jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102486 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL DEREC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2021, M. B A, représenté par la SCP Jaffeux-Lhéritier, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours à lui verser une somme totale de 69 473,49 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 10 mars 2021, eux-mêmes capitalisés à compter du 10 mars 2022, en réparation des préjudices subis du fait de la faute commise dans sa prise en charge au sein de cet établissement ;
2°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours au paiement des entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Tours une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- un diagnostic de syndrome des loges a initialement été posé alors qu'il souffrait en réalité d'une thrombose de l'artère poplitée ; le bon diagnostic aurait dû être posé dans les vingt-quatre heures suivant l'intervention réalisée ; cette erreur de diagnostic engage la responsabilité pour faute du CHRU de Tours ;
- la faute commise lui a fait perdre une chance de bénéficier du traitement adapté évaluée à 80% ;
- il a été indemnisé par sa compagnie d'assurances des frais d'adaptation de son lieu de vie, des frais d'adaptation de son véhicule, des frais d'assistance par tierce personne post consolidation, de son déficit fonctionnel permanent, des souffrances endurées, de son préjudice esthétique permanent et de son préjudice d'agrément ;
- les frais d'assistance par tierce personne avant consolidation de son état de santé seront indemnisés sur la base de 22 429,44 euros avant application du taux de perte de chance ;
- une somme de 15 842,22 euros lui sera allouée au titre des frais divers correspondant aux frais engagés pour se faire assister au cours des différentes procédures d'expertises réalisées ;
- son déficit fonctionnel temporaire total sera indemnisé sur la base d'une somme de
1 575 euros avant application du taux de perte de chance ;
- son déficit fonctionnel temporaire partiel sera indemnisé sur la base d'une somme de 12 002,50 euros avant application du taux de perte de chance ;
- son préjudice esthétique temporaire sera indemnisé sur la base d'une somme de
5 000 euros avant application du taux de perte de chance ;
- son préjudice sexuel sera indemnisé sur la base d'une somme de 5 000 euros avant application du taux de perte de chance ;
- les frais futurs seront indemnisés sur la base d'une somme de 21 032,15 euros avant application du taux de perte de chance.
Par des mémoires, enregistrés les 11 août 2022 et 19 février 2024, la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique), représentée par Me Caumette, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Tours à lui verser la somme de 154 869,59 euros en sa qualité de subrogée dans les droits de M. A qu'elle a indemnisé des préjudices subis en conséquence de la faute commise par le centre hospitalier dans sa prise en charge ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Tours une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique) soutient que :
- ses conclusions sont recevables dans la mesure où elle a adressé une réclamation préalable au CHRU le 15 décembre 2023 qui est restée sans réponse ;
- elle a effectivement versé la somme totale de 203 587,01 euros à M. A ;
- la responsabilité du CHRU est engagée pour un retard de diagnostic fautif ;
- la chance perdue par M. A peut être arrêtée à 80% ;
- elle est subrogée dans les droits de M. A à due concurrence des sommes qu'elle lui a versées en application des dispositions de l'article L. 131-2 du code des assurances et des conditions générales du contrat d'assurance conclu avec la victime ;
- une somme de 1 402,56 euros lui sera versée au titre des frais d'adaptation du logement ;
- une somme de 2 067,43 euros lui sera versée au titre des frais de véhicule adapté ;
- une somme de 68 679,60 euros lui sera versée au titre des frais d'assistance par tierce personne après consolidation ;
- une somme de 21 600 euros lui sera versée au titre des souffrances endurées ;
- une somme de 4 000 euros lui sera allouée au titre du préjudice esthétique permanent ;
- une somme de 2 400 euros lui sera versée au titre du préjudice d'agrément ;
- une somme de 54 720 euros lui sera allouée en réparation du déficit fonctionnel permanent.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 septembre 2023 et 19 décembre 2023, le centre hospitalier régional universitaire de Tours, représenté par Me Derec, conclut à ce que l'indemnisation accordée à M. A soit limitée à la somme de 16 859,62 euros, au rejet des demandes présentées par la société Groupama Centre-Atlantique, subsidiairement à ce que la somme versée à cette société soit limitée à la somme de 51 896 euros et à la limitation des indemnités versées au titre des frais de justice à la somme de 1 500 euros.
Il fait valoir que :
- la société Groupama ne justifie pas de sa subrogation effective par la preuve du paiement des sommes dont elle demande le remboursement ; la société ne lui a pas adressé de réclamation préalable ; en tout état de cause, elle n'a pas présenté de conclusions dans le délai de recours contentieux ; ses conclusions sont donc irrecevables ;
- il n'entend pas contester le principe de l'engagement de sa responsabilité pour faute à l'origine d'une perte de chance pour M. A d'éviter les complications survenues arrêtée à 80% ;
- le montant des indemnités fixé par le tribunal de grande instance de Châteauroux ne lui est pas opposable ;
- le recours subrogatoire de l'assureur ne peut s'exercer que sur les postes de préjudices à caractère patrimonial limitativement énumérés par l'article 29 de la loi du 5 juillet 1985, ainsi que sur les postes de préjudices à caractère personnel pour lesquels il établit de manière incontestable qu'il les a effectivement et préalablement pris en charge ;
- les frais d'adaptation du logement de M. A ne sont pas justifiés par les pièces produites ; ces frais ne sont pas au nombre des postes de préjudices patrimoniaux s'analysant comme des frais de traitement médical et de rééducation, des indemnités journalières ou des prestations d'invalidité susceptibles d'ouvrir droit à un tel recours subrogatoire de l'assureur ;
- aucune pièce n'est produite pour établir le montant des frais d'aménagement du véhicule ; ces frais ne sont pas au nombre des postes de préjudices patrimoniaux s'analysant comme des frais de traitement médical et de rééducation, des indemnités journalières ou des prestations d'invalidité susceptibles d'ouvrir droit à un tel recours subrogatoire de l'assureur ;
- une indemnité d'un montant de 8 411,42 euros pourra être versée au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
- seuls les frais divers engagés dans le cadre des expertises ordonnées par le tribunal seront indemnisés à hauteur de 1 993,50 euros ;
- l'indemnisation des frais permanents d'assistance par tierce personne sera limitée à 36 170,86 euros ; ces frais ne sont pas au nombre des postes de préjudices patrimoniaux s'analysant comme des frais de traitement médical et de rééducation, des indemnités journalières ou des prestations d'invalidité susceptibles d'ouvrir droit à un tel recours subrogatoire de l'assureur ;
- une somme de 5 648,20 euros pourra être accordée au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
- les souffrances endurées seront indemnisées à hauteur de 12 000 euros ;
- le préjudice esthétique temporaire sera indemnisé à hauteur de 1 600 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent sera indemnisé à hauteur de 36 696 euros ;
- le préjudice esthétique permanent sera indemnisé à hauteur de 3 200 euros ;
- aucune indemnisation ne sera accordée au titre du préjudice d'agrément ;
- le préjudice sexuel sera indemnisé à hauteur de 1 200 euros.
La procédure a été communiquée à la mutualité sociale agricole Berry-Touraine qui n'a pas présenté d'écritures.
Vu :
- l'ordonnance du 4 janvier 2018 par laquelle la présidente du tribunal administratif a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, le docteur D C ;
- l'ordonnance du 19 février 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif a liquidé et taxé à la somme de 1 181 euros les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur C ;
- l'ordonnance du 29 novembre 2019 par laquelle la présidente du tribunal administratif a ordonné une expertise et désigné, en qualité d'expert, le docteur D C ;
- l'ordonnance du 21 septembre 2020 par laquelle le président du tribunal administratif a liquidé et taxé à la somme de 812,50 euros les frais et honoraires de l'expertise confiée au docteur C ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Palis De Koninck,
- les conclusions de M. Gauthier, rapporteur public,
- et les observations de Me Derec, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A souffrait de gonalgies depuis plusieurs années. Le 23 mars 2012, il a bénéficié de la pose d'une prothèse totale de genou gauche au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours. Dès son réveil, l'intéressé a présenté des douleurs importantes au niveau de la jambe. Un diagnostic de syndrome des loges a alors été posé conduisant à une intervention en urgence le 28 mars 2012 pour réaliser une aponévrotomie. Deux parages ont été réalisés les 3 avril et 5 avril 2012. Le 10 avril 2012, un angioscanner a été pratiqué qui a mis en évidence une thrombose de l'artère poplitée en arrière de la prothèse gauche. Le 11 avril 2012, il a été procédé à la canalisation du poplité gauche par la pose d'un stent. Deux interventions chirurgicales ont ensuite été réalisées les 17 avril et 20 avril 2012 en lien avec l'aponévrotomie pratiquée le 28 mars précédant. M. A a bénéficié d'une greffe de peau le 21 mai 2012. Enfin, en novembre 2015, une ténotomie des extenseurs et des fléchisseurs a été réalisée au niveau d'un de ses orteils. M. A présente des séquelles affectant sa jambe gauche et des douleurs neuropathiques.
2. M. A s'est dans un premier temps adressé à sa compagnie d'assurances pour obtenir une indemnisation de son préjudice. La caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique), ci-après désignée Groupama, a diligenté une première expertise. Faute d'accord, M. A a saisi le tribunal de grande instance de Châteauroux qui a ordonné une expertise judiciaire. Par un jugement du 9 août 2019, Groupama a été condamnée à verser à M. A une somme totale de 193 587,01 euros en exécution du contrat d'assurance garantie accident de la vie conclu entre eux visant à indemniser plusieurs postes de préjudices, à savoir les frais d'adaptation de son véhicule, les frais d'adaptation de son logement, l'assistance par tierce personne après consolidation, les souffrances endurées, le préjudice esthétique permanent, le préjudice d'agrément et le déficit fonctionnel permanent.
3. Parallèlement, M. A a saisi le tribunal administratif d'une requête en référé expertise. Le docteur C a déposé son rapport le 27 novembre 2018. Une seconde requête en référé expertise a été déposée en vue de la détermination de l'ampleur des préjudices subis par le requérant. Le docteur C a ainsi déposé un second rapport le 21 juillet 2020. M. A a ensuite adressé une demande préalable d'indemnisation au CHRU de Tours, le 10 mars 2021, qui est restée sans réponse. Par la requête ci-dessus analysée, M. A cherche à engager la responsabilité pour faute du centre hospitalier.
Sur les fins de non-recevoir :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ". Il résulte de ces dispositions que le versement par l'assureur de l'indemnité à laquelle il est tenu en vertu du contrat d'assurance le liant à son assuré le subroge, dès cet instant et à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de son assuré contre le tiers responsable du dommage. Par suite, l'assureur a seul qualité pour agir et obtenir, s'il l'estime opportun, la réparation du préjudice qu'il a indemnisé. Il lui appartient de justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré, au plus tard à la date de clôture de l'instruction.
5. En l'espèce, Groupama intervient à l'instance en qualité de subrogée dans les droits de M. A en application des dispositions du code des assurances. Pour justifier de sa subrogation, elle produit deux courriers adressés par son conseil à celui de M. A indiquant lui régler, d'une part, une provision d'un montant de 70 500 euros et, d'autre part, la somme définitive de
133 087,01 euros en exécution du jugement du tribunal de grande instance de Châteauroux du 9 août 2019. Etaient joints à ses courriers, envoyés par lettres avec accusés de réception, les chèques correspondant à ces deux sommes. M. A, qui a attrait à la cause son assureur, indique lui-même avoir été indemnisé par celui-ci. Dans ces conditions, Groupama justifie du paiement à son assuré de la somme totale de 203 587,01 euros. La fin de non-recevoir tirée de ce que la société d'assurances ne justifie pas de sa qualité de subrogée doit être écartée.
6. En deuxième lieu, Groupama a adressé, en cours d'instance, une demande préalable d'indemnisation au CHRU de Tours le 15 décembre 2023. A la date du présent jugement, une décision implicite de rejet est née. La fin de non-recevoir tirée de l'absence de réclamation préalable liant le contentieux doit être écartée.
7. En troisième lieu, Groupama intervient à l'instance en qualité de tiers subrogé dans les droits de la victime. La compagnie d'assurances n'était pas tenue de présenter des conclusions indemnitaires dans les deux mois suivant l'introduction de la requête présentée par M. A mais seulement avant la clôture de l'instruction, ce qu'elle a fait. La fin de non-recevoir tirée du non-respect du délai de recours contentieux doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité :
8. Aux termes du premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
9. Il résulte de l'instruction que dans les suites immédiates de l'intervention réalisée le 23 mars 2012 pour poser une prothèse totale de genou gauche à M. A, celui-ci a présenté des douleurs importantes. Cinq jours plus tard, l'équipe médicale du CHRU de Tours a posé un diagnostic de syndrome des loges qui a conduit à la réalisation d'une aponévrotomie en urgence. Or, M. A ne souffrait pas d'un syndrome des loges mais d'une thrombose de l'artère poplitée. Il ressort du rapport d'expertise judiciaire que la mesure des loges musculaires était normale et que l'échographie pratiquée ne trouvait pas d'hématome compressif. Dans ces conditions, et compte tenu de l'importance des douleurs présentées par M. A immédiatement après l'intervention initiale, il aurait fallu réaliser des examens complémentaires, notamment un angioscanner qui aurait permis de diagnostiquer dans les vingt-quatre premières heures la thrombose de l'artère poplitée et de mettre en place un traitement adapté. Ce retard de diagnostic est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité du CHRU de Tours.
En ce qui concerne la fraction du préjudice indemnisable :
10. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que le retard de diagnostic de la thrombose de l'artère poplitée qui affectait M. A lui a fait perdre une chance évaluée à 80% d'obtenir une amélioration de son état de santé et d'éviter les séquelles importantes dont il demeure affecté. Il y a lieu de retenir le taux de perte de chance ainsi défini qui n'est contesté par aucune des parties et qui n'est remis en cause par aucune des pièces du dossier.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices :
12. Il résulte de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du docteur C, que la date de consolidation de l'état de santé de M. A a été fixée au 8 janvier 2016.
13. Il appartient au tribunal d'apprécier le montant des indemnités devant être mises à la charge du CHRU de Tours sans être lié par l'évaluation des sommes que le juge judiciaire a condamné Groupama à verser à M. A ou par le montant des sommes sur lesquelles ces derniers avaient trouvé un accord.
S'agissant des préjudices temporaires :
Quant aux préjudices patrimoniaux temporaires :
Sur les frais divers :
14. M. A sollicite l'indemnisation des frais de médecin conseil qu'il a engagés dans le cadre des opérations d'expertise diligentées par son assureur, par le juge judiciaire et par le présent tribunal. Si les honoraires que la victime a été contrainte de débourser auprès de médecins spécialistes ou non pour se faire conseiller et assister à l'occasion de l'expertise médicale la concernant peuvent être indemnisés, il faut qu'ils aient été engagés en vue d'obtenir l'indemnisation de préjudices par la personne publique responsable. Aussi, en l'espèce, seuls les frais engagés par M. A pour se faire assister dans le cadre des expertises ordonnées par le tribunal peuvent être indemnisés. Il justifie, à ce titre, s'être acquitté de deux factures auprès de son médecin conseil pour 3 343 euros et 3 494,40 euros. Le CHRU de Tours lui versera à ce titre la somme totale de 6 837,40 euros, sans qu'il y ait lieu de tenir compte du taux de perte de chance, dès lors que ces frais ont été exposés en raison du refus opposé par le CHRU de Tours à la demande d'indemnisation de M. A et qu'ils doivent donc être réparés intégralement.
Sur l'assistance par tierce personne :
15. Lorsque le juge administratif indemnise, dans le chef de la victime d'un dommage corporel, la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit, à cette fin, se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer, lorsqu'il se prononce, si la personne handicapée sera placée dans une institution spécialisée ou hébergée au domicile de sa famille, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en précisant le mode de calcul de cette rente dont le montant doit dépendre du temps passé au domicile familial au cours du trimestre.
16. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a eu besoin de l'assistance d'une tierce personne pour la réalisation des taches du quotidien à hauteur de dix heures par semaine au cours de la période pendant laquelle il souffrait d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 50% puis à hauteur de quatre heures par semaine au cours de la période pendant laquelle il souffrait d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 35%. Si M. A se prévaut d'un devis établi par un prestataire pour intervenir à son domicile, outre que ce devis n'est pas signé, il a été établi le 16 juin 2017 alors même que son état de santé était consolidé depuis le 8 janvier 2016. Il ne produit par ailleurs aucune facture. Aussi, il y a lieu de procéder à l'évaluation de ce poste de préjudice sur la base du coût moyen du SMIC horaire brut augmenté des charges sociales fixé à 13,16 euros en 2012, 13,20 euros en 2013, 13,34 euros en 2014, 13,45 euros en 2015 et 13,54 euros en 2016 s'agissant d'une aide non spécialisée. En outre, pour tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. M. A peut dont prétendre à une indemnisation au titre de l'assistance par tierce personne pour les périodes courants du 27 mai 2012 au 7 novembre 2015 et du 11 novembre 2015 au 8 janvier 2016 à hauteur de 12 920,95 euros, soit 10 336,76 euros compte du taux de perte de chance de 80%.
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
Sur le déficit fonctionnel temporaire :
17. D'une part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire total du 27 mars au 26 mai 2012 puis du 8 au 10 novembre 2015. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 850 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 80%.
18. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire partiel évalué à 50% du 27 mai au 4 octobre 2012 puis à 35% du 5 octobre 2012 au 7 novembre 2015 et du 11 novembre 2015 au 8 janvier 2016. Il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 6 400 euros, compte tenu du taux de perte de chance de 80%.
Sur le préjudice esthétique temporaire :
19. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a souffert d'un préjudice esthétique temporaire évalué à 3,5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice, compte tenu du fait qu'il a perduré dans le temps de mars 2012 à janvier 2016, en le fixant à la somme de 2 500 euros, soit 2 000 euros compte tenu du taux de perte de chance arrêté.
Sur les souffrances endurées :
20. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a enduré des souffrances évaluées à 5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant, compte tenu du laps de temps très long qui a séparé le bon diagnostic et la consolidation de l'état de santé de la victime, à la somme de 15 000 euros, soit 12 000 euros compte tenu du taux de perte de chance de 80%.
S'agissant des préjudices permanents :
Quant aux préjudices patrimoniaux permanents :
Sur les frais futurs :
21. M. A sollicite le versement d'une somme de 16 625,72 euros au titre de frais futurs. Si cette somme figure dans le tableau récapitulatif qu'il a inséré dans ses écritures, il ne précise à aucun moment à quoi correspondent ces frais futurs et sur quelle base il procède à leur évaluation. Dans ces conditions, ce poste de préjudice ne peut être indemnisé.
Sur l'assistance par tierce personne :
22. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A a besoin, depuis que son état de santé est consolidé, de l'assistance d'une tierce personne pour la réalisation des taches du quotidien à hauteur de quatre heures par semaine.
23. D'une part, conformément à ce qui a été dit aux points 15 et 16, le préjudice supporté par l'intéressé doit être évalué pour la période courant du 8 janvier 2016 au 20 juin 2024 date de mise à disposition du présent jugement, sur la base du SMIC horaire brut augmenté des charges sociales correspondant à un montant de 13,54 euros en 2016, 13,66 euros en 2017, 13,83 euros en 2018, 14 euros en 2019, 14,21 euros en 2020, 14,67 euros en 2021, 14,79 euros en 2022,
16,128 euros en 2023 et 16,31 euros en 2024 s'agissant d'une aide non spécialisée. En outre, pour tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu de calculer l'indemnisation de ces besoins sur la base d'une année de 412 jours. Le besoin en assistance par tierce personne pour cette période peut donc être arrêté à la somme de
28 752,04 euros soit 23 001,63 euros compte tenu du taux de perte de chance.
24. D'autre part, pour l'avenir, c'est-à-dire pour la période postérieure au 20 juin 2024, date de mise à disposition au greffe du présent jugement, Groupama demande le versement d'un capital au titre de l'aide par une tierce personne que nécessite l'état de santé de M. A. Pour les préjudices futurs de la victime non couverts par des prestations, il appartient au juge de décider si leur réparation doit prendre la forme du versement d'un capital ou d'une rente selon que l'un ou l'autre de ces modes d'indemnisation assure à la victime, dans les circonstances de l'espèce, la réparation la plus équitable. Si le juge n'est pas en mesure de déterminer lorsqu'il se prononce si la victime sera placée dans une institution spécialisée ou si elle sera hébergée au domicile familial, il lui appartient de lui accorder une rente trimestrielle couvrant les frais de son maintien au domicile familial, en fixant un taux quotidien et en précisant que la rente sera versée au prorata du nombre de nuits ou d'heures qu'elle aura passées à ce domicile au cours du trimestre considéré.
25. Dans la mesure où l'état de santé de M. A est consolidé depuis le 8 janvier 2016 et n'est donc pas susceptible d'évolution de nature à entrainer une prise en charge différente, notamment dans un établissement adapté, les frais afférents au besoin d'assistance de M. A par une tierce personne doivent être réparés par le versement d'un capital représentatif de ces frais futurs.
26. Au vu notamment du besoin d'assistance par tierce personne de M. A tel qu'il a été défini au point 22 du présent jugement, et qui s'établit à quatre heures d'aide non spécialisée par semaine, et eu égard au barème de capitalisation applicable compte tenu de l'âge de M. A, il y a lieu de condamner le CHRU de Tours à verser à Groupama, subrogée dans les droits de la victime, non en application de la loi du 5 juillet 1985 mais des dispositions du code des assurances, une somme de 33 548,67 euros à ce titre, compte tenu du taux de perte de chance.
Sur les frais liés à l'adaptation du logement de M. A :
27. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. A implique des travaux pour adapter sa salle de bain, notamment avec l'installation d'une douche avec barre de sécurité. Toutefois, comme cela est expressément soulevé en défense, aucune pièce n'est produite à l'instance de nature à établir le montant des travaux effectués ou projetés. Dans ces conditions, aucune indemnisation ne pourra être accordée à ce titre.
Sur les frais liés à l'adaptation du véhicule de M. A :
28. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de M. A implique l'utilisation d'un véhicule équipé d'une boite de vitesse automatique. Toutefois, comme cela est expressément soulevé en défense, aucune pièce n'est produite à l'instance de nature à établir le surcoût supporté pour l'achat d'un nouveau véhicule adapté. Dans ces conditions, aucune indemnisation ne pourra être accordée à ce titre.
Quant aux préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Sur le déficit fonctionnel permanent :
29. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A souffre d'un déficit fonctionnel permanent en lien avec les séquelles qu'il conserve du fait de la faute commise par le CHRU de Tours évalué à 33%. Par suite, M. A étant âgé de soixante-huit ans à la date de consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en l'évaluant à 45 000 euros, soit 36 000 euros compte tenu du taux de perte de chance de 80%.
Sur le préjudice esthétique permanent :
30. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que M. A souffre d'un préjudice esthétique permanent évalué à 3 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 500 euros, soit 2 800 euros compte tenu du taux de perte de chance arrêté.
Sur le préjudice sexuel :
31. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise judiciaire, que l'état de santé de M. A implique pour lui des contraintes posturales qui peuvent être regardées comme constituant un préjudice de nature sexuelle. Il sera fait une juste évaluation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 000 euros, soit 1 600 euros compte tenu du taux de perte de chance arrêté.
Sur le préjudice d'agrément :
32. Il résulte de l'instruction que compte tenu des séquelles qui l'affectent, M. A ne peut plus aider son fils sur l'exploitation agricole qui était la sienne avant qu'il ne prenne sa retraite et ne peut plus, tout particulièrement, participer au dressage des chevaux et poulains auquel il participait activement. M. A peut, dans ces conditions, être regardé comme souffrant d'un préjudice d'agrément. Il en sera fait une juste appréciation en l'évaluant à la somme de 2 000 euros soit 1 600 euros compte tenu du taux de perte de chance.
33. Il résulte de tout ce qui précède que le CHRU de Tours est condamné à verser à
M. A une somme totale de 28 024,16 euros en réparation des postes de préjudices pour lesquels il n'avait pas été indemnisé par sa compagnie d'assurance. Pour ces derniers postes de préjudices, Groupama est fondée à obtenir la condamnation du CHRU de Tours à lui verser la somme totale de 108 950,30 euros.
Sur les intérêts et la capitalisation :
34. D'une part, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité. D'autre part, aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
35. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 28 024,16 euros mise à la charge du CHRU de Tours à compter de la date de réception de la réclamation préalable qu'il lui a adressée le 10 mars 2021. Il a également droit à la capitalisation de ces intérêts à la date à laquelle ils étaient dus, pour la première fois, pour une année entière ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
36. Il y a lieu de mettre à la charge définitive du CHRU de Tours les frais et honoraires des expertises liquidés et taxés à la somme 1 181 euros par ordonnance du 19 février 2019 de la présidente du tribunal administratif et 812,50 euros par ordonnance du 21 septembre 2020 du président du tribunal.
Sur les frais liés au litige :
37. Il y a lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du CHRU de Tours, partie perdante à l'instance, la somme de 1 500 euros à verser à M. A, d'une part, et à Groupama, d'autre part, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le CHRU de Tours est condamné à verser à M. A la somme totale de
28 024,16 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation préalable du 10 mars 2021, eux-mêmes capitalisés.
Article 2 : Le CHRU de Tours est condamné à verser à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique) une somme totale de 108 950,30 euros.
Article 3 : Les frais des expertises judiciaires taxés et liquidés à la somme totale de 1 993,50 euros sont mis à la charge du CHRU de Tours.
Article 4 : Le CHRU de Tours versera une somme de 1 500 euros à M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le CHRU de Tours versera une somme de 1 500 euros à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de M. A et de la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique) est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la mutualité sociale agricole Berry-Touraine, à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles Centre-Atlantique (Groupama Centre Atlantique) et au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Copie en sera adressée au docteur C, expert.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
Mélanie PALIS DE KONINCK
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Nadine REUBRECHT
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026