jeudi 16 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2002605 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
F une requête, enregistrée le 27 juillet 2020 et un mémoire enregistré le 14 octobre 2022, Mme D A, représentée F Me Baron, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2020 de la directrice du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours refusant de l'indemniser ;
2°) de condamner le CHRU de Tours à lui verser la somme globale de 546 316,65 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 29 mai 2020 et de la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Tours le versement de la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de condamner cet établissement à supporter les dépens.
Elle soutient que :
- la prise en charge F le CHRU a été défaillante dès lors que l'imprécision du compte rendu anatomopathologique de la pièce d'hystérectomie ne pouvait permettre de décider d'une lymphadénectomie pelvienne complémentaire ; une relecture des lames s'imposait avant réalisation de tout geste complémentaire ; le constat d'absence d'hyperfixation au niveau des ganglions pelviens n'était pas en faveur de la présence d'emboles ;
- elle n'a pas été informée du risque d'envahissement ganglionnaire pelvien ni de la possibilité de recourir à la technique du ganglion sentinelle ;
- elle a subi un accident médical à l'occasion de l'intervention de curage ganglionnaire pelvien bilatéral ;
- elle a subi plusieurs préjudices se caractérisant F la nécessité d'une aide F tierce personne, un déficit fonctionnel temporaire, un déficit fonctionnel permanent, des souffrances endurées temporaires et définitives, un préjudice esthétique temporaire et définitif, la perte de gains professionnels et l'incidence professionnelle, un préjudice d'agrément, un préjudice sexuel et un préjudice d'établissement.
F un mémoire, enregistré le 24 mars 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher agissant pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire, représentée F Me Maury, demande au tribunal :
1°) de condamner solidairement le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours et son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM) à lui verser la somme de 49 611,47 euros en remboursement des débours exposés pour le compte de son assurée, Mme A, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de condamner solidairement le CHRU de Tours et son assureur, la SHAM, à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de mettre à la charge solidaire du CHRU de Tours et de son assureur, la SHAM, le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
La caisse soutient que :
- la responsabilité du CHRU de Tours doit être engagée ainsi que l'a estimé la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) dans son avis du 21 juin 2018 ;
- elle a exposé des débours pour le compte de son assurée (dépenses de santé actuelles et futures comprenant les frais hospitaliers, médicaux et pharmaceutiques, les frais de transports et de franchise).
F des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2022 et le 24 février 2023, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), devenue société Relyens Mutual Insurance, représentés F Me Derec, concluent à titre principal, au rejet de la requête et à titre subsidiaire, à la limitation de l'indemnisation à la somme de 140 957,07 euros (ou 141 300,59 euros sous réserve des pièces justificatives), à ce qu'il soit statué ce que de droit sur la demande de la CPAM de Loir-et-Cher à hauteur des sommes de 49 611,47 euros au titre des débours et de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion et enfin, à la limitation des indemnités pour frais de justice, le cas échéant allouées, à la somme de 1 200 euros.
Le CHRU de Tours et la SHAM soutiennent que :
- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt et de qualité à agir dès lors que Mme A a dû percevoir une indemnisation de la part de l'ONIAM, lequel est subrogé dans ses droits à concurrence des sommes versées ;
- les préjudices ne sont pas en lien avec les fautes alléguées mais avec la survenue d'un accident médical résultant d'un aléa thérapeutique ;
- subsidiairement, les demandes indemnitaires doivent être revues à la baisse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E,
- les conclusions de Mme Palis De Koninck, rapporteure publique,
- et les observations de Me Barata, substituant Me Derec, représentant le CHRU de Tours et la SHAM, devenue société Relyens Mutual Insurance.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D A a été prise en charge au sein du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, à compter du mois d'août 2014, à la suite de la découverte d'une lésion malpighienne intra épithéliale de haut grade. Le 26 août 2014, hospitalisée dans le service de gynécologie de cet établissement, elle a subi une conisation sans curetage. L'examen anatomopathologique a retrouvé une " néoplasie intra-épithéliale cervicale de haut grade CIN 3 très floride et étendue circonférentiellement Plusieurs foyers de microinfiltrations du chorion. Il n'a pas été vu d'emboles vasculaires. ". A la suite d'une réunion de concertation pluridisciplinaire, il a été décidé de procéder à une hystérectomie extra-faciale, laquelle a été réalisée le 16 octobre suivant.
2. Le 25 novembre 2014, il a été procédé à un curage ganglionnaire sous coelioscopie classique au décours duquel une lésion du nerf génito-fémoral est survenue, qui a été à l'origine d'une névralgie fémoro-génitale invalidante. L'examen anatomopathologique réalisé à la suite de cette intervention a conclu à l'absence de métastase des quatorze ganglions pelviens droits et des onze ganglions du curage pelvien gauche. Mme A a été hospitalisée du 16 au 22 septembre 2015 en raison de douleurs neuropathiques invalidantes et a suivi un traitement antidouleur. Elle a été, F la suite, de nouveau hospitalisée au centre d'évaluation et du traitement de la douleur au sein de l'hôpital privé du Confluent.
3. Mme A a saisi la commission de conciliation et d'indemnisation des
accidents médicaux (CCI). Le docteur C a été désigné en qualité d'expert et a déposé son rapport le 24 décembre 2016 au terme duquel il a considéré que l'état de santé de la patiente n'était pas consolidé. Le 8 mars 2017, la CCI a sursis à statuer dans l'attente d'une nouvelle mesure d'expertise réalisée après la consolidation. Le docteur B, désigné F la CCI, a établi son rapport le 25 mars 2018. La CCI a finalement rendu son avis le 21 juin 2018 et a considéré que la prise en charge globale de Mme A F le CHRU de Tours n'avait pas été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science et qu'il incombait à cet établissement de réparer l'ensemble des préjudices subis. La demande indemnitaire formée F Mme A le 29 mai 2020 a été rejetée F le CHRU le 22 juin suivant.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de rejet de la réclamation préalable :
4. En formulant des conclusions indemnitaires, la requérante a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de la requérante à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. F suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 22 juin 2020 du CHRU de Tours rejetant sa demande indemnitaire doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée en défense :
5. Le CHRU de Tours fait valoir que la demande indemnitaire est irrecevable dès lors que Mme A a dû percevoir une indemnisation de la part de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), lequel a informé la SHAM, F lettre du 24 juin 2019, de ce qu'il avait donné son accord pour la prise en charge du dossier de Mme A dans le cadre de la substitution. Il en déduit que l'ONIAM est subrogé dans les droits de la requérante à concurrence des sommes versées, de telle sorte que cette dernière est irrecevable à agir pour défaut d'intérêt et de qualité. Cependant, et en tout état de cause, Mme A établit F la production d'une lettre adressée le 12 mai 2022 à son conseil n'avoir perçu aucune indemnisation de la part de l'ONIAM agissant en lieu et place du centre hospitalier défaillant. La fin de non-recevoir doit dès lors être écartée.
En ce qui concerne la responsabilité :
6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / () / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé F décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. () ". En vertu des articles L. 1142-17 et L. 1142-22 du même code, la réparation au titre de la solidarité nationale est assurée F l'ONIAM.
7. Si les dispositions du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique citées au point précédent font obstacle à ce que l'ONIAM supporte au titre de la solidarité nationale la charge de réparations incombant aux personnes responsables d'un dommage en vertu du I du même article, elles n'excluent toute indemnisation F l'office que si le dommage est entièrement la conséquence directe d'un fait engageant leur responsabilité. Dans l'hypothèse où un accident médical non fautif est à l'origine de conséquences dommageables mais où une faute commise F une personne mentionnée au I de l'article L. 1142-1 a fait perdre à la victime une chance d'échapper à l'accident ou de se soustraire à ses conséquences, le préjudice en lien direct avec cette faute est la perte de chance d'éviter le dommage corporel advenu et non le dommage corporel lui-même, lequel demeure tout entier en lien direct avec l'accident non fautif. F suite, un tel accident ouvre droit à réparation au titre de la solidarité nationale si ses conséquences remplissent les conditions posées au II de l'article L. 1142-1 et présentent notamment le caractère de gravité requis, l'indemnité due F l'ONIAM étant seulement réduite du montant de l'indemnité mise, le cas échéant, à la charge du responsable de la perte de chance, égale à une fraction du dommage corporel correspondant à l'ampleur de la chance perdue.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du second rapport d'expertise, que l'indication d'un curage ganglionnaire pelvien bilatéral a été posée après l'examen anatomopathologique d'une pièce de conisation issue de l'intervention du 26 août 2014, et qu'il a été décidé dans le doute quant à l'existence d'une lésion de type embole et à la présence de nombreux foyers infiltrants sur conisation, de proposer à la patiente un curage pelvien coelioscopique. Cependant, si l'examen anatomopathologique réalisé à la suite de l'opération du 16 octobre 2014 a indiqué qu'il s'agissait d'un carcinome micro-invasif, il n'a pas en revanche précisé le stade IA 1 ou 2 selon la classification FIGO. Ce faisant, le diagnostic d'embole tumoral a été posé de manière incertaine, alors qu'il n'y avait pas eu de relecture des lames pour affirmer un tel diagnostic d'emboles néoplasiques. Il résulte en outre de l'instruction, et notamment du second rapport d'expertise, que compte tenu de la négativité du Pet Scan, l'indication d'un curage ganglionnaire ne s'imposait pas. Le docteur B estime qu'en l'espèce, il aurait fallu recourir à la technique du ganglion sentinelle pour éviter un curage ganglionnaire bilatéral étendu, lequel s'est finalement avéré inutile, et ainsi, éviter la complication nerveuse, à savoir la section du nerf génito-fémoral, qui est survenue. F suite, il résulte de l'instruction que l'équipe médicale du CHRU de Tours a commis une faute en posant une indication opératoire de curage ganglionnaire bilatéral alors qu'aucun des examens pratiqués ne permettait d'affirmer l'existence, ou à tout le moins une probabilité importante d'existence, d'emboles tumorales. F suite, la faute commise F le CHRU de Tours est entièrement à l'origine de la réalisation de l'intervention au cours de laquelle s'est produit un accident médical non fautif. La requérante est donc fondée à engager la responsabilité du CHRU de Tours à raison des dommages subis du fait de cette faute.
9. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus ". Il résulte de ces dispositions que doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui, soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence.
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B, que Mme A n'a été informée ni du risque réel d'invasion tumorale ganglionnaire, qui s'avérait en l'espèce très faible, ni de l'existence d'une technique alternative moins invasive que le curage, en l'occurrence la technique du ganglion sentinelle, qui aurait permis de confirmer l'absence d'envahissement tumoral ganglionnaire. Mme A est ainsi fondée à soutenir que le CHRU de Tours a commis une faute dans l'information qui lui a été délivrée.
En ce qui concerne la fraction du préjudice indemnisable :
11. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise F l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue. Il en va de même en cas d'infection nosocomiale.
12. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, le CHRU de Tours a commis une faute dans la prise en charge de Mme A, qui s'est révélée inadaptée, ainsi qu'une faute dans la délivrance de l'information préalablement à la réalisation de l'opération du 25 novembre 2014. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du docteur B, que les fautes commises ont conduit à la réalisation d'une intervention qui n'était pas justifiée, au cours de laquelle est survenu un accident médical non fautif. F suite, il y a lieu de retenir que le dommage subi F la requérante est directement et entièrement en lien avec les fautes commises et qu'il y a lieu, dès lors, de mettre à la charge du CHRU de Tours la réparation de l'entier dommage subi F l'intéressée.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices de Mme A :
13. Il résulte de l'instruction, et en particulier de rapport d'expertise du docteur B, que la date de consolidation de l'état de santé de Mme A a été fixée au 25 octobre 2017.
S'agissant des préjudices temporaires :
Quant aux préjudices patrimoniaux temporaires :
Sur les dépenses de santé actuelles :
14. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée F des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée F des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale. Dans l'hypothèse où la victime, régulièrement appelée dans l'instance, n'a pas sollicité l'indemnisation d'un poste de préjudice au titre duquel la caisse demande le remboursement F le tiers responsable des prestations le réparant de manière incontestable, la caisse ne tient pas des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale une priorité qui lui permettrait à son tour, en faisant état du préjudice total subi F la victime, d'obtenir le remboursement de l'intégralité des prestations qu'elle a versées. Elle peut, en revanche, demander au juge, indépendamment de la priorité accordée à la victime, le remboursement de ses débours dans la limite de la part des conséquences dommageables de l'accident dont le tiers est directement responsable.
15. En premier lieu, Mme A demande le remboursement de l'achat d'un fauteuil coquille dont l'expert a reconnu l'utilité. Cependant, F les pièces qu'elle produit, la requérante ne justifie aucunement avoir acquis un tel matériel ou, à tout le moins, en avoir supporté le coût d'acquisition. La demande à ce titre est rejetée.
16. En second lieu, la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire, demande le remboursement des débours qu'elle a engagés au profit de son assurée en lien avec les conséquences des fautes commises F le centre hospitalier. Elle justifie avoir supporté jusqu'à la date de consolidation, soit jusqu'au 25 octobre 2017, des frais d'hospitalisation, des frais médicaux, des frais pharmaceutiques, des frais d'appareillage et des frais de transport pour un montant évalué à la somme totale de 29 882,17 euros. S'agissant de la période comprise entre le 25 octobre 2017 et le 13 janvier 2022, les dépenses de santé supportées F la caisse au profit de Mme A s'élèvent à la somme de 1 233,83 euros. Enfin, entre le 14 janvier 2022 et la date de mise à disposition du présent jugement, soit le 16 mars 2023, il y a lieu de fixer les frais résultant de la prise en charge médicale de la requérante, et correspondant à une consultation de médecine générale F an, à la prise d'antalgiques et aux frais d'appareillage, à la somme de 297,55 euros.
17. Il résulte de ce qui a été énoncé au point précédent que le montant total des dépenses actuelles de santé exposées F la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher pour le compte de Mme A en lien avec les fautes commises F le CHRU de Tours dans la prise en charge de l'intéressée, s'élève à la somme de 31 413,55 euros.
Sur les frais d'assistance F tierce personne temporaires :
18. Lorsque le juge administratif indemnise, dans le chef de la victime d'un dommage corporel, la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, F référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues F l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié F les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée F un membre de la famille ou un proche de la victime. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la personne handicapée sera placée dans une institution spécialisée ou hébergée au domicile de sa famille, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en précisant le mode de calcul de cette rente dont le montant doit dépendre du temps passé au domicile familial au cours du trimestre.
19. F ailleurs, en vertu des principes qui régissent l'indemnisation F une personne publique des victimes d'un dommage dont elle doit répondre, il y a lieu de déduire de l'indemnisation allouée à la victime d'un dommage corporel au titre des frais d'assistance F une tierce personne le montant des prestations dont elle bénéficie F ailleurs et qui ont pour objet la prise en charge de tels frais. Il en est ainsi alors même que les dispositions en vigueur n'ouvrent pas à l'organisme qui sert ces prestations un recours subrogatoire contre l'auteur du dommage. La déduction n'a toutefois pas lieu d'être lorsqu'une disposition particulière permet à l'organisme qui a versé la prestation d'en réclamer le remboursement au bénéficiaire s'il revient à meilleure fortune.
20. Enfin, en vertu de l'article L. 245-1 du code de l'action sociale et des familles, la prestation de compensation du handicap est destinée à compenser les frais de toute nature liés au handicap. Aucune disposition législative ou réglementaire ne prévoit la récupération de cette allocation en cas de retour de son bénéficiaire à meilleure fortune. Il suit de là que le montant de la prestation de compensation du handicap peut être déduit d'une rente ou indemnité allouée au titre de l'assistance F tierce personne.
21. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B, que l'état de santé de Mme A, qui ne bénéficie pas de la prestation de compensation du handicap, a nécessité jusqu'à la date de sa consolidation, l'assistance d'une tierce personne non spécialisée à raison de trois heures F semaine. Après la date de consolidation, le même expert a estimé que le volume de l'aide de même nature que l'état de santé de la requérante allait continuer à nécessiter, devait être évalué entre deux et trois heures F semaine. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de fixer à deux heures et demi la durée hebdomadaire du besoin définitif d'assistance F une tierce personne de la requérante. Enfin, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus F l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ce besoin sur la base d'une année de quatre-cent-douze jours.
22. En l'espèce, l'aide F une tierce personne que nécessite l'état de santé de la requérante se limitant à un accompagnement dans les gestes de la vie quotidienne, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi en l'indemnisant, depuis le 25 novembre 2014 jusqu'à la date de mise à disposition du présent jugement, soit le 16 mars 2023, sur la base d'un taux horaire moyen de 13,34 euros en 2014, 13,45 euros en 2015, 13,54 euros en 2016, 13,66 euros en 2017, 13,83 euros en 2018, 14 euros en 2019, 14,21 euros en 2020, 14,67 euros en 2021, 14,79 euros en 2022 et 15,77 euros en 2023. Ainsi, la requérante peut prétendre à une somme de 18 283 euros au titre de l'aide F une tierce personne entre le 25 novembre 2014 et la date de mise à disposition du présent jugement.
Sur les pertes de revenus temporaires :
23. Mme A demande l'indemnisation des pertes de revenus au titre de la seule année 2015 au cours de laquelle elle n'a, toutefois, perçu aucun revenu. F ailleurs, il résulte de l'instruction, et notamment des rapports d'expertise des docteurs C et B, que préalablement à l'intervention du 25 novembre 2014, la requérante n'exerçait plus d'activité professionnelle et ceci, depuis le mois de janvier 2011. F suite, sa demande tendant à être indemnisée au titre d'une perte de revenus ne peut qu'être rejetée.
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Sur le déficit fonctionnel temporaire :
24. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B, que Mme A a présenté un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 80 % entre le 25 novembre 2014 et le 25 octobre 2017, date de la consolidation de son état. Dans ces conditions, et en retenant un taux d'indemnisation de 500 euros F mois au titre de ce préjudice, il y a lieu d'accorder à l'intéressée la somme globale de 14 200 euros.
Sur les souffrances endurées :
25. Il sera fait une juste appréciation des souffrances endurées jusqu'à la date de consolidation, qui ont été évaluées F l'expert à 5 sur une échelle de 7, en octroyant à Mme A à ce titre la somme de 14 000 euros.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant aux préjudices patrimoniaux permanents :
Sur les dépenses de santé futures :
26. Eu égard aux dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale qui limitent le recours subrogatoire des caisses de sécurité sociale à l'encontre du responsable d'un accident corporel aux préjudices qu'elles ont pris en charge, le remboursement des prestations qu'une caisse sera amenée à verser à l'avenir, de manière certaine, prend normalement la forme du versement d'une rente et ne peut être mis à la charge du responsable sous la forme du versement immédiat d'un capital représentatif qu'avec son accord.
27. En l'espèce, le CHRU de Tours ne s'oppose pas au versement d'un capital. La caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher fait valoir que l'état de santé de la requérante résultant des fautes commises implique une prise en charge médicale avec une consultation de médecine générale F an, la prise d'antalgiques et des frais d'appareillage, soit un montant de 297,55 euros F année. Eu égard à l'âge de la requérante à la date de mise à disposition du présent jugement, il y a lieu de capitaliser cette somme et de condamner solidairement le CHRU de Tours et son assureur, la SHAM, devenue société Relyens Mutual Insurance, à verser à la caisse la somme de 8 903,29 euros.
Sur l'aide F une tierce personne à titre définitif :
28. Pour l'avenir, c'est-à-dire pour la période postérieure au 16 mars 2023, date de mise à disposition au greffe du présent jugement, la requérante demande le versement d'un capital au titre de l'aide F une tierce personne que nécessite son état de santé. Pour les préjudices futurs de la victime non couverts F des prestations, il appartient au juge de décider si leur réparation doit prendre la forme du versement d'un capital ou d'une rente selon que l'un ou l'autre de ces modes d'indemnisation assure à la victime, dans les circonstances de l'espèce, la réparation la plus équitable. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer lorsqu'il se prononce si la victime sera placée dans une institution spécialisée ou si elle sera hébergée au domicile familial, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en fixant un taux quotidien et en précisant que la rente sera versée au prorata du nombre de nuits ou d'heures qu'elle aura passées à ce domicile au cours du trimestre considéré.
29. Dans la mesure où l'état de santé de Mme A est consolidé depuis le mois d'octobre 2017 et n'est donc pas susceptible d'évolution de nature à entrainer une prise en charge différente, notamment dans un établissement adapté, les frais afférents au besoin d'assistance de Mme A F une tierce personne doivent être réparés F le versement d'un capital représentatif de ces frais futurs.
30. Au vu notamment du besoin d'assistance F tierce personne de Mme A tel qu'il a été défini au point 21 du présent jugement, et qui s'établit à deux heures et demi d'aide non spécialisée F semaine, et eu égard au barème de capitalisation applicable compte tenu de l'âge de Mme A, il y a lieu de condamner le CHRU de Tours à verser à l'intéressée à ce titre, une somme de 69 195 euros.
Sur l'incidence professionnelle :
31. Le préjudice relatif à l'incidence professionnelle du dommage corporel " peut notamment inclure la perte d'une chance professionnelle, l'augmentation de la pénibilité de l'emploi occupé, les dépenses exposées en vue du reclassement professionnel, de la formation et de l'adaptation au poste occupé ou à un nouveau poste et la perte d'une pension de retraite. Le fait que la victime puisse reprendre une activité professionnelle quelconque ne fait pas obstacle à l'indemnisation de ce poste.
32. En l'espèce, il résulte de l'instruction que Mme A, qui n'occupait pas d'emploi avant l'intervention du 25 novembre 2014 mais avait pour projet avec son ex-mari de prendre l'exploitation d'un commerce, présente désormais d'importantes restrictions à l'emploi. Il résulte à cet égard de l'instruction, et notamment du rapport établi F le second expert désigné F la CCI, que la requérante ne peut plus exercer sur des postes pénibles et contraignants en termes de trajet et qu'elle doit occuper un poste sédentaire en raison des troubles de la marche. Dans ces circonstances, il sera fait une juste appréciation, compte tenu de l'âge de la requérante à la date de la consolidation, en lui octroyant à ce titre une somme de 15 000 euros.
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Sur le déficit fonctionnel permanent :
33. Mme A sollicite le versement d'une somme de 180 000 euros en réparation de son déficit fonctionnel permanent, qui a été évalué à un taux de 60 % F le docteur B dans son rapport d'expertise. Compte tenu de l'âge de Mme A à la date de consolidation de son état de santé en 2017, soit trente-neuf ans, il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Tours le versement à l'intéressée de la somme de 170 000 euros au titre de son déficit fonctionnel permanent.
Sur le préjudice esthétique :
34. Il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique temporaire a été évalué à 0,5 sur une échelle de 7 F le docteur B. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en octroyant à la requérante la somme de 500 euros.
Sur le préjudice d'agrément :
35. Si Mme A soutient qu'elle ne peut plus s'adonner aux activités de loisirs qu'elle pratiquait avant l'intervention du 25 novembre 2014, elle ne fournit aucune précision ni aucun justificatif de nature à démontrer la réalité de ces activités. Aucune indemnisation ne peut, F suite, lui être allouée à ce titre.
Sur le préjudice sexuel :
36. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que Mme A ne peut plus avoir de rapports sexuels en raison des douleurs qu'elle éprouve. Le docteur B relève que cette situation a été à l'origine, de la part du mari de la requérante, d'un harcèlement verbal qui a été quotidien et a conduit au divorce du couple. Compte tenu de l'âge de Mme A à la date de consolidation, soit trente-neuf ans, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui allouant une réparation de 15 000 euros.
Sur le préjudice d'établissement :
37. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du docteur B, que Mme A, qui a divorcé après l'intervention chirurgicale litigieuse et qui n'a pas obtenu la garde de ses enfants, dont elle indique qu'elle n'est pas en mesure de s'occuper et qu'elle ne voit que rarement dès lors qu'ils sont pris en charge F son ex-mari, subit un préjudice d'établissement en raison de la gravité de son handicap. Il en sera fait une juste appréciation en lui accordant, à ce titre, une somme de 5 000 euros.
38. Il résulte de tout ce qui précède, d'une part, que l'indemnité totale à laquelle a droit Mme A et qui doit être mise à la charge du CHRU de Tours s'élève à la somme de 321 178 euros. D'autre part, l'indemnité que devront solidairement verser le CHRU de Tours et son assureur à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire, s'élève à la somme totale de 40 316,84 euros.
Sur les intérêts :
39. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et que, d'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
40. Mme A demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande d'intérêts à compter du 22 juin 2020, date de la décision de refus d'indemnisation opposée F le CHRU de Tours. La capitalisation s'accomplit ensuite à chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à la demande de capitalisation à compter du 22 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle.
41. La caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal. Il y a lieu de faire droit à cette demande d'intérêts à compter, comme elle le demande, du 24 mars 2022, date d'enregistrement au greffe de ses écritures.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
42. L'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale permet aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées F arrêté. L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 fixe les montants minimum et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à respectivement 115 euros et 1 162 euros.
43. Eu égard au montant des sommes accordées à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, il y a lieu de condamner solidairement le CHRU de Tours et la société Relyens Mutual Insurance à lui verser la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les dépens :
44. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions de la requérante tendant à ce que le CHRU de Tours soit condamné aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
45. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CHRU de Tours une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des frais exposés F elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu également de mettre à la charge solidaire de cet établissement et de son assureur, la SHAM, devenue société Relyens Mutual Insurance, une somme de 1 500 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours est condamné à verser une somme de 321 178 euros à Mme D A en réparation de ses préjudices. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 22 juin 2020. Les intérêts échus seront eux-mêmes capitalisés à compter du 22 juin 2021 puis à chaque échéance annuelle.
Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser une somme de 40 316,84 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire. Cette somme sera majorée des intérêts au taux légal à compter du 24 mars 2022.
Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance sont condamnés solidairement à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher, agissant au nom et pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie d'Indre-et-Loire la somme de 1 162 euros en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 4 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours versera une somme de 1 500 euros à Mme D A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le centre hospitalier régional universitaire de Tours et la société Relyens Mutual Insurance verseront une somme de 1 500 euros à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, au centre hospitalier régional universitaire de Tours, à la société Relyens Mutual Insurance et à la caisse primaire d'assurance maladie de Loir-et-Cher.
Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
M. Viéville, premier conseiller,
M. Nehring, conseiller.
Rendu public F mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.
Le rapporteur,
Sébastien VIEVILLE
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Agnès BRAUD
La République mande et ordonne au ministre la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026