Tribunal Administratif d'Orléans — Décision N° TA45-2104619
vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Orléans |
| Section | Tribunal Administratif d'Orléans |
| N° Dossier | TA45-2104619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP TZA AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 23 décembre 2021 et le 1er décembre 2022, l'association de moyens retraite complémentaire, venant aux droits du GIE Humanis Retraite complémentaire et action sociale (GIE Humanis RCAS), représentée par le cabinet d'avocats TZA, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction, à hauteur de 11 900 euros, des cotisations de taxe d'habitation et de taxe spéciale d'équipement auxquelles le GIE Humanis Retraite complémentaire et action sociale a été assujetti au titre de l'année 2018 à raison d'un établissement situé 485 rue Flandre Dunkerque à Olivet (Loiret) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le GIE Humanis RCAS n'utilisait qu'en partie les biens de l'ensemble immobilier et elle est fondée à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, de la position formelle prise par l'administration antérieurement ;
- les locaux à usage d'archives, en application même de la doctrine de l'administration référencée BOI-IF-TH-10-10-20 paragraphes n° 40 et suivants, ainsi que les surfaces de stationnement, les premiers ne pouvant être considérés comme affectés à l'administration du GIE et les seconds ne pouvant être considérées comme des locaux meublés au sens de l'article 1407 du code général des impôts ou des locaux d'habitation au sens de l'article 1409 du même code, ne sauraient être retenus pour le calcul des bases taxables du GIE.
Par un mémoire enregistré le 19 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la valeur locative des locaux utilisés pour l'archivage de la documentation du GIE Humanis RCAS, dès lors qu'ils sont spécifiquement affectés aux services administratifs de ce dernier et qu'ils ne sont pas accessibles au public, est incluse dans la base taxable à la taxe d'habitation conformément aux dispositions du 2° du I de l'article 1407 du code général des impôts ;
- conformément aux dispositions de l'article 1409 du code général des impôts, les garages et/ou parkings privatifs situés à une distance inférieure à un kilomètre des locaux imposables à la taxe d'habitation sont considérés, bien que non meublés, comme des dépendances immédiates et par conséquent sont imposables à la taxe d'habitation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de A,
- et les conclusions de Mme Doisneau-Herry, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin de réduction :
1. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts dans sa version alors applicable : " I. - La taxe d'habitation est due : () / 2° Pour les locaux meublés conformément à leur destination et occupés à titre privatif par les sociétés, associations et organismes privés et qui ne sont pas retenus pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises () ". Aux termes de l'article 1408 du même code : " I. - La taxe est établie au nom des personnes qui ont, à quelque titre que ce soit, la disposition ou la jouissance des locaux imposable () ". Aux termes de l'article 1409 de ce code : " La taxe d'habitation est calculée d'après la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, telles que garages, jardins d'agrément, parcs et terrains de jeux. / Cette valeur locative est déterminée selon les règles définies aux articles 1494 à 1508, 1516 à 1518 A ter et 1518 A quinquies ". Aux termes de l'article 1415 du même code : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition ".
2. En vertu des dispositions précitées des articles 1407 et 1408 du code général des impôts, l'administration doit établir la taxe afférente à chaque bien au nom de la ou des personnes qui en ont la jouissance effective ou la disposition. Ainsi, dès lors que plusieurs entités occupent un bien taxable, il convient pour l'administration d'établir la taxe afférente au bien au nom de la personne qui en a la disposition.
3. En premier lieu, à supposer même qu'à la date du 1er janvier 2018, l'ensemble immobilier en litige ait été occupé par d'autres personnes morales que le GIE Humanis RCAS, l'association requérante, venant aux droits du GIE, n'apporte aucun élément de nature à justifier son affirmation relative à ses équivalents temps plein et qu'elle aurait été imposée au-delà de la ventilation admise antérieurement par l'administration fiscale sur la base d'une clé de répartition liée aux équivalents temps plein de chaque entité occupant les locaux litigieux. Par suite, l'association requérante ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 B du livre des procédures fiscales, de la ventilation précédemment admise par l'administration fiscale.
4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté par l'association requérante qu'au 1er janvier de l'année d'imposition, le GIE Humanis RCAS avait la jouissance ou la disposition des locaux litigieux à titre privatif au sens des dispositions précitées de l'article 1407 du code général des impôts. Par ailleurs, d'une part, s'agissant des locaux d'archives, il n'est pas contesté qu'ils sont meublés pour cet usage d'archivage conformément à leur destination. D'autre part, s'agissant des surfaces classées P2 et P3, il ne résulte pas de l'instruction qu'elles ne seraient pas dans le champ du 2° du I de l'article 1407 du code général des impôts alors que l'association requérante n'apporte aucune précision sur leur usage. Enfin, alors qu'il n'est ni établi, ni même allégué qu'elles seraient trop éloignées des locaux principaux, les places de stationnement, qu'elles soient couvertes ou non, constituent des dépendances au sens des dispositions précitées de l'article 1409 du code précité, alors même qu'il ne s'agit pas de dépendances meublées.
5. En dernier lieu, l'association requérante ne peut utilement invoquer l'interprétation administrative de la loi fiscale résultant des points 40 et suivants de la documentation fiscale référencée BOI-IF-TH-10-10-20 du 12 septembre 2012 qui ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'association requérante n'est pas fondée à solliciter une réduction de la valeur locative retenue pour la détermination de la cotisation de taxe d'habitation et de taxe spéciale d'équipement à laquelle le GIE Humanis RCAS a été assujetti au titre de l'année 2018. Par suite, ses conclusions à fin de réduction doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin de planchonnement et de lissage et celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association de moyens retraite complémentaire est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à et à la directrice régionale des finances publiques du Centre-Val de Loire et du département du Loiret.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Stéphane A
Le greffier,
Alexandre HELLOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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