mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2004523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SAADA-DUSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2020 et des mémoires complémentaires enregistrés les 19 juillet 2021 et 7 février 2022, M. C D, représenté par Me Saada-Dusart, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision née le 20 septembre 2020 du silence de la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours sur sa demande tendant à se voir présenter trois propositions d'admission en master 1 ensemble la décision du 29 septembre 2020 lui indiquant que les recherches se poursuivaient et la décision du 2 décembre 2020 ne formulant aucune proposition au motif que les demandes d'admission étaient en attente de traitement par d'autres services rectoraux et universités ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées en fait et aucunement en droit ;
- elles méconnaissent les articles L.612-6 et R.612-36-3 du code de l'éducation qui posent une obligation de résultat pour le rectorat car lorsque le recteur est saisi d'une demande tendant à se voir présenter trois propositions d'admission en Master, il est tenu de le faire ; alors que la demande datait du 20 juillet 2020, aucune démarche n'a été entreprise avant le 9 septembre 2020, soit avant la rentrée universitaire ; ensuite, les demandes d'admission n'ont concerné que onze formations, alors qu'il existe plus de 700 masters en droit en France ; sur les neuf universités sollicitées, quatre n'ont certes jamais répondu, mais n'ont jamais été relancées non plus par les services du rectorat d'Orléans ; après le 4 novembre 2020, et alors que le recteur est tenu d'une obligation de résultats sur trois ans, plus aucune démarche n'a été faite.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er décembre 2021 et un mémoire déposé le 9 septembre 2022, la rectrice de l'académie d'Orléans-Tours conclut au non-lieu à statuer sur la requête et au rejet de celle-ci à titre principal comme irrecevable, à titre subsidiaire comme ayant perdu son objet, à titre très subsidiaire comme infondée.
Elle soutient que :
- la requête a perdu son objet car le requérant a par mémoire du 19 juillet 2021 indiqué avoir trouvé une inscription en master 1 ;
- à la date du 20 septembre 2020 il n'y avait pas de décision implicite de rejet car elle disposait d'un délai de 2 mois pour trouver une inscription ; les courriels d'information en date des 29 septembre 2020 et 2 décembre 2020 ne constituent pas non plus des décisions ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente-rapporteure ;
- les conclusions de Mme A de Gand, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Saada-Dusart représentant M. D et de Mme B, représentant le recteur de l'académie d'Orléans-Tours.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D a suivi des études de droit à l'Université d'Orléans puis à l'Université de Tours au titre de l'année 2019/2020. Il a obtenu une licence en droit, licence de droit, économie, gestion, mention droit, parcours type droit privé. Pour l'année 2020/2021, il a formulé plusieurs demandes d'inscription en première année de Master, dans différentes universités, qui ont toutes été rejetées. Le 20 juillet 2020, il s'est donc inscrit sur la plateforme " Trouvermonmaster.gouv.fr ", afin de se voir présenter trois propositions d'inscription en Master. Le 29 septembre 2020, les services du rectorat lui ont indiqué poursuivre " activement leurs recherches auprès des établissements d'enseignement supérieur " afin que des propositions puissent être formulées. Le 2 décembre 2020 enfin, la même autorité lui a indiqué que des demandes d'admission dans différents masters avaient bien été envoyées auprès d'universités et autres rectorats, mais que les unes avaient été rejetées par les établissements, et que les autres étaient en attente de traitement par les rectorats, avant un éventuel transfert vers les universités concernées. M. D qui considère d'une part, que le 20 septembre 2020 aucune proposition ne lui étant parvenue, une décision implicite de rejet de sa demande par la rectrice était acquise, d'autre part que les courriels du rectorat en date des 29 septembre 2020 puis 2 décembre 2020 ne constituent pas de simples lettres d'attente mais lui font grief dès lors que la rectrice ne formule pas trois propositions d'admission et doit être regardée comme rejetant ainsi expressément la demande du 20 juillet 2020, demande l'annulation de ces trois décisions.
Sur les courriels
2. Ainsi que l'oppose la rectrice, les courriels en date des 29 septembre 2020 puis 2 décembre 2020 constituent de simples lettres d'attente et ne font pas grief au requérant. Les conclusions à fin d'annulation de ces courriels ne peuvent dès lors qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur la décision implicite née du silence de la rectrice sur la demande tendant à se voir présenter trois propositions d'admission en master 1
En ce qui concerne l'exception de non-lieu
3. Si, ainsi que le fait valoir la rectrice, il ressort des pièces du dossier que le requérant a trouvé, de son propre fait, une inscription en master 1 pour l'année universitaire 2021-2022, cette circonstance ne rend pas sans objet les conclusions de la requête dirigées contre la décision de la rectrice relative à sa demande de se voir présenter trois propositions d'admission en master 1. Dès lors, l'exception de non-lieu doit être écartée.
En ce qui concerne la légalité de la décision implicite
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 232-4 du même code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
5. M. D n'établit ni même n'allègue avoir sollicité auprès de la rectrice de l'académie d'orléans-Tours les motifs de la décision implicite dont il demande l'annulation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de cette décision doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'éducation, dans sa version applicable au litige : " Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. / Cependant, s'ils en font la demande, les titulaires du diplôme national de licence sanctionnant des études du premier cycle qui ne sont pas admis en première année d'une formation du deuxième cycle de leur choix conduisant au diplôme national de master se voient proposer l'inscription dans une formation du deuxième cycle en tenant compte de leur projet professionnel et de l'établissement dans lequel ils ont obtenu leur licence, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat pris après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. / Cette demande est faite par l'étudiant immédiatement après l'obtention de la licence sanctionnant des études du premier cycle ou de manière différée. / Les capacités d'accueil fixées par les établissements font l'objet d'un dialogue avec l'Etat. / Les titulaires du diplôme national de licence sanctionnant des études du premier cycle qui ne poursuivent pas une formation du deuxième cycle sont informés des différentes perspectives qui s'offrent à eux en matière d'insertion professionnelle ou de poursuite de leur formation. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités de cette information ". Aux termes de l'article R. 612-36-3 du même code, dans sa version applicable au litige : " I.- Un étudiant titulaire du diplôme national de licence qui n'a reçu aucune réponse positive à ses demandes d'admission en première année d'une formation conduisant au diplôme national de master pour une année universitaire se voit présenter, à sa demande et pour cette même année universitaire, par le recteur de la région académique dans laquelle il a obtenu son diplôme national de licence et après accord des chefs d'établissement concernés, au moins trois propositions d'admission dans une formation conduisant au diplôme national de master. Ces propositions tiennent compte de l'offre de formation existante, des capacités d'accueil telles que définies à l'article L. 612-6, du projet professionnel de l'étudiant et de la compatibilité de la mention du diplôme national de licence qu'il a obtenu avec les mentions de master existantes, telle que définie par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur. / L'étudiant saisit le recteur de région académique, par l'intermédiaire d'un téléservice national créé à cet effet par arrêté du ministre chargé de l'enseignement supérieur () / Le recteur de région académique veille à ce que l'une au moins des trois propositions d'inscription faites à l'étudiant concerne en priorité l'établissement dans lequel il a obtenu sa licence lorsque l'offre de formation dans cet établissement le permet et, à défaut, un établissement de la région académique dans laquelle l'étudiant a obtenu sa licence. / () II.- Les dispositions du I sont applicables aux titulaires du diplôme national de licence candidats à une inscription en première année de formation conduisant au diplôme national de master pour les trois années universitaires qui suivent l'obtention de la licence ".
7. Il résulte de ces dispositions, qui permettent aux étudiants de leur garantir de poursuivre une formation conduisant à un diplôme de master compatible avec leur projet professionnel et leur diplôme, que la présentation par le recteur de la région académique de trois propositions d'admission dans une formation est soumise à la condition préalable d'avoir obtenu l'accord des chefs d'établissements sollicités.
8. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite de la demande de l'intéressé déposée le 20 juillet 2020 sur le téléservice national " Trouver Mon Master ", le recteur de la région académique d'Orléans-Tours, qui a notamment tenu compte de l'offre de formation existante, des capacités d'accueil, du projet professionnel de M. D et de la compatibilité de la mention du diplôme national de licence qu'il a obtenu avec les mentions de master existantes, a soumis sa candidature auprès de neuf établissements d'enseignement supérieur, pour onze formations. Toutefois, les chefs des établissements concernés n'ont pas donné suite à la candidature présentée pour M. D dans le cadre de cette procédure, ce qui a placé la rectrice dans l'impossibilité de proposer à l'intéressé au moins trois propositions d'admission dans une formation conduisant au diplôme national de master, en application des dispositions précitées des articles L. 612-6 et R. 612-36-3 du code de l'éducation, qui, contrairement à ce que soutient le requérant, ne créent pas une obligation de résultats à l'égard du recteur de la région académique concernée, mais une obligation de moyens dès lors qu'elles prévoient l'existence d'un accompagnement personnalisé afin d'aider les étudiants à poursuivre leurs études en Master. Dans ces conditions, et alors par ailleurs qu'il ressort des pièces du dossier que M. D, invité à poursuivre ses candidatures d'admission en master a obtenu une inscription en master 1 pour la rentrée universitaire 2021-2022, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées des articles L. 612-6 et R. 612-36-3 du code de l'éducation doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie d'Orléans-Tours.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère.
M. Joos, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.
La présidente-rapporteure,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
L'assesseure la plus ancienne,
Hélène DEFRANC-DOUSSET
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026