jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104376 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ATLANTIC JURIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2021, Mme C B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 6 octobre 2021 par laquelle le centre hospitalier régional universitaire de Tours a cessé de prendre en charge au titre de maladies imputables au service les pathologies de syndrome du canal carpien droit (n° 57 C) et de décompression du nerf cubital droit (n° 57 B) dont elle souffre et l'a informée de ce que ses arrêts de travail seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire.
Elle soutient que :
- contrairement à ce qu'a retenu la commission de réforme hospitalière, sa pathologie de décompression du nerf cubital droit, référencée maladie professionnelle 57 B, n'est pas consolidée, alors qu'une intervention chirurgicale est prévue ;
- elle est en arrêt de travail et doit suivre des séances de rééducation deux fois par semaine alors que ses pathologies entrainent pour elle des difficultés au quotidien.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 février 2023, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours, représenté par Me Tertrais, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B la somme de 2 000 euros au titre des frais liés au litige.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que :
* elle n'indique pas le domicile de Mme B et n'est pas signée ;
* elle n'expose aucun moyen de droit ;
* elle ne comporte l'énoncé d'aucune conclusion suffisamment précise ;
* s'il devait être considéré que Mme B a dirigé son recours contre l'avis de la commission de réforme du 2 septembre 2021, elle ne produit pas cet avis qui est, en outre, dépourvu de caractère décisoire et n'est donc pas susceptible de recours ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Nehring,
- les conclusions de M. Eric Gauthier, rapporteur public,
- et les observations de Me Gobé, substituant Me Tertrais, représentant le CHRU de Tours.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, ouvrière principale de 2e classe, est affectée au sein du service de stérilisation du centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Tours. Le 31 octobre 2019, elle a déclaré souffrir d'un syndrome du canal carpien droit et d'une atteinte cubitale du coude droit. Ces pathologies ont été reconnues imputables au service par le CHRU de Tours par décision du 29 janvier 2020. Par décision du 6 octobre 2021, faisant suite à l'avis de la commission de réforme hospitalière du 2 septembre 2021, le CHRU de Tours a mis fin à la prise en charge au titre de maladies imputables au service des pathologies de syndrome du canal carpien droit (n° 57 C) et de décompression du nerf cubital droit (n° 57 B) dont l'intéressée s'estime toujours atteinte et l'a informée de ce que les arrêts de travail pris à compter du 3 septembre 2021 seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire.
Sur les fins de non-recevoir :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ". Aux termes de l'article R. 414-2 du même code : " Les personnes physiques et morales de droit privé non représentées par un avocat, autres que celles chargées de la gestion permanente d'un service public, peuvent adresser leur requête à la juridiction par voie électronique au moyen d'un téléservice accessible par le réseau internet. / (). ". Aux termes de l'article R. 414-3 du même code : " Les caractéristiques techniques de l'application mentionnée à l'article R. 414-1 et du téléservice mentionné à l'article R. 414-2 garantissent la fiabilité de l'identification des parties ou de leur mandataire, l'intégrité des documents adressés ainsi que la sécurité et la confidentialité des échanges entre les parties et la juridiction. Elles permettent également d'établir de manière certaine la date et l'heure de la mise à disposition d'un document ainsi que celles de sa première consultation par son destinataire. Un arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, définit ces caractéristiques, les exigences techniques qui doivent être respectées par les utilisateurs et leurs modalités d'inscription. ". Aux termes de l'article R. 414-4 de ce code : " L'identification de l'auteur de la requête, selon les modalités prévues par l'arrêté mentionné à l'article R. 414-3, vaut signature pour l'application des dispositions du présent code. / () ".
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante a saisi le tribunal au moyen du téléservice " télérecours citoyen " dans les conditions prévues à l'article R. 414-2 du code de justice administrative précité. Il s'en suit que l'absence de mention du domicile de la requérante dans la requête ne la rend pas irrecevable dès lors que l'utilisation sécurisée de la plateforme " télérecours citoyen " assure la fiabilité de l'identification de l'auteur de la requête et notamment de ses coordonnées. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de mention du domicile de la requérante dans la requête ne peut être accueillie.
4. En deuxième lieu, lorsqu'une requête est adressée par l'intermédiaire de l'application informatique dénommée Télérecours, son identification selon les modalités prévues pour le fonctionnement de cette application vaut signature pour l'application des dispositions du code de justice administrative. En l'espèce, la requête a été présentée au moyen de l'application Télérecours. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense et tirée de l'absence de la signature manuscrite de la requérante doit être écartée.
5. En troisième lieu, il ressort des termes de la requête que Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 6 octobre 2021 par laquelle le CHRU de Tours a cessé de prendre en charge au titre de maladies imputables au service les pathologies de syndrome du canal carpien droit (n° 57 C) et de décompression du nerf cubital droit (n° 57 B) dont elle souffre et l'a informée de ce que ses arrêts de travail seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire, en soulevant un moyen tiré de l'erreur d'appréciation de son état de santé. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de l'absence de présentation de moyens et de conclusions ainsi que celle tirée de ce que la requérante conteste l'avis, dépourvu de caractère décisoire, rendu par la commission de réforme hospitalière le 2 septembre 2021 ne peuvent être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article 41 de la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ". Une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduise à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
7. Pour mettre fin à la prise en charge des pathologies de Mme B au titre de maladies professionnelles pour la période postérieure au 3 septembre 2021, le CHRU de Tours s'est fondé sur l'avis du docteur A du 14 mai 2021. Ce dernier a indiqué que si la pathologie d'atteinte cubitale au coude droit (maladie professionnelle n° 57 B), dont était atteinte l'intéressée, lui semblait être consolidée depuis le 31 décembre 2020, il existait cependant des séquelles qui ne permettaient pas de fixer une incapacité partielle permanente. En outre, le docteur A a précisé dans le même avis que Mme B présentait une atteinte du tendon de De Quervain qui pourrait être en lien avec un syndrome du canal carpien droit (maladie professionnelle n° 57 C), qu'une intervention du tendon du pouce en lien avec cette pathologie était programmée et qu'il convenait d'attendre les suites de cette intervention pour déterminer la date de reprise de l'intéressée. Par ailleurs, il ressort du compte rendu opératoire du 9 juin 2021 que Mme B a été hospitalisée le même jour pour une tendinopathie de De Quervain et une ténosynovite du fléchisseur du premier rayon de sa main droite. Il ressort également des ordonnances médicales des 24 août et 7 septembre 2021 que les suites post opératoires ont nécessité des séances de kinésithérapie. Enfin, il ressort du certificat médical du 19 octobre 2021 que l'état de santé de Mme B nécessitait une reprise progressive de son activité professionnelle et qu'elle ne pouvait pas porter de lourdes charges. Ainsi, Mme B présentait, postérieurement au 3 septembre 2021, des séquelles du syndrome du canal carpien droit dont elle était atteinte et qui avait été reconnu imputable au service par décision du 29 janvier 2020. Par suite, le CHRU de Tours a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de la persistance des troubles présentés par Mme B postérieurement au 3 septembre 2021.
8. Il résulte de ce qui précède que la décision du 6 octobre 2021, faisant suite à l'avis de la commission de réforme hospitalière du 2 septembre 2021, par laquelle le CHRU de Tours a mis fin à la prise en charge au titre de maladies imputables au service des pathologies de syndrome du canal carpien droit (n° 57 C) et de décompression du nerf cubital droit (n° 57 B) dont souffre Mme B et l'a informée de ce que les arrêts de travail pris à compter du 3 septembre 2021 seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire, doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions du CHRU de Tours, présentées au titre des frais liés au litige.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 octobre 2021 par laquelle le centre hospitalier régional universitaire de Tours a cessé de prendre en charge au titre de maladies imputables au service les pathologies de syndrome du canal carpien droit (n° 57 C) et de décompression du nerf cubital droit (n° 57 B) de Mme B est annulée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier régional universitaire de Tours, présentées en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier régional universitaire de Tours.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouault-Chalier, présidente,
Mme Palis De Koninck, première conseillère,
M. Nehring, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
Virgile NEHRING
La présidente,
Patricia ROUAULT-CHALIER
La greffière,
Nadine REUBRECHT
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026