mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2102537 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DUPLANTIER |
Vu la procédure suivante :
A une requête et un mémoire, enregistrés le 12 juillet 2021 et le 27 janvier 2022, Mme B D, représentée A Me Duplantier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 février 2021 A laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a refusé de lui reconnaître la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui reconnaître le statut d'apatride dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 37 et 74 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- les éléments qu'elle a produits permettent d'établir son identité et son état civil de sorte que l'OFPRA a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, étant dépourvue de toute citoyenneté.
A un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2021, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés A Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale A une décision du 14 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Dumand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Duplantier, représentant Mme D.
Une note en délibéré, présentée A Me Duplantier, a été enregistrée le 15 mars 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B D déclare être née le 21 octobre 1999 à Pouchkino en Fédération de Russie. Elle déclare qu'elle est arrivée en France en 2013, avec son père né en République socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, sa mère née en République socialiste soviétique d'Ouzbékistan et ses deux sœurs. Elle a formé une demande de titre de séjour mention " étudiant " auprès de la préfecture du Loiret A courrier du 25 octobre 2017 et a obtenu différents récépissés de demande de carte séjour, qu'elle a produits, valables du 23 janvier au 22 avril 2018, du 18 juillet au 18 octobre 2018, du 17 octobre 2018 au 16 janvier 2019, du 8 février au 15 avril 2019, du 8 avril au 7 juillet 2019, du 8 juillet au 7 octobre 2019, du 26 décembre 2019 au 25 mars 2020, du 29 mars 2021 au 28 juin 2021. Elle a déposé une demande d'apatridie le 10 mai 2019. Cette demande de reconnaissance de la qualité d'apatride a fait l'objet d'une décision de rejet A l'OFPRA le 26 février 2021. A la présente requête, elle demande l'annulation de la décision prise A l'OFPRA du 26 février 2021.
2. Aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 : " Aux fins de la présente convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun Etat ne considère comme son ressortissant A application de sa législation ". A ailleurs, aux termes de l'article L. 812-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York, du 28 septembre 1954, relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies A les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention ". Il incombe à toute personne se prévalant de cette qualité d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
3. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride de Mme D, le directeur général de l'OFPRA a relevé que l'intéressée n'avait produit aucune pièce permettant d'établir avec certitude son identité et son état civil. S'agissant de sa résidence en Fédération de Russie entre 1999 et 2013, ses indications sont apparues sommaires. Si elle a versé des courriers attestant de ses démarches en vue de faire enregistrer tardivement sa naissance A les autorités russes compétentes, l'OFPRA a noté qu'elle n'avait cependant accompli aucune démarche pour satisfaire à la procédure d'enregistrement A voie judiciaire qui lui avait été exposée dans le courrier d'août 2017 émanant des autorités russes en réponse à sa sollicitation. A supposer pour établis les faits allégués, l'OFPRA a relevé que l'intéressée pourrait se réclamer de la qualité de russe et n'a pas rapporté la preuve que les dispositions légales des lois sur la nationalité du 28 novembre 1991 et du 31 mai 2002 ne lui seraient pas applicables. Le courrier adressé aux autorités consulaires russes concernant les modalités d'acquisition de la nationalité ne démontre nullement qu'elle aurait accompli des démarches sérieuses et répétées. La réponse émanant des autorités russes datée du 28 mai 2018 ne permet pas de conclure qu'elles auraient formellement refusé de la reconnaître comme l'une de leurs ressortissantes.
4. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 17 de la loi n° 1948-I du 28 novembre 1991 de la Fédération de Russie, est reconnu comme citoyen de cette Fédération l'enfant né sur le territoire russe si ses parents étaient citoyens d'autres Républiques faisant partie de l'URSS au 1er septembre 1991 et que ces Républiques ou Etats n'attribuent pas à l'enfant leur citoyenneté et, aux termes du paragraphe 2, du même article qu'est russe un enfant né sur le territoire russe de personnes apatrides. Mme D, née en Russie de parents originaires de républiques de l'ex-URSS pouvait légalement prétendre au bénéfice de ces dispositions. A supposer même que son identité puisse être regardée comme établie au regard des éléments qu'elle produits, Mme D ne justifie pas que les autorités russes lui auraient refusé la nationalité de ce pays en dépit de démarches répétées et assidues. A cet égard, elle se borne à produire deux courriers du 21 juin 2017 adressés A sa mère aux services d'état civil de la ville de Pouchkino en Russie et à l'ambassade de la Fédération de Russie en France. Si elle établit avoir entamé une procédure judiciaire afin d'obtenir un jugement supplétif de naissance et produit un jugement avant dire droit du 24 septembre 2020 A lequel le tribunal judiciaire d'Orléans a ordonné une expertise pour reconnaissance de paternité et de maternité, elle n'établit pas ni même n'allègue qu'elle aurait produit cet élément auprès des autorités russes afin de se voir reconnaître la citoyenneté russe. A ailleurs, si elle soutient que ses parents ne rempliraient pas les conditions posées A la loi du 28 novembre 1991 de la Fédération de Russie relative à la reconnaissance de la citoyenneté russe faute pour ces derniers de disposer d'un justificatif de résidence permanente, elle n'apporte aucun élément qui permettrait de l'établir et ce, alors que A un arrêt n° 5-B02-250/249, versé à l'instance A l'OFPRA, la cour suprême de la Fédération de Russie a jugé que les dispositions de l'article 13 § 1 de la loi du 28 novembre 1991 n'établissaient " aucun lien entre la reconnaissance de la citoyenneté russe de citoyens de l'ex-URSS et le fait qu'ils soient enregistrés dans leur lieu de résidence sur le territoire russe ". Dès lors, la requérante ne peut utilement alléguer l'impossibilité dans laquelle ses parents se seraient trouvés de se faire enregistrer sur le territoire russe. Le courrier du 10 avril 2018 qu'elle a adressé aux services consulaires de la Russie tendant à obtenir la citoyenneté de ce pays ne permet pas non plus de justifier qu'elle aurait effectué des démarches répétés et assidues visant à obtenir la citoyenneté russe et ce alors qu'elle n'établit pas avoir entamé des démarches après la réponse qui lui a été donnée A les services consulaires de Russie le 28 mai 2018. A suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et l'erreur de fait commis A l'OFPRA doivent être écartés.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 26 février 2021 A laquelle l'OFPRA a refusé de faire droit à sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride. A suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles présentées à fin d'injonction et d'astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Quillévéré, président,
Mme Bertrand, première conseillère,
Mme Pajot, conseillère.
Rendu public A mise à disposition au greffe le 28 mars 2023
La rapporteure,
Anne-Laure C
Le président,
Guy QUILLEVERE La greffière,
Martine DESSOLAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026