Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2102309
jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102309 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | NURET |
Texte intégral
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2102309, les 29 juin 2021, 4 juillet 2023, 4 janvier 2024, 8 février 2024, 18 mars 2024 et 19 avril 2024, M. B A, représenté par Me Serrano-Bentchich, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'appeler à la cause la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Eure-et-Loir et de lui ordonner, avant dire droit, de transmettre au tribunal le chiffre d'affaires réalisé par chacune des deux licences / véhicules y afférent, par année, sur la période du 7 octobre 2016 au 30 avril 2019 via des extractions logiciel et comptable, ainsi que la liste des factures par année entre 2016 et 2019, et par autorisation de stationnement ou une copie des factures pour ces mêmes années, pour chacune desdites autorisations ;
2°) d'annuler l'arrêté n° 032/2021 du 22 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Saint-Prest a retiré les autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 dont il était titulaire ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Prest de prendre un arrêté portant autorisation de stationnement de taxi portant sur les autorisations n° 2 et n° 4 du territoire de Saint-Prest, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Prest la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle concerne indistinctement les deux autorisations de stationnement ;
- elle a été prise par lettre recommandée en lieu et place d'un arrêté municipal ;
- elle est entachée de vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- l'avis de la commission T3P est entaché d'irrégularité ;
- la commission locale T3P n'a pas été saisie antérieurement à la décision contestée ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'il lui a été demandé de justifier quinze années d'exploitation effective des autorisations litigieuses et que le maire de la commune n'a jamais revendiqué l'absence d'exploitation effective de celles-ci avant l'année 2019, année de leur cessibilité ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est justifié d'une exploitation continue et effective des deux autorisations de stationnement litigieuses ;
- le retrait des autorisations litigieuses présente un caractère disproportionné eu égard à son professionnalisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 novembre 2023, 27 décembre 2023, 18 janvier 2024, 28 février 2024, 21 mars 2024 et 26 avril 2024, la commune de Saint-Prest, représentée par Me Cruchaudet, conclut au non-lieu à statuer, et, subsidiairement, au rejet de la requête et de l'intervention de la Fédération nationale du taxi et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A et de la Fédération nationale du taxi la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- dès lors qu'elle a retiré définitivement les autorisations de stationnement n° 2 et 4 par arrêté du 27 mai 2021, le litige est privé d'objet ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 14 mai 2024, la Fédération nationale du taxi, représentée par Me Nuret, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 avril 2021 du maire de la commune de Saint-Prest ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Prest la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision qu'elle conteste est insuffisamment motivée ;
- elle présente un caractère disproportionné ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle méconnait la liberté de commerce et d'industrie.
Par ordonnance du 15 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mai 2024.
II. Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2102688, les 23 juillet 2021, 4 juillet 2023, 3 janvier 2024, 8 février 2024, 18 mars 2024 et 19 avril 2024, M. B A, représenté par Me Serrano-Bentchich, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'appeler à la cause la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) d'Eure-et-Loir et de lui ordonner, avant dire droit, de transmettre au tribunal le chiffre d'affaires réalisé par chacune des deux licences / véhicules y afférent, par année, sur la période du 7 octobre 2016 au 30 avril 2019 via des extractions logiciel et comptable, ainsi que la liste des factures par année entre 2016 et 2019, et par autorisation de stationnement ou une copie des factures pour ces mêmes années, pour chacune desdites autorisations ;
2°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 par laquelle le maire de la commune de Saint-Prest a retiré les autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 dont il était titulaire ;
3°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Prest de prendre un arrêté portant autorisation de stationnement de taxi portant sur les autorisations n° 2 et n° 4 du territoire de Saint-Prest, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Prest la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est insuffisamment motivée ;
- elle concerne indistinctement les deux autorisations de stationnement ;
- elle a été prise par lettre recommandée en lieu et place d'un arrêté municipal ;
- elle est entachée de vice de procédure dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- l'avis de la commission T3P est entaché d'irrégularité ;
- la commission locale T3P n'a pas été saisie antérieurement à la décision contestée ;
- la décision attaquée est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'il lui a été demandé de justifier quinze années d'exploitation effective des autorisations litigieuses et que le maire de la commune n'a jamais revendiqué l'absence d'exploitation effective de celles-ci avant l'année 2019, année de leur cessibilité ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est justifié d'une exploitation continue et effective des deux autorisations de stationnement litigieuses ;
- elle présente un caractère disproportionné eu égard à son professionnalisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 novembre 2023, 27 décembre 2023, 18 janvier 2024, 28 février 2024, 21 mars 2024 et 26 avril 2024, la commune de Saint-Prest, représentée par Me Cruchaudet, conclut au non-lieu à statuer et, subsidiairement, au rejet de la requête et de l'intervention de la Fédération nationale du taxi et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A et de la Fédération nationale du taxi la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- dès lors qu'elle a retiré définitivement les autorisations de stationnement n° 2 et 4 par arrêté du 27 mai 2021, le litige est privé d'objet ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en intervention, enregistrés les 19 décembre 2023 et 14 mai 2024, la Fédération nationale du taxi, représentée par Me Nuret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2021 du maire de la commune de Saint-Prest ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Prest la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision qu'elle conteste est insuffisamment motivée ;
- elle présente un caractère disproportionné ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle méconnait la liberté de commerce et d'industrie.
Par ordonnance du 15 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mai 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring,
- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public,
- et les observations de Me Zerna, substituant Me Serrano-Bentchich représentant M. A, de Me Silvestre, substituant Me Nuret, représentant la Fédération nationale du taxi et de Me Cruchaudet, représentant la commune de Saint-Prest.
Deux notes en délibéré, présentées pour M. A, ont été enregistrées le 7 juin 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a été autorisé à exploiter l'autorisation de stationnement n° 2 de la commune de Saint-Prest le 17 septembre 2004. Le 29 juillet 2008, il a été autorisé à exploiter également l'autorisation de stationnement n° 4 de la même commune. Par contrats du 9 novembre 2016, il a donné en location gérance à Mme C, gérante de la société Atel, l'exploitation de ces deux autorisations de stationnement. Par courriel du 27 septembre 2019, M. A a informé la commune de Saint-Prest de la cession à titre onéreux de l'autorisation de stationnement n° 2, le 18 octobre 2019, ainsi que de la mise en location gérance de l'autorisation de stationnement n° 4. Par courrier du 4 novembre 2020, la commune de Saint-Prest a informé M. A de son intention de retirer les deux autorisations de stationnement. Par courrier du 25 janvier 2021, le maire de la commune de Saint-Prest, estimant que les autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 n'étaient pas exploitées de façon continue et effective par M. A, a décidé de les retirer, ce qu'il a confirmé par son arrêté du 22 avril 2021. Par courrier du 25 mars 2021, M. A a présenté un recours gracieux dirigé contre la décision du 25 janvier 2021. Du silence gardé par la collectivité est née une décision implicite de rejet. Par les requêtes ci-dessus analysées, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 25 janvier 2021 portant retrait des autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 de la commune de Saint-Prest.
2. Les requêtes n° 2102309 et n° 2102688 présentent à juger des questions identiques et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les interventions de la Fédération nationale du taxi :
3. La Fédération nationale du taxi a intérêt à l'annulation des décisions attaquées. Ainsi, ses interventions dans les instances n° 2102309 et n° 2102688 sont admises.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
4. Si la commune de Saint-Prest fait valoir qu'elle a retiré définitivement les autorisations de stationnement n° 2 et 4 par un arrêté du 27 mai 2021, cette circonstance n'a pas pour effet de priver d'objet les litiges. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe des décisions attaquées :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; (). ".
6. Il ressort des pièces des dossiers que les décisions attaquées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elles sont, par suite, suffisamment motivées. Les circonstances que les deux décisions n'indiquent pas si le retrait présente un caractère temporaire ou définitif et que les deux autorisations de stationnement aient fait l'objet d'une motivation commune sont indifférentes à cet égard.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "
8. Il ressort des pièces des dossiers que le maire de la commune de Saint-Prest a, par courrier du 4 novembre 2020, informé M. A de son intention de retirer les autorisations de stationnement délivrées les 17 septembre 2004 et 29 juillet 2008 et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours. Par suite, le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire manque en fait et doit être écarté.
9. En troisième lieu, une irrégularité commise dans le déroulement d'une procédure suivie à titre facultatif par l'administration n'est de nature à vicier la validité de la décision intervenue que dans la mesure où cette irrégularité a exercé, en fait, une influence sur la décision attaquée.
10. En l'espèce, la commission locale des transports publics n'avait pas à être consultée dès lors que les décisions attaquées, prises en application de l'article L. 3124-1 du code des transports, constituent une mesure de police administrative. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'avis de cette commission, rendu le 9 septembre 2019, qui a préconisé que soit adressé un avertissement à l'intéressé, ait eu une influence sur les décisions attaquées des 25 janvier et 22 avril 2021. Par suite, les moyens tirés de l'absence de consultation de cette commission postérieurement au 4 novembre 2020 ainsi que de l'irrégularité de sa consultation lors de la séance du 9 septembre 2019 doivent être écartés.
En ce qui concerne la légalité interne :
11. Aux termes de l'article L. 3124-1 du code des transports : " Lorsque l'autorisation de stationnement n'est pas exploitée de façon effective ou continue, ou en cas de violation grave ou répétée par son titulaire du contenu de cette autorisation ou de la réglementation applicable à la profession, l'autorité administrative compétente pour la délivrer peut donner un avertissement au titulaire de cette autorisation de stationnement ou procéder à son retrait temporaire ou définitif. ". Aux termes de l'article L. 3121-1-2 du même code : " I.- / () / Lorsqu'une même personne physique ou morale est titulaire d'une ou plusieurs autorisations de stationnement délivrées avant le 1er octobre 2014, l'exploitation peut en être assurée par des salariés ou par un locataire-gérant auquel la location de l'autorisation et du véhicule mentionné au même article L. 3121-1 a été concédée dans les conditions prévues aux articles L. 144-1 à L. 144-13 du code de commerce. () / II.- Le titulaire de l'autorisation de stationnement justifie de son exploitation effective et continue dans des conditions définies par décret. ". Aux termes de l'article R. 3121-6 du même code : " La condition tenant à l'exploitation effective et continue de l'autorisation de stationnement prévue au II de l'article L. 3121-1-2 est justifiée soit par la copie des déclarations de revenus, soit par la copie des avis d'imposition pour la période concernée, soit par tout autre moyen défini par un arrêté de l'autorité compétente pour délivrer l'autorisation de stationnement. ". Il en résulte que la charge de la preuve de l'exploitation effective et continue de l'autorisation de stationnement de taxi repose sur son titulaire.
12. En premier lieu, le maire de Saint-Prest a considéré que M. A n'a pas apporté les documents permettant de justifier d'une exploitation continue et effective des autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 de la commune. S'agissant de la période comprise entre les délivrances des autorisations de stationnement et la fin de l'année 2016, l'intéressé produit les comptes de résultats de son entreprise permettant de justifier de l'exploitation continue et effective des autorisations de stationnement. En revanche, s'agissant de la période comprise entre le 9 novembre 2016, date du début de l'exploitation en location gérance des autorisations de stationnement, et la date de la décision attaquée, l'intéressé n'a, d'une part, pas produit les documents exigés par l'article R. 3121-6 du code des transports. D'autre part, afin de justifier d'une exploitation effective et continue des autorisations de stationnement litigieuses, M. A produit plusieurs témoignages de personnes indiquant avoir vu, à la fin de l'année 2019, des véhicules taxis correspondant à ceux de l'exploitant, ainsi qu'une attestation de la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir indiquant que les autorisations n° 2 et n° 4 de la commune de Saint-Prest étaient exploitées. L'intéressé produit également les comptes annuels de la société Atel pour les années 2016 à 2019 ainsi que divers documents relatifs à l'entretien et à l'assurance de deux véhicules utilisés pour l'exploitation des autorisations, le planning de route d'un des conducteurs de la société, deux bulletins de salaire de ce conducteur ainsi que les conventions passées entre la société Atel et la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir signées en décembre 2016 et février 2019. Toutefois, ces documents ne suffisent pas à eux-seuls à établir le caractère effectif et continu de l'exploitation de ses autorisations de stationnement entre le mois de novembre 2016 et la date de la décision attaquée, alors surtout qu'il est constant que durant cette période, la société Atel exploitait d'autres autorisations de stationnement dans l'agglomération de Chartres. Enfin, il ressort des pièces des dossiers que le contrat de location gérance que le requérant a conclu avec la société Atel a été résilié judiciairement à compter du 16 août 2018 par jugement en référé du tribunal de grande instance d'Evry du 4 octobre 2019, confirmé sur ce point par un arrêt de la cour d'appel de Paris du 11 juin 2020, au motif du défaut de paiement des loyers de location-gérance dès le mois de novembre 2016. Dans ces conditions, en procédant au retrait des autorisations de stationnement litigieuses, le maire de la commune de Saint-Prest n'a pas commis d'erreur de fait ni d'erreur d'appréciation.
13. En deuxième lieu, eu égard à la durée de la carence d'exploitation continue et effective des autorisations de stationnement n° 2 et n° 4 de la commune de Saint-Prest, soit durant cinq ans, la décision de retrait définitif de ces autorisations ne présente pas un caractère disproportionné.
14. En troisième lieu, si la Fédération nationale du taxi soutient que les décisions de retrait attaquées portent une atteinte disproportionnée à la liberté du commerce et de l'industrie, elles ont, en tout état de cause et ainsi qu'il a été dit au point 12 du présent jugement, été prises dans le respect des dispositions légales applicables. Par suite, le moyen doit être écarté.
15. En dernier lieu, si M. A soutient que la décision qu'il conteste est entachée de détournement de pouvoir dès lors qu'il lui a été demandé de justifier quinze années d'exploitation effective des autorisations litigieuses et que le maire de la commune n'a jamais revendiqué l'absence d'exploitation effective de celles-ci avant l'année 2019, année à partir de laquelle il devenait possible de céder l'autorisation de stationnement n° 2, ces circonstances ne sont pas de nature à démontrer l'existence d'un détournement de pouvoir.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de M. A doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'appeler à la cause la caisse primaire d'assurance maladie d'Eure-et-Loir.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
17. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution particulière, les conclusions des requêtes présentées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par M. A et par la Fédération nationale du taxi au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros, à verser à la commune de Saint-Prest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les interventions de la Fédération nationale du taxi dans les instances n° 2102309 et n° 2102688 sont admises.
Article 2 : Les requêtes de M. B A sont rejetées.
Article 3 : M. B A versera une somme de 1 500 euros à la commune de Saint-Prest en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la Fédération nationale du taxi, présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Saint-Prest et à la Fédération nationale du taxi.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024
Le rapporteur,
Virgile NEHRING
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Nadine REUBRECHT
La République mande et ordonne au préfet d'Eure-et-Loir, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2102309,