Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2103858
jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2103858 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 22 octobre 2021 et le 26 février 2022, Mme A B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler la décision du 12 janvier 2022 rejetant son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 17 février 2021 de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) portant retrait de la prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " qui lui avait été initialement accordée.
Elle soutient que la date du 28 décembre 2020 retenue comme date de dépôt de son dossier par les services de l'ANAH est inexacte, s'agissant de la date de " finalisation " du dossier et non la date de son " dépôt initial " qui est le 6 octobre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2022, l'ANAH conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en ce que, d'une part, elle est tardive et, d'autre part, elle est dépourvue de moyens et de conclusions suffisamment précis permettant au juge d'en apprécier le bien-fondé ;
- la date de dépôt de la demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " de la requérante retenue par ses services est exacte ;
- les travaux ont été réalisés antérieurement à cette date.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lacassagne,
- et les conclusions de Mme Best-De Gand, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a déposé une demande de prime de transition énergétique dite " MaPrimeRénov " pour l'installation d'un poêle à granulés le 28 décembre 2020. Après lui avoir notifié une décision d'attribution d'une aide d'un montant de 3 000 euros, l'Agence nationale pour de l'habitat (ANAH) a procédé à son retrait par une décision du 17 février 2021 au motif que les travaux avaient débuté avant l'émission de l'accusé de réception de la demande de prime. Mme B a formé un recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de cette décision, rejeté implicitement le 2 mai 2021 puis explicitement le 12 janvier 2022. Mme B demande l'annulation du rejet de son recours administratif préalable obligatoire.
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique dans sa rédaction applicable à la date de la demande de prime : " () II.- Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime. Toutefois, le directeur général de l'agence peut, à titre exceptionnel, accorder une prime lorsque le dossier a été déposé après le commencement des travaux ou prestations, notamment : / - en cas de travaux ou prestations urgents en raison d'un risque manifeste pour la santé ou la sécurité des personnes ; / - en cas d'application des articles L. 125-1 et L. 122-7 du code des assurances pour les dommages causés par des catastrophes naturelles ou par les effets du vent dû aux tempêtes, ouragans et cyclones. / Par dérogation au premier alinéa du présent II, entre le 1er et 31 janvier 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux ou prestations, sous réserve que ceux-ci aient commencé au cours de la même période. / Pour les travaux d'isolation des murs, en façade ou pignon, mentionnés au 10 de l'annexe 1 au présent décret, lorsque ces travaux sont réalisés par l'extérieur et ne portent pas sur des parties communes ou éléments d'équipements communs à plusieurs logements, par dérogation au premier alinéa du présent II, jusqu'au 1er novembre 2020, le bénéficiaire peut déposer une demande après avoir commencé ses travaux, sous réserve que ceux-ci aient commencé entre le 15 juillet 2020 et le 31 août 2020 () ".
3. Pour décider de retirer à Mme B le bénéfice de la prime de transition énergétique, la directrice générale de l'ANAH s'est fondée sur les dispositions précitées du II de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 et sur la circonstance que les travaux concernés avaient été réalisés avant que la demande de prime correspondant à ceux-ci ne soit déposée.
4. D'une part, la requérante allègue avoir déposé sur le site de l'ANAH son dossier de demande de prime de transition énergétique le 6 octobre 2020 et non le 28 décembre 2020 qui correspond uniquement à la date de " finalisation " de sa demande. Toutefois, alors que la facture produite à l'instance est datée du 16 décembre 2020, que la requérante se borne à verser aux débats le courriel du 6 octobre 2020 par lequel l'ANAH lui a demandé de finaliser la création de son compte sur le site maprimerenov.gouv.fr et que l'ANAH conteste fermement l'existence d'une demande en date du 6 octobre 2020, Mme B ne démontre pas, en l'état des pièces du dossier, avoir effectivement présenté une demande complète de prime de transition énergétique le 6 octobre 2020. Par suite, la demande de prime de transition énergétique présentée par Mme B doit être regardée comme ayant été formée le 28 décembre 2020, ainsi que le précise l'accusé de réception que l'ANAH produit à l'instance, soit après la réalisation des travaux pour l'installation d'un poêle à granulé, qui a eu lieu le 16 décembre 2020 comme l'indiquent les mentions de la facture de la même date produite à l'instance.
5. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier, et il n'est d'ailleurs pas soutenu, que les travaux réalisés entreraient dans l'un des cas dérogatoires, prévus par les dispositions citées au point 2.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'ANAH a pu, à bon droit, opposer à la requérante le commencement des travaux avant l'accusé de réception de sa demande et retirer l'aide accordée. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision rejetant son recours administratif préalable obligatoire.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lacassagne, président,
M. Gasnier, conseiller,
Mme Ploteau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2023
L'assesseur le plus ancien,
Paul GASNIER
Le président-rapporteur,
Denis LACASSAGNELa greffière,
Marie-Josée PRECOPE
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement