Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2101626

jeudi 27 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2101626
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 mai 2021 et le 23 février 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Barmainville a délivré, au nom de l'Etat, un certificat d'urbanisme opérationnel négatif concernant la construction d'une maison d'habitation.

Il soutient que :

- l'opération projetée est possible dès lors que la parcelle cadastrée section B n° 220, dont il est également propriétaire, est viable et raccordée aux différents réseaux et que six bornes incendie sont présentes dans le hameau composé d'une soixantaine d'habitants ;

- l'arrêté est entaché d'un détournement de pouvoir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 août 2022, le préfet d'Eure-et-Loir conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pajot,

- les conclusions de Mme Best de Gand, rapporteure publique,

- et les observations de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 9 mars 2021, M. A a déposé une demande de certificat d'urbanisme sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme pour un terrain situé rue Robert Pichard sur le territoire de la commune de Barmainville (Eure-et-Loir), parcelle cadastrée section B n° 221, afin d'y réaliser une opération consistant en la construction d'une habitation. Par un arrêté du 27 avril 2021, le maire de la commune a délivré, au nom de l'Etat, un certificat d'urbanisme négatif.

2. Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; / b) Indique en outre, lorsque la demande a précisé la nature de l'opération envisagée ainsi que la localisation approximative et la destination des bâtiments projetés, si le terrain peut être utilisé pour la réalisation de cette opération ainsi que l'état des équipements publics existants ou prévus. () ". Aux termes de l'article A. 410-4 du même code : " Le certificat d'urbanisme précise : / a) Les dispositions d'urbanisme et les servitudes d'utilité publique applicables au terrain ; / b) Si le terrain est situé ou non à l'intérieur du périmètre d'un des droits de préemption définis par le code de l'urbanisme ; / c) La liste des taxes d'urbanisme exigibles ; / d) La liste des participations d'urbanisme qui peuvent être prescrites ; / e) Si un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis ; / f) Si le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'État ".

3. Aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / Il peut également être refusé ou n'être accepté que sous réserve de prescriptions spéciales si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. "

4. L'administration et le juge administratif doivent, pour l'application des règles d'urbanisme relatives à la desserte et à l'accès des engins d'incendie et de secours, s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie.

5. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle cadastrée section B n° 221 est située en second rang par rapport à la voie publique rue Robert Pichard. Si le requérant soutient qu'il est également propriétaire de la parcelle B 220, laquelle est située en premier rang par rapport cette rue, dispose d'un accès direct depuis celle-ci et est également raccordée aux réseaux, il ne conteste pas, par cette argumentation, que la parcelle B n° 221, pour laquelle il a déposé une demande de certificat d'urbanisme, n'est pas actuellement desservie directement par une voie publique ou privée. Par ailleurs, le plan joint à sa demande de certificat d'urbanisme, compte tenu notamment de la configuration des lieux, ne permet pas d'établir la création d'un accès à la voie de desserte au travers de sa parcelle B n° 220. Par suite, le maire, au nom de l'Etat, qui a estimé que la parcelle située en deuxième rang n'était pas desservie par une voirie de capacité suffisante n'a pas entaché son arrêté d'erreur d'appréciation et pouvait, pour ce seul motif, refuser de délivrer un certificat d'urbanisme positif.

6. Si le requérant remet en cause l'impartialité du maire qui a délivré le certificat d'urbanisme négatif au nom de l'Etat, le détournement de pouvoir allégué n'est pas établi.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la commune de Barmainville.

Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Lacassagne, président,

Mme Pajot, conseillère,

M. Gasnier, conseiller

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.

La rapporteure,

Anne-Laure PAJOT

Le président,

Denis LACASSAGNELa greffière,

Aurore MARTIN

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement