jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103814 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | COUSSEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2021 et un mémoire déposé le 16 novembre 2022, Mme N C, M. et Mme G E, M. et Mme P A, M. J K et Mme L F, M. et Mme I B, représentés par Me Cousseau, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de Saint-Jean de la Ruelle a délivré à la SCCV " La maison de Lilwenn ", un permis de construire valant permis de démolir et de division parcellaire en vue de l'édification d'un immeuble collectif de 19 logements, sur un terrain situé 139 rue Charles Beauhaire à Saint-Jean de la Ruelle, ainsi que la décision du 6 septembre 2021 par laquelle le maire de Saint-Jean de la Ruelle a rejeté leur recours gracieux dirigé contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Jean de la Ruelle une somme de 200 euros à verser à chacun d'entre eux, soit au total une somme de 1 800 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de l'urbanisme.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- la compétence du signataire du permis de construire contesté n'est pas établie ;
- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incomplétude de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur sa conformité à la réglementation applicable ;
- le permis contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le maire aurait dû opposer un sursis à statuer sur la demande présentée ;
- le permis contesté méconnaît les articles UB11, UB12 et UB13 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Saint-Jean de la Ruelle ;
- le permis contesté méconnaît les dispositions de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, la commune de Saint-Jean de la Ruelle conclut au rejet de la requête et à la condamnation solidaire des requérants à lui verser la somme de 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 27 mai 2022, la SCCV " La maison de Lilwenn ", représentée par Me Nuret, conclut au rejet de la requête et à ce que soit solidairement mise à la charge des requérants la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 26 octobre 2022, la SCCV " La maison de Lilwenn ", représenté par Me Nuret, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L.600-7 du code de l'urbanisme, de condamner solidairement les requérants à lui verser la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices subis.
Elle soutient que :
- la requête est abusive dès lors que les riverains ont été associés de manière proactive au projet et que leurs revendications relatives aux arbres ont été prises en compte, que l'aménagement paysager prévu a été adapté et que les requérants ont en outre refusé toute procédure de médiation, qu'il s'agisse de la médiation conventionnelle qu'elle a initiée ou de la médiation engagée à l'initiative du juge ;
- cette requête lui cause un préjudice financier dès lors que les contrats de commercialisation conclus sont aujourd'hui caducs et qu'elle ne peut plus commercialiser ses logements avec la norme RT 2012 puisque c'est la norme RT 2020 qui s'applique depuis le 1er janvier 2022, l'ensemble de ces évènements mettant en jeu sa pérennité.
Par ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 novembre 2022.
La SCCV " La maison de Lilwenn " a déposé un mémoire enregistré le 29 novembre 2022, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme O,
- les conclusions de Mme Best De Gand, rapporteure publique,
- et les observations de Me Saada-Dusard substituant Me Cousseau, représentant les requérants, et de Me Nuret, représentant la SCCV " La maison de Lilwenn ".
Considérant ce qui suit :
1. La société civile de construction vente (SCCV) " La maison de Lilwenn " a déposé en mairie de Saint-Jean de la Ruelle le 9 avril 2021 une demande portant sur la construction, sur les parcelles cadastrées BC58, BC600 et BC924, situées au 139 rue Charles Beauhaire, d'un immeuble d'habitation de 19 logements, la démolition partielle du bâtiment existant et la division parcellaire du terrain d'assiette en deux lots. Par un arrêté du 21 juin 2021 le maire a fait droit à cette demande. Mme C, Mme F, M. K, M. et Mme E, M. et Mme M A, M. et Mme B et d'autres riverains du projet ont formé à l'encontre de cet arrêté un recours gracieux, rejeté par décision expresse du maire de Saint-Jean de la Ruelle le 6 septembre 2021. Mme C et les autres requérants demandent au tribunal l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'acte
2. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / a) Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". S'il résulte de l'article L. 2122-29 du même code dans ses dispositions alors en vigueur que, dans les communes de 3 500 habitants et plus, les arrêtés municipaux à caractère réglementaire sont publiés dans un recueil des actes administratifs dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, ces dispositions n'ont pas dérogé au principe fixé à l'article L. 2131-1 de ce code, en vertu duquel la formalité de publicité qui conditionne l'entrée en vigueur des actes réglementaires du maire peut être l'affichage.
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 28 mai 2020, une délégation de fonctions et de signature a été accordée en ce qui concerne " l'aménagement, le développement
durable et les espaces publics " à M. H D, deuxième adjoint, signataire de l'arrêté du 21 juin 2021, à l'effet de signer notamment " les actes correspondants à sa délégation ". Les mentions portées sur cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve contraire, non rapportée en l'espèce, font apparaître qu'il a été transmis à la préfecture le 29 mai 2020 et publié par voie d'affichage en mairie à compter de cette même date. Eu égard à ce qui a été dit au point 2, cet affichage était de nature à permettre l'entrée en vigueur de l'arrêté, alors même que celui-ci n'aurait pas, par la suite, été publié au recueil des actes administratifs. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit, par suite, être écarté comme manquant en fait.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire
4. Aux termes de l'article R.431-8 du code de l'urbanisme : "Le projet architectural comprend une notice précisant :/ 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ;/ 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet :/ a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ;/ b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ;/ c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ;/ d) Les matériaux et les couleurs des constructions ;/ e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ;/ f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R.431-10 de ce même code : " Le projet architectural comprend également :/()/ c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ;/ d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ". En outre, aux termes de l'article UB13 du règlement du PLU de la commune de Saint-Jean de la Ruelle : " 13.1 () Un relevé détaillé de tous les arbres devra être joint à toute demande d'occupation du sol avec un projet de plantations./() ".
5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
6. En l'espèce, si la notice de présentation du projet ne mentionne pas que le terrain d'assiette du projet est actuellement occupé dans sa majeure partie par un espace largement arboré, se bornant à indiquer que le projet va entraîner la suppression d'arbres de haute tige, les photographies produites font apparaître que ce projet s'inscrit en second rideau de constructions
bordant une voie de circulation, dans un environnement urbain relativement dense, sur une vaste parcelle largement arborée. En outre, cette notice précise que seront plantés neuf arbres forestiers (tilleuls et hêtres) ainsi que des arbustes (noisetiers et lauriers) et que trois arbres présents sur le terrain vont être conservés afin de créer, autour de l'immeuble à construire, un jardin boisé. En façade, les espaces en pleine terre seront ensemencés de plantes rases. Il est également précisé que la toiture de l'immeuble sera végétalisée et que les clôtures existantes seront conservées et qu'un mur de séparation en maçonnerie enduite sera édifié entre les deux lots à créer. De même, la notice indique que le bâtiment sera réalisé dans des formes simples et que les tons des matériaux seront neutres, mentionnant l'utilisation d'enduits à la chaux naturelle. Le stationnement sera réalisé en sous-sol afin de réduire la circulation automobile autour du bâtiment et ses nuisances. Un photomontage permet également d'apprécier l'insertion du bâtiment projeté dans son environnement et les plans produits, numérotés PC6, PC7 et 8, montrent que les espaces libres autour du projet vont faire l'objet d'un aménagement paysager. Il en résulte que, les documents joints à la demande de permis de construire répondent aux exigences posées par les articles R.431-8 et R431-10 du code de l'urbanisme. En outre, et alors qu'en application des dispositions combinés des articles L.423-1 et R.431-4 du code de l'urbanisme, il ne peut être exigé du pétitionnaire la production d'autres pièces que celles limitativement énumérées par le code, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le dossier communiqué ne comportait pas d'information détaillée sur la richesse et la qualité de la faune et de la flore présentes sur le terrain. Les documents fournis permettaient donc aux services instructeurs de se prononcer en toute connaissance de cause sur le projet qui leur était soumis.
7. Par ailleurs, si les requérants affirment que le dossier de demande de permis de construire ne respecte pas les dispositions de l'article UB13 du plan local d'urbanisme (PLU), il ressort des pièces du dossier qu'il comportait un plan masse au 1/500ème indiquant l'implantation des arbres sur le terrain et précisant que vingt-trois d'entre eux seront à supprimer et que trois seront conservés.
8. Il résulte des deux points précédents que l'incomplétude du dossier n'est pas établie et que l'ensemble des éléments produits était de nature à permettre à l'autorité administrative de porter, en connaissance de cause, une appréciation circonstanciée sur l'insertion du projet dans son environnement. Le moyen doit donc être écarté en ses deux branches.
En ce qui concerne la non opposition d'un sursis à statuer
9 Aux termes de l'article L.153-11 du code de l'urbanisme : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
10. Un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire que lorsque l'état d'avancement des travaux d'élaboration du nouveau plan local d'urbanisme permet de préciser la portée exacte des modifications projetées, sans qu'il soit cependant nécessaire que
le projet ait déjà été rendu public. Il ne peut en outre être opposé qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir, et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
11. En l'espèce, les requérants exposent au tribunal que le conseil métropolitain d'Orléans métropole a décidé de l'élaboration d'un plan local d'urbanisme métropolitain (PLUM) ayant vocation à s'appliquer aux vingt-deux communes composant la métropole dont la commune de Saint-Jean de la Ruelle. Le projet d'aménagement et de développement durable (PADD) a été débattu lors du conseil communautaire du 11 juillet 2021. Ils soutiennent que le projet contesté serait en contradiction totale avec les orientations retenues et plus spécialement avec l'objectif 5.9 aux termes duquel la métropole a décidé " de protéger le caractère vert de la métropole, vecteur de la nature en ville, en organisant le développement urbain en lien avec l'intensité du végétal (parcs, jardin, cœur d'îlot, espaces perméables, venelles etc) ", et qu'il méconnaîtrait le futur règlement du PLUM, et par suite que le maire aurait dû surseoir à statuer sur la demande de permis de construire présentée par la société " La maison de Lilwenn ". Toutefois, ainsi que le fait valoir la commune dans ses observations en défense, la demande de permis de construire a été déposée le 9 avril 2021. En application du c) de l'article R.423-23 du code de l'urbanisme le délai d'instruction fixé à 3 mois expirait au 9 juillet 2021 soit antérieurement au débat sur les orientations du PADD. Il ne pouvait donc dès lors être fait application des dispositions de l'article L.153-11 du code de l'urbanisme et le moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant. En tout état de cause, si les requérants se prévalent de ce que le projet serait situé en cœur d'îlot où le futur PLUM interdit les constructions nouvelles ainsi que les coupes et abattage d'arbres, sauf pour motif sanitaire ou de sécurité, la commune fait valoir sans être contredite que le secteur en cause n'est pas classé en cœur d'îlot dans le futur document d'urbanisme applicable.
En ce qui concerne l'article UB11 du PLU
12. Aux termes de l'article UB11 du règlement du PLU de la commune de Saint-Jean de la Ruelle : " 11-1 Le permis de construire peut-être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages, naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () ". Alors que ces dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
13. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il appartient à l'autorité administrative d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Ces dispositions excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés.
14. En l'espèce, le projet contesté est situé en zone UB du PLU de Saint-Jean de la Ruelle, définie comme " zone d'habitat, de commerces et d'activités en cours de densification dont il convient de confirmer le caractère verdoyant sans imposer de formes architecturales trop contraignantes. (.) ". S'il ressort des pièces du dossier que le secteur d'implantation du projet est marqué par la présence de nombreuses maisons individuelles de type traditionnel, il apparaît également qu'elles sont de formes et d'architectures diverses et que plusieurs immeubles collectifs sont implantés dans un environnement proche. Il en résulte que le site sur lequel la construction est projetée ne présente pas d'intérêt architectural particulier. Par ailleurs, la présence d'un espace vert au milieu de ces constructions ne relève pas de la conception et de l'organisation du secteur dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que cet espace arboré, s'il est qualifié de parc par les requérants, est la propriété d'un particulier, n'est pas entretenu et n'est nullement ouvert au public. Si les requérants affirment que le projet " de faible qualité esthétique et de gabarit important " va dénaturer ce site, il ressort des pièces du dossier que le projet contesté consiste dans la construction, sur trois parcelles d'une superficie totale de 2213 m2, d'un immeuble collectif comportant 19 logements en R+1, dont la surface de plancher couvre à peine la moitié de la parcelle. Cet immeuble est entouré d'un jardin paysager arboré, planté de hêtres, lauriers et noisetiers et d'autres espèces arbustives basses, et il comporte une toiture végétalisée sur une large partie de sa surface. En outre, la notice jointe au dossier de demande de permis de construire indique que le projet est orienté Est-Ouest, les façades principales sont éloignées des constructions voisines et les co-visibilités préservent les intimités. Les matériaux utilisés sont de ton neutre. Dans ces conditions, le projet litigieux n'apparaît pas de nature à porter atteinte à l'intérêt des lieux avoisinants ni par son architecture ni par les matériaux utilisés. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'article UB12 du PLU
15. Aux termes de l'article UB12 du PLU relatif aux obligations imposées en matière de réalisations d'aires de stationnement : " Le stationnement des véhicules doit être assuré en dehors des voies de circulation. /12.1 Pour les constructions à usage d'habitation collective de plus de 10 logements : 2 places de stationnement par logement dont une en sous-sol. Des garages à vélos devront être prévus. () ". En l'espèce, le projet contesté comporte 36 places de stationnement en sous-sol et deux places en surface, soit un total de 38 places pour 19 logements conformément aux prescriptions applicables. Alors que les dispositions du PLU ont pour objet de favoriser la création de places en sous-sol, ainsi que le fait valoir la commune dans ses observations en défense, le projet qui limite le nombre de places en surface répond aux objectifs fixés. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne l'articles UB13 du PLU
16. Aux termes de l'article UB 13 du PLU : " Les arbres existants doivent être préservés au maximum. Les constructions doivent être implantées de façon à respecter les plus beaux sujets. Un relevé détaillé des plus beaux sujets devra être joint à toute demande d'occupation du sol avec un projet de plantations. / 13.2 - Les surfaces libres de construction ainsi que les aires de stationnement doivent être plantées, à raison d'un arbre pour 6 places. () / 13.5 - Pour les lotissements ou ensembles immobiliers à usage d'habitation ou de bureaux
portant sur une surface de plancher hors œuvre de plus de 2 000m², 10 % de la surface du terrain sera aménagée en espaces verts collectifs plantés d'arbres de haute tige ; il conviendra de ne pas reléguer cet aménagement sur les délaissés inutilisables pour la construction mais, au contraire, d'en faire un élément déterminant la composition urbaine. En particulier, le terrain ainsi aménagé devra pouvoir être facilement accessible depuis le domaine public. ".
17. Les requérants soutiennent que seuls trois arbres sont conservés, sans qu'il soit possible de savoir s'il s'agit des plus beaux sujets en l'absence de tout recensement opéré sur le site. Toutefois, contrairement à ce qui est allégué, une étude sanitaire a été effectuée par une entreprise spécialisée dans les parcs et jardins, laquelle a procédé à un recensement des sujets présents et fait apparaître que le nombre de ces arbres au regard de la taille de la parcelle n'en a pas permis le développement harmonieux, tandis que quelques sujets sont trop développés et peuvent devenir dangereux. Les conclusions de cette étude indiquent que beaucoup de sujets sont en train de dépérir, que certains sont déjà cassés ou déracinés et que d'autres, principalement les arbres fruitiers, sont en fin de vie. Ces éléments ont conduit le pétitionnaire à envisager de ne conserver que les plus beaux, au nombre de trois et à procéder à des replantations d'espèces locales. Par ailleurs, alors que seules deux places de stationnement seront créées en surface, la commune fait valoir sans être contredite que le nombre d'arbres plantés, en l'espèce neuf arbres de haute tige, sera supérieur à ce qui est exigé par le règlement du PLU. En outre si les requérants soutiennent que la plantation d'arbres en ceinture, autour du bâtiment, sur les délaissés, méconnaît l'article 13-5 du PLU, ces dispositions ne sont pas applicables au permis de construire contesté, lequel ne porte ni sur la réalisation d'un lotissement ni sur la construction d'un ensemble immobilier. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'article R.111-2 du code de l'urbanisme
18. Aux termes de l'article R.111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
19. Si les requérants soutiennent que le débouché du projet, sur la rue Charles Beauhaire, est de nature à porter atteinte à la sécurité publique au motif que cette voirie supporte un trafic important et enregistre la présence de nombreux camions, il ressort des pièces du dossier que cette rue, classée dans le domaine routier départemental, est un axe structurant de l'agglomération, dimensionné pour supporter un trafic important. Dans ce contexte, la présence de 19 logements supplémentaires le long de cette voie n'est pas de nature à modifier de manière substantielle le trafic enregistré. En outre, l'accès au bâtiment se fera par le biais d'une rampe inclinée et d'un portail constituant une zone d'attente en cas de circulation importante. Il s'ensuit que la dangerosité du projet n'apparaît pas établie. Enfin, la comparaison suggérée par les requérants avec la rue Doyenné du Comice, voie communale de desserte locale, laquelle a toujours été à sens unique, ne peut être retenue. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que leurs jardins ont été inondés en 2016 sur une hauteur de 15 cm et soulignent que l'imperméabilisation du terrain d'assiette du projet aggravera la fréquence des risques d'inondation, ils n'établissent pas par les éléments qu'ils produisent la réalité des risques dont ils
allèguent. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le permis serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requérants tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021 ainsi que de la décision du 6 septembre 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées par la société pétitionnaire sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
21. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel ".
22. En se bornant à soutenir que les requérants, dont l'intérêt à agir n'est pas contesté et est établi, ont refusé toutes les tentatives de médiation, la SCCV " La maison de Lilwenn " n'établit pas que le droit des requérants à former un recours contre l'arrêté du 21 juin 2021 aurait été mis en œuvre dans des conditions qui traduiraient de leur part un comportement abusif. Dans ces conditions, les conclusions présentées par la SCCV " La maison de Lilwenn " sur le fondement de l'article L.600-7 du code de l'urbanisme doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Jean de la Ruelle et de la SCCV " La maison de Lilwenn ", qui ne sont pas parties perdantes dans la présente instance, la somme réclamée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge des requérants, conjointement et solidairement, les sommes de 500 euros à verser à la commune de Saint-Jean de la Ruelle et de 1500 euros à verser à la SCCV " la maison de Lilwenn " au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C, M. et Mme E, M. et Mme M A, M. K et Mme F et M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Les requérants verseront conjointement et solidairement, sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative la somme de 500 euros à la commune de Saint-Jean de la Ruelle et la somme de 1500 euros à la SCCV " La maison de Lilwenn ".
Article 3 : Les conclusions présentées par la SCCV " La maison de Lilwenn " au titre de l'article L.600-7 sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme N C, à M. et Mme G E, à M. et Mme P A, M. J K et Mme L F, à M. et Mme I B, à la commune de Saint-Jean de la Ruelle et à la SCCV " La maison de Lilwenn ".
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,
Mme Defranc-Dousset, première conseillère,
Mme Bernard, première conseillère.
Lu en audience publique le 29 décembre 2022.
La rapporteure,
Hélène O
La présidente,
Anne LEFEBVRE-SOPPELSA
La greffière,
Nadine PENNETIER-MOINET
La République mande et ordonne à la préfète du Loiret, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026