 26 août 2020, la communauté d'agglomération Bourges Plus, représentée par Me Saada-Dusart, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable car dirigée uniquement contre la décision du 10 mars 2020, confirmative d'une première décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 20 décembre 2019 ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 14 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Saada-Dusart, représentant la communauté d'agglomération Bourges Plus.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, adjoint technique territorial, exerce les fonctions de plombier au sein de la communauté d'agglomération de Bourges Plus depuis 2004. A la suite d'un accident reconnu imputable au service survenu le 3 janvier 2019, il a déclaré souffrir d'une rechute le 24 avril 2019. Après avis défavorable de la commission départementale de réforme, le président de Bourges Plus a décidé, par arrêté du 24 octobre 2019, de ne pas reconnaître cette rechute comme imputable au service. Par courrier du 20 décembre 2019, M. A a formé un recours gracieux, rejeté par courrier du 10 mars 2020. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 24 octobre 2019 du président de la communauté d'agglomération de Bourges Plus en tant qu'il refuse de reconnaître comme imputable au service la rechute dont il a été victime et de prendre en charge les soins et les arrêts de travail postérieurs à cette rechute au titre de l'accident de service survenu le 3 janvier 2019, ainsi que la décision du 10 mars 2020.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ". En vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ". Enfin, l'article L. 231-4 du même code prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents. Il résulte de l'ensemble des dispositions citées au point précédent qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
3. Le défendeur fait valoir que la requête est irrecevable, les conclusions du requérant étant dirigées uniquement contre la décision du 10 mars 2020 qui n'a qu'un caractère confirmatif. Il est constant que le requérant a formé un recours gracieux en date du 20 décembre 2019 à l'encontre de l'arrêté du 24 octobre 2019, dont la communauté d'agglomération a accusé réception le 23 décembre 2019 et qu'une décision implicite de rejet est née du silence gardé par la collectivité sur ce recours le 23 février 2020. Toutefois, le requérant a été destinataire d'une décision explicite de rejet datée du 10 mars 2020 dans le délai de deux mois dont il disposait pour former un recours. Dès lors, la décision implicite n'ayant pas acquis de caractère définitif, la requête est recevable, contrairement à ce qu'oppose le défendeur.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, seul applicable au litige et dans sa rédaction alors en vigueur, à la date de la déclaration d'accident : " Le fonctionnaire en activité a droit : (). 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. (). Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ".
5. La rechute d'un accident de service se caractérise par la récidive ou l'aggravation subite et naturelle de l'affection initiale après sa consolidation sans intervention d'une cause extérieure. Cependant, lorsque l'état d'un fonctionnaire est consolidé postérieurement à un accident imputable au service, le bénéfice de ces dispositions est subordonné, non pas à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation de sa pathologie, mais à l'existence de troubles présentant un lien direct et certain avec l'accident de service.
6. Au cas d'espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été victime, le 3 janvier 2019, de la chute d'un compteur sur son pied droit, ayant entraîné une contusion de sa cheville droite selon le certificat initial rempli par son médecin traitant le 3 janvier 2019 qui a, le 15 mars 2019, jugé son état de santé consolidé mais avec séquelles. Si ce même médecin a conclu à une rechute sans arrêt de travail par son certificat médical du 26 avril 2019, confirmé par un autre certificat du 13 décembre 2019 établi à la demande du requérant, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de l'expert mandaté par la collectivité en date du 2 juillet 2019 ainsi que de l'avis de la commission de réforme que l'affection du requérant n'a pas récidivé ni ne s'est aggravée. Dès lors, la communauté d'agglomération n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation en refusant de reconnaître une rechute de son état de santé.
7. En revanche, il ressort des pièces du dossier et en particulier du rapport d'expertise que les lésions décrites dans le certificat médical de rechute du 26 avril 2019 présentent un lien direct et certain avec l'accident de service survenu le 3 janvier 2019, comme l'atteste par ailleurs l'IRM de sa cheville réalisée le 7 juin 2019. Dans ces conditions, la communauté d'agglomération a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation en considérant que les arrêts et les soins consécutifs au 26 avril 2019 devaient être pris en charge au titre de la maladie ordinaire et non au titre de l'accident de service.
8. Il résulte de ce qui précède que les décisions attaquées ne doivent être annulées qu'en tant que la communauté d'agglomération de Bourges Plus refuse de prendre en charge les soins et les arrêts de travail consécutifs au 26 avril 2019 au titre de l'accident de service survenu le 3 janvier 2019.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. A, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la communauté d'agglomération Bourges Plus une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 24 octobre 2019 et la décision du 10 mars 2020 sont annulés en tant qu'ils portent refus de prise en charge des arrêts de travail et des soins consécutifs au 26 avril 2019 au titre de l'accident de service survenu le 3 janvier 2019.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la communauté d'agglomération Bourges Plus présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et à la communauté d'agglomération Bourges Plus.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Vincent, première conseillère,
M. Joos, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
Laurence B
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSALa greffière,
Sarah LEROY
La République mande et ordonne au préfet du Cher en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026