Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2103965

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Orléans
SectionTribunal Administratif d'Orléans
N° DossierTA45-2103965
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation1ère chambre
Avocat requérantNETRY

Résumé IA

Le Tribunal administratif d'Orléans a rejeté la requête de la société Générale Peinture contestant les contributions spéciale et forfaitaire mises à sa charge par l'OFII pour emploi de quatre salariés étrangers sans titre de travail. Le tribunal a jugé que la matérialité des faits était établie, le gérant n'ayant pas vérifié l'authenticité des documents d'identité, et que la société ne pouvait bénéficier d'une minoration faute d'avoir versé les salaires et indemnités dus dans les délais légaux. La solution retenue s'appuie sur les articles L. 8253-1 du code du travail et L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 novembre 2011, la société Générale Peinture, représentée par Me Netry, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 27 octobre 2020 par laquelle le directeur de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a appliqué la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 71 400 euros ainsi que la contribution forfaitaire prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour un montant de 8 496 euros, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux du 8 février 2021 ;

2°) de prononcer la décharge des sommes réclamées et à défaut de réduire le montant des contributions spéciale et forfaitaire mises à sa charge ;

3°) de mettre à la charge de l'OFII en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative le remboursement des frais exposés.

Elle doit être regardée comme soutenant que :

- l'avis de saisie administrative à tiers détenteur a été émis par la DDFiP de l'Essonne sans que le délai de trente jours francs entre l'envoi de la mise en demeure et de l'avis ait été respecté ;

- elle est de bonne foi dès lors qu'elle dispose des copies des pièces d'identité des salariés et n'a aucun pouvoir de police ou de compétence pour en vérifier l'authenticité ;

- le bien-fondé de la contribution forfaitaire pour réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est contestable dès lors que les salariés employés par la société sont tous déclarés et payés et les cotisations sociales et fiscales acquittées et que la protection de la frontière et le droit de circuler sont toutes deux des missions régaliennes de l'Etat.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête qui n'a pas été présentée par un avocat est par suite irrecevable ;

- la matérialité des faits est établie dès lors qu'il ressort des propres déclarations du gérant lors de son audition pas les services de police qu'il n'a pas pris le soin de vérifier si les intéressés disposaient des originaux de leurs documents d'identité ;

- la société requérante ne peut prétendre à la minoration du montant de la contribution spéciale dès lors qu'elle présente un cumul d'infractions et qu'elle ne justifie pas avoir versé à ses salariés, dans le délai de trente jours prévu par l'article L. 8252-4 du code du travail, l'intégralité des salaires et indemnités prévus par l'article L. 8252-2 du même code ;

- le montant de la contribution forfaitaire appliquée, prévu par l'arrêté du 5 décembre 2006 dont les dispositions ne prévoient pas d'exemption, est celle dont le montant est le plus faible, soit la plus favorable à l'employeur, dès lors qu'en l'espèce les ressortissants tunisiens sont susceptibles d'un éloignement forcé à destination du Maghreb ;

- la réponse aux moyens tendant à la contestation de la régularité des titres de perception appartient au ministère de l'intérieur.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence du juge administratif sur le moyen tiré du défaut de respect du délai de trente jours francs entre l'envoi de la mise en demeure et l'avis de saisie administrative à tiers détenteur.

Par ordonnance du 31 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, le 14 juin 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Keiflin,

- les conclusions de M. Joos, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société Générale Peinture, entreprise spécialisée en peinture, a fait l'objet, le 26 juillet 2018, d'un contrôle par les services de police du Loiret dont le procès-verbal établi le même jour a constaté la présence sur un chantier de réfection d'un parking souterrain exploité par la société requérante de quatre salariés qui étaient dépourvus de titre les autorisant à exercer une activité salariée et à séjourner sur le territoire national. Par décision du 27 octobre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a notifié à la société Générale Peinture sa décision de lui appliquer la contribution spéciale pour un montant de 71 400 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine pour un montant de 8 496 euros. Le 16 novembre 2020, la direction départementale des finances publiques (DDFiP) de l'Essonne a émis des titres de perception pour les deux montants correspondants. Par courrier du 8 février 2021, la société Générale Peinture a formé un recours gracieux auprès de la DDFiP à l'encontre des titres de perception. Par courrier du 18 février 2021, la DDFiP de l'Essonne l'a informée de la transmission de sa contestation au ministère de l'intérieur, seul compétent, dont le silence gardé pendant un délai de six mois a fait naître une décision implicite de rejet. Le 4 octobre 2021, la DDFiP a adressé des mises en demeure pour le recouvrement des contributions spéciale et forfaitaire pour des montants respectifs de 78 540 euros et de 9 346 euros. Le 19 octobre suivant, la DDFiP de l'Essonne a notifié un avis de saisie administrative à tiers détenteur (SATD) pour la somme totale de 87 886 euros. Par courrier du 28 octobre 2021, la société Générale Peinture a contesté les mises en demeure et les avis à tiers détenteur.

Sur la régularité de la notification de la mise en demeure :

2. Aux termes de l'article L. 257-O-A du livre des procédures fiscales dans sa rédaction applicable au litige : " 1. A défaut de paiement de l'acompte mentionné à l'article 1663 C du code général des impôts ou des sommes mentionnées sur l'avis d'imposition à la date limite de paiement ou de celles mentionnées sur l'avis de mise en recouvrement et en l'absence d'une réclamation assortie d'une demande de sursis de paiement formulée dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 277, le comptable public compétent adresse au contribuable une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte de poursuite devant donner lieu à des frais au sens de l'article 1912 du code général des impôts. / 2. Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement ou d'une demande de sursis de paiement au sens de l'article L. 277, le comptable public compétent peut engager des poursuites à l'expiration d'un délai de trente jours suivant sa notification. (). ". Aux termes de l'article L. 281 du même livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; () / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que le moyen tiré de l'irrégularité en la forme d'un acte de poursuites, dont relève le grief tenant au défaut de notification régulière de la mise en demeure prévue à l'article L. 257-O-A du même livre, applicable à compter du 1er octobre 2011, ressorti à la compétence du juge judiciaire et ne peut être utilement invoqué par le redevable à l'appui de sa contestation, devant le juge administratif, de son obligation de payer.

Sur le bien-fondé des contributions spéciale et forfaitaire :

4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 8251-1 du code du travail dans sa rédaction applicable au litige : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France ". L'article L. 5221-8 du même code dispose que : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. (). / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. () ". Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine. / Le montant total des sanctions pécuniaires prévues, pour l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler, au premier alinéa du présent article et à l'article L. 8253-1 du code du travail ne peut excéder le montant des sanctions pénales prévues par les articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 du code du travail ou, si l'employeur entre dans le champ d'application de ces articles, le montant des sanctions pénales prévues par le chapitre II du présent titre. / L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et de fixer le montant de cette contribution. () ".

5. D'une part, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail et de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que les contributions qu'ils prévoient ont pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger séjournant irrégulièrement sur le territoire français ou démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné sur le fondement de ces dispositions, qui assurent la transposition des articles 3, 4 et 5 de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, lorsque tout à la fois, d'une part, et sauf à ce que le salarié ait justifié avoir la nationalité française, il s'est acquitté des obligations qui lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.

6. D'autre part, il appartient au juge administratif, saisi d'un recours contre une décision mettant à la charge d'un employeur la contribution spéciale prévue par les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail et la contribution forfaitaire alors prévue par l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour avoir méconnu les dispositions de l'article L. 8251-1 du code du travail, de vérifier la matérialité des faits reprochés à l'employeur et leur qualification juridique au regard de ces dispositions.

7. Il résulte de l'instruction, notamment du procès-verbal d'infraction établi le 26 juillet 2018 par les services de police qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, que lors d'un contrôle d'identité sur un chantier de réfection d'un parking souterrain exploité par la société générale peinture, a été constaté la présence en situation de travail de quatre salariés, M. C F, M. B G, M. H D et M. A E, ressortissants tunisiens, dépourvus de titre les autorisant à séjourner et à travailler sur le territoire français. En outre, il résulte de l'instruction notamment des procès-verbaux d'auditions que M. E a présenté une copie d'une fausse carte nationale d'identité française, que M. F a présenté au moment de son embauche un permis de conduire et une carte vitale sans que son employeur ne le sollicite pour présenter un titre de séjour et que M. D et M. G, recrutés peu de temps avant le contrôle, n'avaient pas fait l'objet de déclaration préalable à l'embauche. Il ne résulte pas de l'instruction que la société requérante aurait exigé des intéressés la production de l'original des documents justifiant de leur nationalité. Il en résulte que la société requérante ne peut être regardée comme s'étant acquittée des obligations qui lui incombaient pour s'assurer que ces salariés disposaient de documents d'identité de nature à justifier de la nationalité française ou de la qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée.

8. Si la société Générale Peinture se prévaut de sa bonne foi en soutenant que lors de l'embauche, tous les salariés mis en cause ont présenté une copie de leur carte nationale d'identité et un numéro de sécurité sociale, elle n'établit toutefois pas cette allégation, qui ainsi qu'il a été dit au point précédent n'est pas fondée. En outre, ni la circonstance que le policier chargé de l'audition du gérant de la société ait reconnu la difficulté à identifier l'authenticité des documents fournis par les salariés ainsi que la complexité de la situation personnelle de l'un d'eux sur le territoire national en qualité d'époux d'une ressortissante française ni celle que les services de l'URSSAF de Paris n'auraient pas souhaité la poursuivre au motif que tous les salariés sont déclarés et paient des cotisations sociales ne sont de nature à établir la bonne foi de la requérante.

9. Il résulte de ce qui précède que la preuve de la matérialité des faits étant établie, l'Office français de l'immigration et de l'intégration était fondé à appliquer, s'agissant de ces salariés, la contribution spéciale et la contribution forfaitaire.

Sur la demande de minoration du montant des contributions :

S'agissant du montant de la contribution spéciale

10. Aux termes de l'article R. 8253-2 du code du travail dans sa rédaction applicable au litige : " I.- Le montant de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 est égal à 5 000 fois le taux horaire, à la date de la constatation de l'infraction, du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. / II.- Ce montant est réduit à 2 000 fois le taux horaire du minimum garanti dans l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Lorsque le procès-verbal d'infraction ne mentionne pas d'autre infraction commise à l'occasion de l'emploi du salarié étranger en cause que la méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 ; 2° Lorsque l'employeur s'est acquitté des salaires et indemnités mentionnés à l'article L. 8252-2 dans les conditions prévues par les articles R. 8252-6 et R. 8252-7 () ". Aux termes de l'article R. 8252-6 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " L'employeur d'un étranger non autorisé à travailler s'acquitte par tout moyen, dans le délai mentionné à l'article L. 8252-4, des salaires et indemnités déterminés à l'article L. 8252-2. () ". Aux termes de l'article L. 8252-4 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " Les sommes dues à l'étranger non autorisé à travailler, dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 8252-2, lui sont versées par l'employeur dans un délai de trente jours à compter de la constatation de l'infraction. () ".

11. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du compte-rendu d'enquête que la société requérante a commis plusieurs infractions à la législation du travail et qu'elle n'établit pas avoir versé aux salariés en cause, dans le délai de trente jours prévu par l'article L. 8252-4 du code du travail, les salaires et indemnités prévus par l'article L. 8252-2 du même code. Par suite, elle n'est pas fondée à demander la décharge ou à tout le moins la réduction du montant de la contribution spéciale.

S'agissant du montant de la contribution forfaitaire

12. Aux termes de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable au litige : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui pourront être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui aura occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquittera une contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine ". Aux termes de l'article R. 626-1 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " I. - La contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans son pays d'origine prévue à l'article L. 626-1 est due pour chaque employé en situation irrégulière au regard du droit au séjour. Cette contribution est à la charge de l'employeur qui, en violation de l'article L. 8251-1 du code du travail, a embauché ou employé un travailleur étranger dépourvu de titre de séjour. / II. - Le montant de cette contribution forfaitaire est fixé par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé du budget, en fonction du coût moyen des opérations d'éloignement vers la zone géographique de réacheminement du salarié, dans la limite prescrite à l'alinéa 2 de l'article L. 626-1. ".

13. D'une part, les dispositions précitées de l'article L. 626-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne subordonnent pas la mise à la charge de l'employeur de la contribution représentative des frais de réacheminement des étrangers dans leur pays d'origine à la justification par l'administration du caractère effectif de ce réacheminement.

14. D'autre part, il ne résulte pas de l'instruction que le montant mis à la charge de la société générale peinture présente un caractère disproportionné.

15. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir, que les conclusions présentées par la société générale peinture tendant à l'annulation de la décision du 27 octobre 2020 par laquelle le directeur de l'OFII lui a appliqué la contribution spéciale pour 71 400 euros et la contribution forfaitaire pour 8 496 euros ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de décharge ou à défaut de minoration et celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Générale Peinture est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Générale Peinture et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 3 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Lefebvre-Soppelsa, présidente,

Mme Keiflin, première conseillère,

M. Garros, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.

La rapporteure,

Laura KEIFLIN

La présidente,

Anne LEFEBVRE-SOPPELSA

La greffière,

Sarah LEROY

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.